Jeux Olympiques 2024 : la Cour des comptes alerte sur le risque d’un déficit des forces de sécurité
Pierre Moscovici a présenté devant le Sénat un rapport d’étape sur l’organisation des Jeux Olympiques de 2024. Le Premier président de la Cour des Comptes a émis des points de vigilance en ce qui concerne le dispositif de sécurité, en particulier autour de la cérémonie d’ouverture.

Jeux Olympiques 2024 : la Cour des comptes alerte sur le risque d’un déficit des forces de sécurité

Pierre Moscovici a présenté devant le Sénat un rapport d’étape sur l’organisation des Jeux Olympiques de 2024. Le Premier président de la Cour des Comptes a émis des points de vigilance en ce qui concerne le dispositif de sécurité, en particulier autour de la cérémonie d’ouverture.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

A 18 mois de l’organisation d’un des plus grands évènements sportifs jamais organisés en France, la Cour des comptes appelle à la vigilance. C’est la teneur du rapport présenté, ce mardi, par Pierre Moscovici, premier président de la juridiction financière, devant la commission de la culture, de communication et de l’éducation du Sénat.

Lire notre article. Sécurité, accessibilité, sponsors : que contient le projet de loi sur les JO 2024 ?

Accélérer la phase opérationnelle

Si la phase de planification stratégique « s’est bien déroulée », « la phase opérationnelle est plus délicate », a précisé Pierre Moscovici. Les surcoûts constatés sont dus à l’inflation et aux difficultés d’approvisionnement. Le Cojop a bien rehaussé son budget de 10 % en décembre, à 4,380 milliards d’euros mais ne dispose que de réserves limitées et a déjà puisé 115 millions d’euros sur les 315 millions.

La première recommandation de la Cour des Comptes est d’accélérer la phase opérationnelle notamment en signant « au plus vite les contrats de mise à disposition des sites ». « Au début du mois de novembre 2022, seules onze des 80 conventions d’utilisation prévues avaient été signées […]. Ces décalages successifs exposent désormais le comité à un risque avéré, du fait des conséquences en chaîne qui en résultent sur la préparation des Jeux et, en particulier, pour la conclusion des négociations sur le modèle externalisé de livraison des Jeux », s’inquiète la Cour, demandant que ces conventions soient signées début 2023.

Un autre point de vigilance porte sur les transports et la sécurité. Pour le premier, « la Cour met l’accent sur l’impératif d’achever à temps les infrastructures ». « Je pense à la ligne 14, la porte Maillot, la gare du Nord », a cité Pierre Moscovici.

En ce qui concerne la sécurité, le président de la Cour des Comptes a estimé prudent de « prévoir des scénarios d’adaptation en cas de carence partielle ». « Nous nous y attendons pour le dire franchement », a-t-il reconnu en évoquant à la fois « un risque capacitaire pour l’Etat. « La Cour a recommandé de faire monter en charge les réserves opérationnelles de la police nationale et de la gendarmerie et d’anticiper les conditions de mobilité d’appels éventuels aux forces armées. Il y a aussi un déficit financier éventuel si on fait un appel supplémentaire aux forces de sécurité intérieur. Qui va payer ? Ça doit clairement être le Cojop », a-t-il affirmé.

Le Cojop est une association loi 1901 qui fonctionne avec des fonds privés, mais l’Etat se porte garant en cas de déficit.

« Carence probable de la sécurité privée »

Le président centriste de la commission de la culture, Laurent Lafon mais aussi le sénateur LR Jacques Grosperrin se sont alors inquiétés du « gigantisme » de la cérémonie d’ouverture qui pour la première fois dans l’histoire des JO ne se déroulera pas dans un stade mais sur les quais de Seine où 600 000 spectateurs sont attendus. « Est-ce que vous appelez à ce que le niveau de prestation soit revu à la baisse ? »

Refusant d’émettre un avis sur « une décision politique », Pierre Moscovici a rappelé que la responsabilité de la Cour était « de nous assurer que les moyens nécessaires pour faire face soient garantis. Nous appelons à ce que les choix soient clarifiés et qu’en face soient mis en place les moyens nécessaires », a-t-il insisté en précisant que le scénario définitif pour la cérémonie d’ouverture n’était pas arrêté. « Là encore, les choix doivent être faits raisonnablement tôt car ça aura un impact sur le plan de sécurité ».

La Cour des Comptes a également alerté sur le risque « de carence probable de la sécurité privée ». « Il doit être anticipé ». Pour mémoire, auditionné au Sénat en octobre dernier, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin avait pour la première fois évoqué « l’annulation ou le report d’événement très demandeurs en forces de l’ordre », comme les festivals à l’été 2024 afin de dégager des forces vives pour les Jeux Olympiques.

« Pas de dérives significatives »

Enfin, Pierre Moscovici a tenu à préciser que la Cour n’avait pas constaté à ce stade « de dérives significatives » financières. « Nous constatons que tous les moyens suivis ne sont pas mis en œuvre de façon précise et qu’il reste un certain nombre d’incertitudes. Mais nous ne sommes pas en état de donner des chiffres. Dans ce type d’évènement, c’est souvent ex post, qu’on finit par connaître les choses ».

Ce rapport, prescrit par la loi de 2018 relative à l’organisation des JO, ne prend pas en compte la dernière révision budgétaire du comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques (Cojo) de décembre 2022. Elle fera l’objet d’un second rapport d‘étape sur l’organisation des Jeux Olympiques que Pierre Moscovici présentera en juin devant le Sénat.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Assemblee Nationale – Questions au Gouvernement
4min

Politique

Sénatoriales 2026 : La France insoumise lance ses troupes à l’assaut d’un Sénat qui lui échappe encore

À deux mois des élections sénatoriales du 27 septembre, La France insoumise dévoile ses 90 têtes de liste dans les départements concernés par le renouvellement de la moitié de la Haute Assemblée. Sans aucun sénateur à ce jour, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon espère transformer sa percée aux municipales en premiers sièges au Palais du Luxembourg.

Le

L Assemblee adopte l’interdiction des reseaux sociaux aux moins de 15 ans
5min

Politique

Réseaux sociaux : députés et sénateurs s’accordent sur une interdiction totale aux moins de 15 ans

Réunis en commission mixte paritaire ce lundi, les sept députés et sept sénateurs se sont mis d’accord sur l’interdiction de tous les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Elle s’applique à toutes les plateformes, sans opérer de distinction comme le souhaitait initialement le Sénat. Emmanuel Macron veut appliquer le texte dès la rentrée, mais sa portée pourrait être limitée puisque la Commission européenne cherche à reprendre la main sur le sujet.

Le

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le