Jean-Marie Le Pen fixé le 9 février sur son exclusion du FN
Restera-t-il président d'honneur du parti qu'il a cofondé et présidé pendant près de 40 ans ? La cour d'appel de Versailles a...

Jean-Marie Le Pen fixé le 9 février sur son exclusion du FN

Restera-t-il président d'honneur du parti qu'il a cofondé et présidé pendant près de 40 ans ? La cour d'appel de Versailles a...
Public Sénat

Par Céline AGNIEL, Anne LEC'HVIEN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Restera-t-il président d'honneur du parti qu'il a cofondé et présidé pendant près de 40 ans ? La cour d'appel de Versailles a réexaminé lundi l'exclusion de Jean-Marie Le Pen du Front national en août 2015, et tranchera le 9 février.

"J'espère que nous allons avoir une décision satisfaisante, comme à chaque fois d'ailleurs. Chaque fois que nous avons plaidé contre le Front national, nous avons gagné", a déclaré au sortir du procès M. Le Pen, 89 ans, sous le porche de la cour d'appel, balayé par le vent et la pluie.

Suspendu en mai 2015 de son propre parti, l'ex-dirigeant frontiste avait été exclu trois mois plus tard en raison notamment de ses propos réitérés sur les chambres à gaz, décrites comme un "détail" de l'Histoire de la Seconde guerre mondiale - ce qui lui a valu une condamnation à 30.000 euros d'amende - ou de sa défense du maréchal Pétain.

Des provocations jugées pénalisantes pour la stratégie de "dédiabolisation" menée par sa fille Marine, à la tête du parti d'extrême droite depuis 2011.

Le 17 novembre 2016, le tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre avait intimé au FN de conserver M. Le Pen comme président d'honneur, tout en confirmant son exclusion en tant que membre, une décision alors jugée "aberrante" par Mme Le Pen. Le parti avait fait appel.

C'est "une personne dont l'exclusion a été prononcée de son domicile" mais que "la juridiction maintient dans le même domicile. Ca n'existe nulle part en droit !", a souligné lundi Georges Sauveur, avocat du FN.

Parmi les "15 motifs de la décision d'exclusion, les derniers propos en date tenus ont fait l'objet d'une condamnation (...) confirmée en appel. Evidemment que cette décision est valablement justifiée, fondée", a-t-il lancé, en référence au propos sur les chambres à gaz.

Répétant que M. Le Pen était devenu "un détail de l'histoire du FN", il a estimé que, dépourvu de "tribune" politique, ce dernier voulait "essayer de trouver une tribune judiciaire".

"Je vous demande simplement de faire du droit en faisant abstraction du bruit médiatique", a-t-il conclu.

- "Parti voyou" -

"Il y a des Etats voyous et il y a des partis voyous, et le FN est devenu un parti voyou", a répliqué l'avocat de M. Le Pen, Frédéric Joachim, ironisant : "Pourquoi sommes-nous là, puisque de toutes façons le FN fait fi de toutes les décisions de justice qui sont rendues ?"

"Il s'agit d'une exécution politique, d'un assassinat politique", avec "préméditation", a-t-il poursuivi.

Selon lui, "les adhérents aiment Jean-Marie Le Pen, ils savent ce qu'ils lui doivent". "Ce président d'horreur (...) ce président détestable, en l'assimilant à un voyou, un escroc", est "quelqu'un d'extrêmement populaire en France", a-t-il assuré.

"Finalement", le FN demande à la justice "de faire le sale boulot à sa place. Seulement vous êtes la cour d'appel de Versailles, vous n'êtes pas les adhérents du FN", a-t-il conclu.

A trois reprises en 2015, la justice avait donné raison à M. Le Pen, d'abord en annulant sa suspension du parti puis en suspendant, par deux fois, le congrès par correspondance censé supprimer le poste de président d'honneur, crée en 2011.

Cet énième round judiciaire survient alors que le FN est en crise et que Mme Le Pen a engagé au soir du second tour de la présidentielle perdue une "refondation" du parti frontiste, qui doit se parachever au congrès à Lille en mars.

Jean-Marie Le Pen ira-t-il à ce congrès ? "Oui, j'irai sans doute. On devrait m'y inviter mais si on ne m'y invite pas, j'irai quand même. Parce qu'il faut que la force reste au droit", a-t-il dit au sortir du procès, ajoutant : "J'ai l'habitude des tempêtes".

Partager cet article

Dans la même thématique

Blois: Political figure at summer convention campusPS.
6min

Politique

François Ruffin tenté par la primaire du PS, mais rabroué par Raphaël Glucksmann : que disent les règles de participation à ce scrutin ?

François Ruffin espère participer à la primaire co-organisée par le Parti socialiste, une idée que laisse prospérer Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS. Présenté comme le favori de cette primaire, Raphaël Glucksmann défend le mode d'organisation actuel, et rappelle que le principe d’un scrutin limité à l’arc social-démocrate a été validé par un vote des militants socialistes.

Le

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la réaction de Sébastien Lecornu après les fuites sur le budget peine à convaincre au Sénat
7min

Politique

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la contre-attaque de Sébastien Lecornu, après les fuites sur le budget, interpelle au Sénat

La saisine de la procureure de Paris, après la divulgation dans la presse de pistes de travail, non arbitrées, sur la taxation de l’épargne salariale, a surpris au sein de la commission des finances du Sénat. Plusieurs sénateurs n’adhérent pas à la version de fuites qui auraient échappé au contrôle du gouvernement.

Le

Rentrée scolaire Collège Parc Imperial à Nice
7min

Politique

Résultat du classement PISA : « Les ministres passent et le système demeure », martèle Max Brisson

La France atteint son plus bas niveau jamais enregistré dans les trois domaines évalués par PISA. Publiés ce mardi 8 septembre par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les résultats de l’enquête interviennent quelques jours après la rentrée scolaire et à quelques mois de l’élection présidentielle. Ils relancent le débat sur l’état de l’école française et, inévitablement, sur le bilan des années Macron.

Le

France VE Day
5min

Politique

« Décision absurde, inique et inacceptable » : le maire de Paris annonce le lancement de deux enquêtes après l’éviction polémique du personnel féminin de la Tour Eiffel

Emmanuel Grégoire a annoncé lors d'un point presse la mise en œuvre de deux enquêtes après l'éviction des salariées de la tour Eiffel lors d'une visite dispensée à un groupe religieux hindou. Cette mise à l'écart a provoqué un mouvement de colère des salariés et la fermeture du monument lundi.

Le