« Jean-Luc Mélenchon est antisocial » pour Philippe Ballard (RN)

« Jean-Luc Mélenchon est antisocial » pour Philippe Ballard (RN)

Invité de notre matinale, Philippe Ballard a attaqué Jean-Luc Mélenchon, comme le fait le RN depuis quelques jours maintenant. Mais le porte-parole du RN a ciblé un angle un peu inédit : la réforme des retraites proposée par LFI serait « injuste socialement. »
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« On n’est pas comme M. Mélenchon. » Dans la bouche de Philippe Ballard, porte-parole du Rassemblement national, ces mots surprennent assez peu. La suite un peu plus : « Il est antisocial Mélenchon. »

« Quelqu’un qui aura travaillé 34-35 ans pourra aussi partir à 60 ans »

Philippe Ballard justifie ce qualificatif « d’antisocial » par la réforme des retraites proposée par Jean-Luc Mélenchon : « Il veut la retraite pour 60 ans pour tout le monde. Alors quelqu’un qui commence à travailler à 20 ans pourra partir à 60 ans avec 40 annuités. Quelqu’un qui rentre dans la vie active à 25-26-27 ans et qui, a priori, a fait des études et aura un métier moins pénible – il aura un bureau avec des moulures au plafond, la clim l’été et le chauffage l’hiver, contrairement à quelqu’un qui travaille sur des chantiers – pourra partir à 60 ans aussi. Autrement dit quelqu’un qui aura travaillé 34-35 ans pourra aussi partir à 60 ans. C’est de l’injustice sociale. » Le candidat RN aux législatives dans l’Oise « renvoie à l’interview de Jean-Luc Mélenchon » au 20h de France 2 le 6 mai, « où il a dit qu’une personne qui a commencé à travailler à 23 ans – c’était l’âge qui était cité – partira à 60 ans. Jean-Luc Mélenchon n’est pas social. »

Jean-Luc Mélenchon avait alors en effet déclaré – comme cela est écrit dans son programme – que la NUPES proposait une retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisation. Interrogé sur l’exemple de quelqu’un entrant dans la vie active à 23 ans, il a aussi effectivement précisé qu’il pourrait partir à 60 ans, mais sans « décote. » La retraite est normalement de 50 % du salaire brut annuel moyen, mais si l’on part avant d’avoir tous ses trimestres (ici 40 annuités), on subit une « décote » de 1,25 % de moins par trimestre manquant. Jean-Luc Mélenchon propose donc de supprimer ce système, mais il a précisé sur France Info le 8 mai : « Dans tout système avec des annuités, il y a une proportionnalité de votre retraite [à vos années de cotisation]. Puis on a inventé, pour mettre une baïonnette dans le dos des gens, une décote. Donc on propose 40 annuités sans décote, mais la proportionnalité fonctionnera. »

« Jean-Luc Mélenchon n’a aucune chance d’être majoritaire à l’Assemblée nationale »

Les charges du RN contre Jean-Luc Mélenchon sont aussi le signe qu’avec son score du 1er tour et l’accord électoral à gauche, Jean-Luc Mélenchon est véritablement en concurrence avec Marine Le Pen pour le leadership de l’opposition à Emmanuel Macron. Le RN moque par exemple la communication de LFI autour de « l’élection » de Jean-Luc Mélenchon à Matignon, et préfère mettre en avant le choix du prochain leader de l’opposition comme enjeu de ces législatives. « On est lucides, on regarde les cartes électorales, on n’est pas comme M. Mélenchon, qui est d’un grotesque total et absolu. C’est de l’intox. C’est absurde. Evidemment que Jean-Luc Mélenchon n’a aucune chance d’être majoritaire à l’Assemblée nationale et par ricochet d’être Premier ministre », tacle par exemple Philippe Ballard.

D’après le porte-parole du RN, sur le fond, Jean-Luc Mélenchon « présente un programme néfaste pour la France. C’est un wokiste à l’Etat pur, il veut vider les prisons. On se souvient de ses phrases du 1er tour : ‘pas une voix pour Marine Le Pen.’ Maintenant il peut pleurer sur la retraite à 65 ans. Son projet est dangereux, LFI veut déstructurer la France, ils sont pour le burkini dans les piscines et désarmer la police. » L’ancien journaliste estime ainsi que « la dynamique NUPES est en train de retomber, ça devrait faire pschitt » et « qu’une autre séquence s’ouvre maintenant » pour le RN de Marine Le Pen et Jordan Bardella. Réponse les 12 et 19 juin prochains.

Dans la même thématique

France New Parliament
7min

Politique

Cafouillages à l’Assemblée nationale pour l’attribution des postes clés

Les députés procèdent ce vendredi à la nomination des membres du « Bureau » de l’Assemblée nationale, la plus haute autorité au Palais Bourbon. Un premier tour du scrutin visant à faire élire six vice-présidents a été annulé à cause du trop grand nombre de bulletins de vote recueillis au moment du dépouillement.

Le

Ursula Von Der Leyen Elected President of the European Commission for the Second Time, Strasbourg, Gallia – 18 Jul 2024
7min

Politique

Qu’est-ce que le « commissaire à la Méditerranée » qu’Ursula von der Leyen propose ?

Ursula von der Leyen vient d’être confortée par les députés européens pour un second mandat à la tête de la Commission. Dans son programme pour les 5 ans à venir, elle s'est engagée à créer un portefeuille de commissaire, séparé, dédié à la Méditerranée. Un premier pas timide pour renforcer les liens fragiles et distendus entre l’Union européenne et les pays de cette région

Le

Paris: Yael Braun-Pivet reelected National Assembly presiden
6min

Politique

Yaël Braun-Pivet réélue au perchoir : « Il faut que tout change pour que rien ne change », observent les sénateurs

Malgré un revers électoral aux dernières législatives, la candidate de la majorité sortante, Yaël Braun-Pivet a été réélue à la présidence de l’Assemblée nationale. Au Sénat, la gauche évoque « un hold-up démocratique ». Chez les LR et les centristes, c’est le soulagement de ne pas voir un membre du Nouveau Front Populaire qui domine.

Le