JO 2024 : 10 millions d’euros en plus pour le sport de haut niveau

JO 2024 : 10 millions d’euros en plus pour le sport de haut niveau

Auditionnée mardi soir par le Sénat dans le cadre de l’examen du projet de loi de finance 2022, la ministre Roxana Maracineanu a défendu un budget des sports largement renforcé par la préparation des jeux olympiques de Paris. Elle a répondu aux critiques quant au manque d’investissements pour augmenter les chances de médailles françaises.
Romain David

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« Il faudra faire beaucoup plus ». La petite phrase du coach Macron, à l’occasion de la cérémonie en l’honneur des médaillés olympiques et paralympiques des jeux de Tokyo, le 13 septembre dernier à l’Elysée, avait eu du mal à passer. Le chef de l’État avait laissé sous-entendre dans son discours que le bilan français aux JO n’était peut-être pas à la mesure de ce que la France était en droit d’attendre de ses sportifs, trois ans avant d’accueillir les jeux à Paris. De quoi faire grincer des dents dans les milieux du haut niveau. « Il fallait déjà investir il y a 7 ans dans le sport. Alors, on pourra toujours se cacher derrière le covid hein… », avait notamment relevé, en marge de cette cérémonie, le judoka Teddy Riner. Mardi soir, le sujet s’est invité dans l’audition au Sénat de la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, venue présenter aux élus le budget alloué à son portefeuille dans le cadre de l’examen du projet de loi de Finance 2022 (PLF).

« Je trouve que le sport de haut niveau ne progresse pas significativement », lui a fait remarquer le sénateur centriste du Bas-Rhin Claude Kern. « Si on veut dynamiser le sport de haut niveau, comme le veut le président Macron, et porter des succès […] on peut se poser des questions », a-t-il pointé. « Le budget 2022 est la marque de la montée en puissance des JO », a défendu la ministre. Elle a ainsi salué un amendement déposé par le gouvernement au PLF, actuellement débattu à l’Assemblée nationale, voté lundi soir par les députés, et qui prévoit une enveloppe supplémentaire de 10 millions d’euros pour le haut niveau.

« Ce budget vise à amplifier les actions de l’Agence nationale du sport »

« Nous octroyons 10 millions d’euros de moyens supplémentaires à l’Agence nationale du sport pour soutenir la haute performance sportive. Cela s’inscrit dans une trajectoire d’augmentation des crédits », a expliqué la ministre, rappelant que les moyens accordés à la haute performance étaient passés de 50 à 110 millions d’euros depuis le début du quinquennat. « Ce budget vise à amplifier les actions de l’agence, également sur les olympiades ultérieures. Il a vocation à perdurer. »

« Cela démontre la volonté de ne pas soutenir uniquement l’élite, ceux qui sont médaillables, comme j’ai pu le lire dans certains médias suite aux déclarations du président de la République, qui se voulait ambitieux et entraînant pour les sportifs qu’il avait autour de lui ce soir-là à l’Elysée », a poursuivi Roxana Maracineanu. « L’augmentation du budget en témoigne, nous ne laissons tomber personne ! »

Cette ancienne nageuse olympique, elle-même médaillée d’argent aux jeux de Sydney, a également évoqué les 12 projets de recherche « sport de très haute performance » retenus dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir. « On n’a pas eu les effets immédiats à Tokyo, mais on les aura à Paris 2024 », assure-t-elle.

Un budget « historique » pour le ministère des Sports

Dans l’ensemble, la ministre s’est félicitée d’un budget « aussi inédit qu’ambitieux », bien que fortement gonflé par la préparation des JO 2024. « C’est un budget en hausse de 22 % qui nous permet d’atteindre un niveau historique de 987 millions d’euros […] Cela représente 178 millions d’euros supplémentaires par rapport à 2021 », a-t-elle détaillé.

Sur ces sommes, le ministère « consacrera 40 millions d’euros pour financer des équipements nécessaires aux jeux olympiques et 25 millions d’euros spécifiquement pour l’organisation des jeux paralympiques ». Certaines de ces infrastructures auront vocation à durer. « Nous voulons tous que l’héritage en dur des jeux profite à tous les Français et Françaises », a martelé Roxana Maracineanu, citant notamment les 785 centres de préparation aux jeux. « Il s’agit de logements, d’hébergements neufs, d’infrastructures nouvelles qui vont désenclaver les territoires. »

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