« Je sais choisir le moindre-mal » : Sarah Knafo se retire à Paris pour faire gagner « la droite la plus bête du monde », qui lui a refusé toute alliance

Quelque heures après l’annonce de son retrait de la course à la mairie de Paris, Sarah Knafo l’a justifié par la nécessité de « chasser les socialistes » de l’hôtel de ville en provoquant un vote utile pour Rachida Dati. Elle n’a pourtant pas épargné cette dernière, qui lui a refusé « l’union des droites ».
Christian Mouly

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C’est peut-être un tournant dans l’élection municipale à Paris. Sarah Knafo, tête de liste Reconquête, le parti d’Éric Zemmour, a pris la décision mardi de se retirer de la course à l’hôtel de ville. Qualifiée tout juste au second tour, à 10,4 %, elle appelait de ses vœux une « union des droites » avec Rachida Dati. Une alliance de la droite et de l’extrême-droite déclinée par Les Républicains (LR), qui ont finalement fusionné leur liste avec celle de Pierre-Yves Bournazel (Horizons), un proche d’Édouard Philippe.

« Quand on a affaire à des gens comme Bournazel et Édouard Philippe, quand on a affaire à un parti comme LR dont aucun des membres n’a appelé publiquement à cette alliance des droites, il faudra se souvenir qu’on a affaire à la droite la plus bête du monde », a fustigé hier Sarah Knafo, députée européenne depuis 2024.

« Battre la gauche après vingt ans de déclin socialiste »

En attendant, faute d’accord, l’élue de 32 ans a choisi de se retirer pour « battre la gauche, après vingt ans de déclin socialiste ». Le PS – « allié aux communistes et aux antisémites aujourd’hui » selon ses mots – tient la capitale depuis la victoire de Bertrand Delanoë en 2001. Et paraît encore en ballotage favorable à l’aube du second tour avec les 38 % d’Emmanuel Grégoire, loin devant Rachida Dati (25 %).

Une perspective de victoire à gauche dont Sarah Knafo a dramatisé à l’excès les conséquences tout au long de la campagne. « Avec Monsieur Grégoire et les héritiers de madame Hidalgo, on a ceux qui laissent des pédophiles à l’école [référence à l’affaire des violences sur enfant dans le périscolaire parisien, NDLR], qui transforment la capitale en HLM géant, avec des salles de shoot partout, qui font exploser les impôts et continuer la gabegie avec l’argent des Parisiens », a-t-elle tonné hier.

Face à ce tableau apocalyptique, « je sais choisir le moindre-mal », a affirmé la candidate Reconquête pour justifier sa décision auprès de sa base, qui espérait prolonger la campagne.

« Sans mes électeurs, aucune victoire n’est possible »

Une base constituée de 85 000 voix au premier tour. Le report de ces électeurs vers la liste de Rachida Dati pourrait être décisif. D’autant que cet électorat provient de la bourgeoisie conservatrice parisienne, acquise à la droite et favorable à son rassemblement face à la gauche. L’eurodéputée Reconquête a atteint 22 % des voix dans le scrutin d’arrondissement du 16e arrondissement. « J’appelle au respect de mes électeurs. Sans eux, aucune victoire n’est possible », a d’ailleurs insisté Sarah Knafo.

Invitée mercredi matin sur le plateau d’Europe 1 et CNews, Rachida Dati a salué un « geste fort » de sa jeune rivale. Sans relever les critiques acerbes à son encontre.

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