JO 2024 : « Si on veut être dans le top 5 en termes de médailles, ce sera un défi considérable », prévient Michel Cadot
Le Sénat organisait, jeudi 27 janvier, une table ronde sur les Jeux olympiques et paralympiques de Paris. Les questions se sont concentrées autour des performances des athlètes français, après le bilan mitigé des Jeux de Tokyo.

JO 2024 : « Si on veut être dans le top 5 en termes de médailles, ce sera un défi considérable », prévient Michel Cadot

Le Sénat organisait, jeudi 27 janvier, une table ronde sur les Jeux olympiques et paralympiques de Paris. Les questions se sont concentrées autour des performances des athlètes français, après le bilan mitigé des Jeux de Tokyo.
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Par Héléna Berkaoui

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« Les résultats de Tokyo sur les jeux olympiques n’ont pas été du tout à la hauteur des espérances, si on veut être dans le top 5 ce sera un défi considérable », prévient Michel Cadot, le délégué interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Lors de tables rondes organisées au Sénat, jeudi 27 janvier, sur les Jeux olympiques et paralympiques de Paris, les débats se sont concentrés autour des performances des athlètes français.

Le nombre de médailles que décrochera la France dans deux ans représente un enjeu de taille. On se rappelle à cet égard le discours du chef de l’Etat face aux athlètes français après les Jeux de Tokyo. Insatisfait par les 33 médailles gagnées à Tokyo (contre 42 à Rio en 2016), Emmanuel Macron avait tancé les sportifs, exigeant d’eux qu’ils fassent « beaucoup plus » pour les prochains JO.

Des propos qui avaient suscité le courroux du monde du sport, dont nombre de sportifs pointent l’absence d’investissements suffisants pour prétendre à une place sur le podium. En termes de budget, justement, la ministre déléguée chargée des Sports, a insisté sur les crédits débloqués par le gouvernement. « En 2022, on passera de 60 millions à 71,4 millions d’euros consacrés au sport de haut niveau », appuie Roxana Maracineanu.

Des moyens qui arrivent peut-être un peu tard, mais qui se veulent conséquents. « L’Etat souhaite garder cette priorité sur le haut niveau. Le haut niveau c’est l’Etat en tête de file parce que l’enjeu c’est le rayonnement international de la France », a souligné Roxana Maracineanu.

« Les moyens ont été au rendez-vous du budget, pour la haute performance »

Pour Michel Cadot, « les moyens ont été au rendez-vous du budget pour la haute performance ». Des structures telles que l’agence nationale du sport sont également déployées en ce sens. « L’agence nationale du sport a été créée pour apporter une réponse en termes de gouvernance du haut niveau dans la perspective des jeux », rappelle le délégué interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques de 2024.

Lire aussi. JO 2024 : 10 millions d’euros en plus pour le sport de haut niveau

Les Jeux de Tokyo peuvent-ils constituer un électrochoc pour la France ? C’est le récit que tentent d’écrire les professionnels réunis au Sénat. « Il y a eu un retour d’expérience par fédérations. On est en train de finaliser un bilan des Jeux Tokyo par fédérations », indique à ce titre Michel Cadot. Présidente du Comité Paralympique et Sportif Français, Marie-Amélie Le Fur a aussi attiré l’attention sur les problématiques spécifiques aux jeux paralympiques, qui ont connu de meilleurs résultats aux Jeux de Tokyo. « Si nous n’avons pas plus d’acteurs, nous n’aurons pas plus de médailles », prévient-elle. Marie-Amélie Le Fur pointe le manque de femmes parmi les athlètes paralympiques et la nécessité de mieux accompagner les fédérations dont le rôle reste central.

En termes d’engagements, le président de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat, Laurent Lafon, n’a toutefois pas manqué de souligner « le décalage avec le reste du sport ». Comme le rappelle le président du Sénat, Gérard Larcher, « de 2017 à 2020, nous avons observé une baisse des crédits du sport, hors JO, de 11 %. Au moment où les efforts en faveur des jeux olympiques progressaient ».

« Si vous voulez développer du sport santé, il faut des infrastructures »

Au niveau national, les Jeux olympiques ont aussi vocation à faire évoluer le rapport de la société au sport. Du sport pour tous. Et cette ambition ne saurait être portée sans moyens. « Si vous voulez développer du sport santé, il faut des infrastructures », résume Kamel Chibli, vice-président du conseil régional d’Occitanie.

Les infrastructures sportives font partie de « l’héritage » que doivent laisser les JO de 2024. Un héritage que les collectivités (hors Paris) comptent bien voir partagé. Les collectivités locales se sont emparées des financements disponibles dans ce cadre. « Aujourd’hui, tout le monde se bat pour être CPJ (centre de préparation des jeux) et c’est tant mieux », observe Kamel Chibli qui regrette néanmoins une « augmentation insuffisante des budgets ».

« On a tout pour réussir des Jeux qui seront spectaculaires et qui peuvent laisser un héritage dans tous les territoires »

Le président du comité d’organisation des jeux olympiques et paralympiques, Tony Estanguet, a mis l’accent sur les dispositifs entourant les Jeux tels que la semaine olympique et paralympique dans les écoles. Pour lui, le problème n’est pas celui des moyens. « Il faut qu’on sorte de cette logique de la nécessité absolue d’avoir des investissements pour pouvoir créer des actions », plaide-t-il. « On a tout pour réussir des Jeux qui seront spectaculaires et qui peuvent laisser un héritage dans tous les territoires. Et cette année 2022 va être déterminante », estime Tony Estanguet.

 

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