Jérôme Durain : « Veiller aux libertés fondamentales, c’est un rôle constant des parlementaires »
Confiné en Saône-et-Loire, le sénateur socialiste surveille la situation sanitaire de son département. Il appelle également à la vigilance en ce qui concerne les libertés publiques. 

Jérôme Durain : « Veiller aux libertés fondamentales, c’est un rôle constant des parlementaires »

Confiné en Saône-et-Loire, le sénateur socialiste surveille la situation sanitaire de son département. Il appelle également à la vigilance en ce qui concerne les libertés publiques. 
Quentin Calmet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Au dixième jour du confinement, Jérôme Durain accumule les frustrations. Le sénateur de Saône-et-Loire, également élu à la région Bourgogne-Franche-Comté, aimerait être davantage sur le terrain, mais « le confinement nous empêche d’avoir l’expérience sur le terrain de ceux qui sont en première ligne » nous confie-t-il par téléphone. 

Alors depuis le 17 mars, le sénateur organise ses rendez-vous à distance, par visioconférence. Entretien avec le préfet, réunions par téléphone avec ses collègues élus à la région, il s’adapte : « dans la méthode c’est quelques chose de nouveau, on n’a pas la même qualité d’échanges. Mais on s’y habitue.» 

 

Avec le préfet, justement, il a été question de la crise du covid-19 en Saône-et-Loire, un « territoire qui n’est pas différent du reste de la France : où il y a les mêmes questions d’approvisionnement, d’achat de masque… » et quelques situations « hallucinantes », raconte Jérôme Durain, « comme des hôpitaux qui demandent des lingettes désinfectantes aux particuliers ». 

A l’image de beaucoup d’autres départements en France, les EHPAD et les Agences régionales de Santé manquent de masques. « La situation commence à marquer un pic : Mâcon est assez touché, et nous avons eu les premiers cas liés à des Covid dans les EHPAD. Dans deux EHPAD notamment, il y a eu six décès en deux heures.»

 

Il y a une autre situation que le sénateur socialiste surveille de près, c’est celle des dernières lois d’urgence examinées au Parlement la semaine dernière. Là encore, « il y a la frustration de ne pas être au Sénat car ce sont des débats très importants » dit Jérôme Durain. Le projet de loi d'urgence pour faire face à l'épidémie de Covid-19 donne de larges pouvoirs à l’exécutif : une situation qui doit être surveillée, selon l’élu socialiste. «J e ne veux pas être dans le procès d’intention, explique-t-il. Depuis le début de ce quinquennat, la place du Parlement est faible. Il faut protéger chaque exécutif de la tentation qui est la sienne d’aller au bout de ses pouvoirs. Cette tentation doit être endiguée par un Parlement très attaché aux libertés individuelles. C’est un rôle constant des parlementaires de veiller aux libertés fondamentales». Et le sénateur d’évoquer le « tracking » et d’autres outils numériques qui pourraient être employés pour surveiller les déplacements des Français, « tout cela n’est pas anodin » ajoute le sénateur, membre de la commission des lois de la Chambre Haute. 

  

Au moment de raccrocher, Jérôme Durain conclut : « même s’il y a un mouvement d’unité nationale, il faudra à un moment venu, s’interroger sur la gestion par l'exécutif de ce moment particulier de notre histoire », surtout si ce type de crise est amené à être de plus en plus fréquent, glisse-t-il en conclusion. 

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le