Jean-Baptiste Lemoyne, l’un des nouveaux visages du Sénat, entre au gouvernement
Premier parlementaire apparenté LR à avoir rallié Emmanuel Macron, Jean-Baptiste Lemoyne, l’un des benjamins du Sénat, devient secrétaire d'État auprès de Jean-Yves Le Drian, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Proche de Jean-François Copé, il revendiquait en 2014 une « liberté de ton ».

Jean-Baptiste Lemoyne, l’un des nouveaux visages du Sénat, entre au gouvernement

Premier parlementaire apparenté LR à avoir rallié Emmanuel Macron, Jean-Baptiste Lemoyne, l’un des benjamins du Sénat, devient secrétaire d'État auprès de Jean-Yves Le Drian, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Proche de Jean-François Copé, il revendiquait en 2014 une « liberté de ton ».
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Issu des Républicains, Jean-Baptiste Lemoyne, nommé secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, devient l’un des représentants de la droite au gouvernement.

Son soutien officialisé le 15 mars avait été très remarqué. Et pour cause, son parti est osé, puisqu’il s’agit du premier ralliement d’un parlementaire LR. Un mois et demi après les premières révélations du Canard Enchaîné, Jean-Baptiste Lemoyne fait le constat que François Fillon a « repris sa parole donnée devant des millions de Français ». « Celui qui incarne l’alternance crédible, c’est Emmanuel Macron », déclare à l’AFP le sénateur de l’Yonne, qui salue son « mouvement totalement novateur et audacieux ».

Jean-Baptiste Lemoyne rallie Emmanuel Macron
01:38

Le 23 mars, il s’affiche pour la première fois avec Emmanuel Macron lors d’un déplacement à Dijon. Le sénateur intègre rapidement le comité politique d’En Marche. Au fur et à mesure de la campagne, il tente de convaincre sa famille politique de le rejoindre, et prévient François Baroin, qu’à trop manier la menace de l’exclusion, ce dernier risque de « tenir ses réunions dans une cabine téléphonique ».

Baroin risque de « tenir ses réunions dans une cabine téléphonique », raille Lemoyne
01:10

L’élu proche de Jean-François Copé, choisit de « reprendre sa liberté » et démissionne en conséquence de ses fonctions de secrétaire national LR et de président de la fédération LR de l'Yonne. Dès le lendemain, son ancien parti annonce qu’une procédure en vue d’une exclusion est déclenchée.

Dissidence aux sénatoriales

Élu d’un territoire rural depuis 2008, son passé politique prend une signification particulière aujourd’hui. Il fait ses débuts en politique au Parti Républicain (devenu en 1997 Démocratie libérale), sous la direction d’Alain Madelin. Cette figure du libéralisme français avait salué en mars le projet de réforme des retraites porté par Emmanuel Macron.

De 2002 à 2007, il devient conseiller ministériel et accompagne Jean-François Copé dans ses différents ministères. La bataille de l’UMP à l’automne 2012 entre son ancien patron et François Fillon va marquer un tournant dans sa carrière politique.

L’élu local de l’Yonne s’éloigne de la figure locale, le sénateur Henri de Raincourt, partisan de François Fillon. En septembre 2014, il présente une candidature dissidente aux élections  sénatoriales, et entend répondre « aux attentes de renouvellement et d’action » en faveur des « territoires ruraux ». Le candidat indépendant dépasse même en voix Henri de Raincourt. Il choisit d’être apparenté aux sénateurs UMP, afin de bénéficier des moyens du groupe : une solution qui lui permet de garder une « liberté de ton totale ».

Vent de jeunesse au Sénat

Devenu l’un des benjamins de la Haute assemblée, il fonde en 2015 avec sept autres collègues quadra élus en même temps que lui le collectif « Génération 2014 ». Cette génération, qui a grandi politiquement avec l’aggravation du rejet vis-à-vis des élus, entend militer pour un Sénat rénové et modernisé. Attaché à la place et l’utilité du Sénat dans les institutions, il milite aussi comme ses camarades pour une plus grande transparence dans l’utilisation des ressources.

Désormais, c’est aujourd’hui au gouvernement que Jean-Baptiste Lemoyne jouera la carte du renouvellement.

Partager cet article

Dans la même thématique

Glucksmann
6min

Politique

Le sénateur Place Publique Bernard Jomier appelle à créer « un intergroupe » rassemblant les pro-Glucksmann au Sénat

« Il va y avoir un travail en commun des sénateurs qui soutiennent Raphaël Glucksmann », soutient le sénateur de Paris, après la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate. Il tend notamment « la main » aux sénateurs écologistes, qu’il a rejoints. Mais du côté du groupe PS, l’initiative laisse pour l’heure plus dubitatif.

Le

Bram: Raphael Glucksmann at Les Rencontres de la Gauche
8min

Politique

Présidentielle : de quels moyens va bénéficier Raphaël Glucksmann, désormais candidat du PS, pour faire campagne ?

Officiellement investi pour la campagne présidentielle, Raphaël Glucksmann va pouvoir bénéficier de l’expertise technique et militante du Parti socialiste pour la course à l’Elysée. Du fait de son poids politique, le parti à la rose devrait également être le premier contributeur financier de sa campagne. Le Canard enchaîné évoque un plafond à 2,4 millions d’euros, loin toutefois de ce qui avait été déboursé pour Anne Hidalgo ou Benoît Hamon.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Modernisation de la radio : la proposition de loi de Laurent Lafon pour assouplir la réglementation et soutenir le secteur

Déposée le 16 juin 2026 à l’initiative du sénateur Laurent Lafon, la proposition de loi relative à la modernisation de la radio sera débattue demain en séance publique. Adoptée largement par la Commission de la culture le 7 octobre 2026 et soutenue par les acteurs de la radio, la proposition de loi vise à assouplir la règlementation et favoriser le développement de la radio numérique terrestre dans un contexte de relatif déclin de la radio française.

Le

Paris Students and Police face to face
6min

Politique

Mobilisation lycéenne : le recours aux gardes à vue est-il justifié ?

Depuis le début du mouvement, 6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont une très grande majorité de mineurs. Une mesure de contrainte injustifiée selon plusieurs avocats, qui y voient plutôt une volonté de la part des forces de l’ordre de sanctionner les manifestants.

Le