Terrorisme : Jean-Yves Le Drian demande de faire preuve d’une  « grande vigilance » pour les Français de l’étranger

Terrorisme : Jean-Yves Le Drian demande de faire preuve d’une « grande vigilance » pour les Français de l’étranger

Auditionné au Sénat sur le budget 2021 de son ministère, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a présenté des moyens en augmentation dans le projet de loi de finances. Il a annoncé le dépôt prochain de la loi de programmation de l’aide au développement. Dans un contexte de tensions internationales, il a par ailleurs demandé de ne « pas baisser la garde » pour les Français à l'étranger.
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La période est intense au Quai d’Orsay. La multiplication des incidents à l’international ne donne que peu de répit au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Précédant le suivi de la nuit électorale américaine, il était auditionné ce 3 novembre en début de soirée devant la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat, au sujet du projet de loi de finances 2021.

Avant d’échanger avec les parlementaires sur les questions budgétaires, Jean-Yves Le Drian s’est exprimé sur la situation internationale. Un contexte lourd, marqué par des manifestations au Moyen Orient et en Asie orientale contre le discours d’Emmanuel Macron lors de l’hommage à Samuel Paty, et un mouvement de boycott des produits français. « Les épreuves se sont rajoutées aux épreuves », a résumé le chef de la diplomatie français, deux semaines après sa dernière venue au Sénat. Le signal le plus dramatique reste l’attaque au couteau contre un garde du consulat français de Djeddah (Arabie saoudite) le 29 octobre. Le ministre a insisté sur le besoin d’une « grande vigilance » pour les Français de l’étranger et la nécessité de ne « pas baisser la garde », notamment dans les établissements scolaires qui ont fait leur rentrée.

Dans ce double contexte pesant, d’une pandémie mondiale et de menaces sur les emprises françaises, Jean-Yves Le Drian a pu néanmoins livrer des chiffres encourageant dans le projet de budget qui sera soumis au Sénat, après l’Assemblée nationale. Un budget en hausse de 8 % en 2021, après les 3 % de progression en 2020. Soit plus de 400 millions de euros de hausse pour atteindre plus de 5,41 milliards. « C’est indispensable d’avoir les moyens d’une diplomatie forte. Cette hausse est une bonne chose pour le présent et l’avenir », s’est satisfait le ministre, qui a par ailleurs souligné la stabilité des effectifs dépendant du ministère, « pour la première fois en 20 ans ».

Le projet de loi de programmation de l’aide publique au développement présenté en novembre

Si la mission de l’action extérieure de la France voit ses moyens augmenter, c’est sur le volet de l’aide publique au développement que la hausse est encore plus palpable : la hausse atteint 17 % sur un an. Jean-Yves Le Drian a d’ailleurs annoncé aux sénateurs que le très attendu projet de loi de programmation relatif au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales, plusieurs fois retardé ces derniers mois, serait vite connu. « Le projet de loi sera présenté très rapidement en Conseil des ministres, en novembre », a-t-il précisé.

Interrogé par le président de la commission sénatoriale Christian Cambon (LR) sur a tenue des objectifs fixés par le président de la République, Jean-Yves Le Drian a assuré que la trajectoire de l’augmentation des ressources dédiées à l’Agence France de développement se poursuivait. Emmanuel Macron s’est engagé à ce que 0,55 % du RNB (revenu national brut) de la France soit consacré à l’aide au développement en 2022. Selon Jean-Yves Le Drian, le curseur était encore à 0,44 % en 2019. Pour 2020, il est attendu à 0,56 % et même à 0,69 % pour 2021. Mais cette hausse est en trompe l’œil puisque le PIB devrait s’effondrer de plus de 10 % cette année avec la crise sanitaire de la Covid-19, ce qui élève mathématiquement le pourcentage consacré au développement par rapport à la richesse nationale.

Également questionné sur le pilotage politique de l’Agence française de développement, Jean-Yves Le Drian a souligné qu’il avait « réactivé » les conseils d’orientation stratégique au sein de cet opérateur. A un niveau plus proche du terrain, il a ajouté, qu’à sa demande, des « conseils du développement » seraient mis en place localement, présidés par les ambassadeurs.

En pleine période de tensions diplomatiques avec le président turc Recep Tayyip Erdoğan, qui a appelé au boycott des produits français, les sénateurs ont à nouveau remis la question des soutiens financiers accordés à Ankara sur la table. Christian Cambon avait eu l’occasion déjà d’interpeller le gouvernement lors des questions d’actualité du 28 octobre, face à Clément Beaune, secrétaire d’État chargé des affaires européennes. Jean-Yves Le Drian a rappelé que la Turquie ne bénéficiait pas de prêts avantageux, mais seulement de prêts « aux taux du marché », et que les financements concernaient les réfugiés syriens, notamment sur des aspects socio-éducatifs. « Ces financements ne transitent pas par les autorités », a insisté le ministre. Quant aux prêts ne bénéficiant d’aucune bonification, la porte ne semble pas fermée à l’utilisation de ce levier diplomatique. « Du reste, cette question peut se poser », a simplement indiqué Jean-Yves Le Drian.

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