Exclu du parti, mais toujours président d'honneur, Jean-Marie Le Pen est devenu une ombre encombrante au Front national, se rappelant à ses bons...
Jean-Marie Le Pen, éternel point de détail du Front national
Exclu du parti, mais toujours président d'honneur, Jean-Marie Le Pen est devenu une ombre encombrante au Front national, se rappelant à ses bons...
Par Paul AUBRIAT
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Exclu du parti, mais toujours président d'honneur, Jean-Marie Le Pen est devenu une ombre encombrante au Front national, se rappelant à ses bons souvenirs à coups d'innombrables procédures judiciaires ou de propos tonitruants.
En 2011, c'est pourtant les yeux embués d'émotion que le fondateur du mouvement d'extrême-droite avait cédé la présidence à sa fille Marine. Loyale, elle saluait alors l'"irremplaçable expérience" de son père, "comme sa sereine autorité et la rectitude de sa pensée" qui devaient être pour elle "un appui déterminant".
Un septennat de présidence plus tard, celle qui s'apprête à se faire réélire à la tête du FN - faute de concurrents - ne veut plus évoquer publiquement la figure paternelle.
Depuis son manoir de Montretout, sur les hauteurs de Saint-Cloud, dans le prolongement des beaux quartiers parisiens, Jean-Marie Le Pen, 90 ans en juin, se veut pourtant toujours incontournable.
Au début du mois, le premier tome de ses mémoires - premier tirage de 50.000 exemplaires épuisé avant sa sortie - lui a permis d'occuper l'espace médiatique, en orfèvre de la polémique: M. Le Pen y écrit par exemple que le maréchal Pétain "n'a pas failli à l'honneur en signant l'armistice" avec l'Allemagne nazie en 1940.
Quant à sa fille? "J'ai pitié d'elle", assène-t-il, définitif.
Le tribun, député poujadiste en 1956, éditeur de disques de chants nazis dans les années 60, auteur d'innombrables outrances physiques et verbales - de l'agression d'une députée PS au "point de détail" qu'auraient été les chambres à gaz pendant la Seconde Guerre mondiale - semble toujours attaché à sa stratégie de provocation.
Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine, le 7 septembre 2014 à Fréjus, dans le Var
AFP
C'est pourtant ce qui a entraîné sa chute, en 2015: la présidente du FN Marine Le Pen a subitement estimé que ses coups d'éclat étaient incompatibles avec son plan de "dédiabolisation", quitte à nourrir une inévitable chronique d'un drame politico-familial.
- Capitaine Haddock -
Critiqué, lâché et finalement exclu du parti, le finaliste de la présidentielle de 2002 s'était alors lancé sur une bataille aux fronts multiples - judiciaires, politiques, médiatiques -, jusqu'à devenir le sparadrap du capitaine Haddock pour sa fille Marine.
En 2015, il menace de s'inviter aux universités d'été du parti. Deux ans plus tard, il tente de se rendre à une réunion au siège du FN à laquelle il estime pouvoir siéger de droit: il est finalement accueilli par un portail cadenassé.
Le mois dernier, celui qui est encore député européen avait promis de se rendre au grand raout de Lille. La garde rapprochée de Marine Le Pen a fait savoir qu'il en serait refoulé - il s'est ravisé.
Sur le terrain judiciaire, sa bataille s'est finalement révélée décevante: son exclusion a été confirmée et son titre de président d'honneur s'apprête à disparaître, au terme d'une consultation régulière des militants samedi.
Cela ne devrait être qu'une formalité: le lepénisme a survécu à son créateur, a pu se réjouir Marine Le Pen, aujourd'hui davantage populaire que son père auprès des militants.
Reste une vaste occupation médiatique: outre son "Journal de bord" ou des interventions sur TV Libertés, où il a pu créer l'étonnement en se présentant grimé d'un masque vénitien, le bientôt nonagénaire multiplie les interviews, autant de promesses de déclarations scandaleuses et de notoriété préservée. Début mars, il dissertait sur "la plupart de ses collaborateurs homosexuels" dans le magazine Friendly.
Mais, au-delà des amabilités proférées par Jean-Marie Le Pen à l'endroit de sa fille, et vice versa, l'ex-président du FN et sa successeure demeurent liés par les affaires.
Mercredi, la justice européenne a confirmé les retenues sur salaires décidées par le Parlement européen à l'encontre de celui qui achève son ultime mandat à Bruxelles, en raison d'emplois douteux d'assistants parlementaires. Sa fille Marine est visée par une procédure similaire.
Le tribunal administratif de Paris a suspendu vendredi la décision du préfet de police d'interdire un concert de La France insoumise prévu sur la place de la République à l'occasion de la Fête de la musique.
À un peu plus de trois mois du renouvellement de la moitié du Sénat, le Parti socialiste a dévoilé une première vague de 73 candidats et chefs de file dans les départements concernés par le scrutin du 27 septembre 2026. Fort de son implantation locale consolidée lors des dernières municipales, le PS entend défendre ses positions et préserver sa place de deuxième groupe de la Haute Assemblée.
Un amendement de la droite sénatoriale soutenu par le gouvernement dans le cadre de l’examen du projet de loi de Simplification des normes, prévoit de rendre facultative la création de centres communaux d’action sociale (CCAS). La majorité sénatoriale défend le principe de libre administration des collectivités, quand la gauche dénonce une future casse du système de solidarité.
Les sénatoriales sont les prochaines élections à se tenir en France. Tous les trois ans, le Sénat est renouvelé par moitié : ce sont ainsi 63 départements et une circonscription des Français de l’étranger qui sont concernés. La rédaction de Public Sénat fait le point sur le prochain renouvellement de la chambre haute.