Jean-Marie Le Pen critique Marine et encense Marion
L'ancien président du Front national (devenu Rassemblement national) Jean-Marie Le Pen critique sa fille Marine Le Pen, qui "n'a...

Jean-Marie Le Pen critique Marine et encense Marion

L'ancien président du Front national (devenu Rassemblement national) Jean-Marie Le Pen critique sa fille Marine Le Pen, qui "n'a...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L'ancien président du Front national (devenu Rassemblement national) Jean-Marie Le Pen critique sa fille Marine Le Pen, qui "n'a pas confiance en elle", et encense sa petite-fille Marion, "un talent au-dessus du lot", dans des extraits du deuxième tome de ses Mémoires, publiés mercredi soir par Le Point.

Marine Le Pen, qui a succédé à son père à la tête du FN en 2011, "a certaines qualités pour faire de la politique. Du cran, de l'allant, de la répartie", estime le cofondateur du FN, qui a présidé le parti pendant près de 40 ans, tout en admettant qu'elle n'était "pas (son) choix" au départ pour lui succéder.

Il raconte avoir été "ravi" de sa prestation à la télévision en avril 2002 quand il accède au second tour de la présidentielle, "son baptême du feu", tout en regrettant de n'avoir pas ensuite "guidé son éducation intellectuelle". "Elle a poussé un peu comme une herbe folle".

"Mais elle n'a pas confiance en elle. Cela explique ses fautes. Son côté dictatorial" et "elle peine à s'entourer", ajoute Jean-Marie Le Pen dans le deuxième tome de ses Mémoires, intitulé "Tribun du peuple" (éditions Mueller), qui doit être publié le 2 octobre.

"On se focalise sur son débat raté avec (Emmanuel) Macron (entre les deux tours de la présidentielle en 2017, ndlr), mais elle a commis beaucoup d'autres fautes depuis l'erreur initiale de mon éviction", poursuit l'ancien dirigeant d'extrême droite, exclu du parti en 2015 après ses propos polémiques répétés sur la Shoah.

M. Le Pen lui reproche une "ouverture à gauche" avec son conseiller Florian Philippot, qui a quitté le parti depuis, et sa "recherche éperdue de dédiabolisation au moment où le diable devient populaire".

- Le RN est "seul" -

Quant au parti, Jean-Marie Le Pen considère qu'il est "dramatiquement seul". Le RN "n'engrène sur nulle force concrète, sauf, naguère, celle de ses militants, qui tend à diminuer", écrit-il.

Il fustige le changement de nom opéré en juin 2018, une "erreur enfantine ". "Lorsqu'un mouvement vous emmène au second tour de l'élection présidentielle, ce n'est pas si mal, au nom de quelle idéologie fumeuse se lancer dans une mutation contre-productive ?" demande-t-il.

A l'inverse, il ne tarit pas d'éloges sur sa petite-fille Marion Maréchal, ancienne députée FN du Vaucluse, partie en 2017 diriger une école de sciences politiques à Lyon, et qui a abandonné le nom Le Pen.

"Elle n'est pas toujours plus facile que ses tantes" mais "elle a un talent au-dessus du lot. C'est une femme exceptionnellement brillante", écrit Jean-Marie Le Pen, qui juge "dommage" toutefois qu'elle soit "calculée, quelquefois lointaine, froide".

Invitée vedette samedi d'une réunion organisée par ses proches, Marion Maréchal "s'est extraite du milieu politique sans le quitter vraiment. Elle profite de son absence", estime son grand-père. "Ne faisant rien, elle est très populaire".

Mais "un jour, il lui faudra revenir. Comment ? Avec qui ? La plupart des gens gâchent leur chance. Je ne le lui souhaite pas", écrit-il.

Dans ces extraits, Jean-Marie Le Pen revient aussi sur le départ soudain, en 1984, de sa femme Pierrette avec son biographe. Mais "aujourd'hui je ne lui en veux plus", écrit celui qui l'a accueillie depuis dans un pavillon de sa propriété de Montretout (Hauts-de-Seine).

Partager cet article

Dans la même thématique

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le

Jean-Marie Le Pen critique Marine et encense Marion
5min

Politique

Ingérences étrangères : « Depuis les années 2010, aucun rendez-vous électoral n’a été épargné »

A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.

Le

Macron Sénat 1 ok
9min

Politique

[Série 1/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : un début constructif, avant la montée des tensions

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après des débuts plutôt bienveillants, la relation va vite se tendre sur les collectivités, avant qu’elle ne se dégrade sur le projet de réforme constitutionnelle, qui finira enterré.

Le