Jean-François Copé défend un « pacte » avec Macron pour peser sur le régalien
Invité de notre matinale, Jean-François Copé a défendu sa position minoritaire au sein de LR qui voudrait nouer un pacte avec LREM pour « peser » sur les décisions du gouvernement, notamment sur le régalien. D’après lui, LR devra de toute façon se positionner après les législatives.

Jean-François Copé défend un « pacte » avec Macron pour peser sur le régalien

Invité de notre matinale, Jean-François Copé a défendu sa position minoritaire au sein de LR qui voudrait nouer un pacte avec LREM pour « peser » sur les décisions du gouvernement, notamment sur le régalien. D’après lui, LR devra de toute façon se positionner après les législatives.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Réuni en comité stratégique hier, LR a affirmé une position « d’indépendance » pour les législatives en refusant quelque négociation que ce soit avec la majorité présidentielle avant les législatives. Une façon de repousser le problème à laquelle Jean-François Copé n’adhère pas : « Il n’y a pas de discussion avec LREM. La ligne de LR, c’est ‘on ne parle pas’, donc je m’incline. Mais cela devra être fait au lendemain des législatives. » D’après lui, « deux thèses s’opposent quand même » à LR : « Il y a ceux qui considèrent qu’il ne faut rien discuter avec En Marche, parce qu’il faut qu’on représente une alternance totale en 2027. Ceux-là représentent la majorité pour diverses raisons, qui n’ont parfois pas trait à la grande, mais à la petite politique. »

« Tout n’est pas nul dans ce que fait Emmanuel Macron »

Derrière le petit tacle, Jean-François Copé voit une possibilité de convergence entre LREM et LR sur certains sujets, qui doit « peser » sur l’exécutif en tant que parti de gouvernement : « Tout n’est pas nul dans ce que fait Emmanuel Macron, mais il y a dans sa politique un énorme chaînon manquant, justement sur le régalien. Si on peut être utile aux Français, il faut le dire. Plus on aura de députés LR, plus on sera en situation de peser là-dessus. » Jean-François Copé « ne croit pas » au risque de ne plus constituer une potentielle alternance et de laisser « les extrêmes » représenter la seule alternative à En Marche, si LR venait à constituer un programme de gouvernement avec Emmanuel Macron : « Il faut imaginer pendant 2 ou 3 ans apporter certaines réformes, ce qui compte c’est l’impulsion donnée sur ces réformes qui n’ont pas été faites : les retraites, les finances publiques, la sécurité, la laïcité. »

L’ancien président du groupe UMP à l’Assemblée nationale explique d’ailleurs que la question « dépasse » le Parlement et les législatives : « Cela va au-delà des textes que l’on vote au Parlement. Je vois le rôle majeur que jouent les maires, les départements, les régions. […] Il faut plus associer les maires à la politique nationale, l’impulsion de l’exécutif dans ce domaine n’est pas là. » C’est à LR de la donner d’après lui. La question ne serait donc pas celle d’un « programme commun », mais d’un « pacte qui nous permettrait d’imaginer comment apporter des réponses sur des sujets qui ne sont pas traités », comme la sécurité, l’organisation sanitaire ou la laïcité.

« Et pourtant, elle tourne »

L’ancien président de l’UMP, qui « n’a pas l’âme d’un dissident », assure avoir été « très seul » à soutenir sa position au début, mais estime avoir depuis été rejoint par « un certain nombre d’autres » membres de LR. « Beaucoup de gens qui ne sont pas dans ce comité stratégique, qui est un petit cénacle. Il y a beaucoup d’élus qui ont envie d’être utiles », ajoute Jean-François Copé. Il avoue tout de même s’être senti seul au conseil stratégique de mardi : « Quand j’étais à la réunion hier je me disais que certains d’entre eux allaient vite se détester les uns et les autres, donc je vois bien qu’il y a un système qui se termine. »

Le maire de Meaux confie même s’être senti comme Galilée face à l’Inquisition, obligé de renier ses convictions, mais qui glisse discrètement un « et pourtant, elle tourne. » Galilée ne l’avait pas fait dans une matinale de télévision, et pourtant il avait fini au bûcher. Espérons pour Jean-François Copé que l’Inquisition des Républicains soit plus clémente que celle de l’Eglise catholique.

Partager cet article

Dans la même thématique

Illustrations – SUPERMARCHE – CARREFOUR EXPRESS
7min

Politique

Des produits sains vendus sans marge en grande surface : Que contient la proposition de loi de la sénatrice écologiste Antoinette Guhl ?

Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.

Le

Paris : French far-right Rassemblement National (RN) parliamentary session
3min

Politique

Sondage : Marine Le Pen creuse l'écart et s'installe en grande favorite à quelques mois de la présidentielle

Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).

Le

Jean-François Copé défend un « pacte » avec Macron pour peser sur le régalien
5min

Politique

« J’ai bien peur du cauchemar » : Sébastien Lecornu pointe le contre-budget du RN et dénonce l’effort de « 18,4 milliards d’euros en 2031 » demandé aux collectivités

« Ces deux mandats macronistes nous lèguent 1300 milliards d’euros de dette supplémentaire », soit « plus de 400 millions d’euros par jour », a dénoncé la nouvelle présidente du groupe RN/UDR du Sénat, Edwige Diaz. Le premier ministre a pointé en retour l’effort demandé aux collectivités par le Rassemblement national. La sénatrice RN a démenti les chiffres, pourtant bien inscrits dans le contre-budget du RN.

Le