JO-2024: un beau cadeau pour Anne Hidalgo, mais il va falloir gérer
Avec les jeux Olympiques 2024, Anne Hidalgo reçoit un beau cadeau pour sa seconde partie de mandat municipal mais devra s'atteler...

JO-2024: un beau cadeau pour Anne Hidalgo, mais il va falloir gérer

Avec les jeux Olympiques 2024, Anne Hidalgo reçoit un beau cadeau pour sa seconde partie de mandat municipal mais devra s'atteler...
Public Sénat

Par Fabienne FAUR

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Avec les jeux Olympiques 2024, Anne Hidalgo reçoit un beau cadeau pour sa seconde partie de mandat municipal mais devra s'atteler à en gérer les conséquences, dans le cadre d'un objectif avoué de réélection en 2020.

"C'est quelque chose d'historique de ramener les Jeux", a affirmé à l'AFP la maire PS de Paris à Lima, mais "je ne dis pas que c'est un cadeau. Il va falloir maintenant réaliser ces Jeux et être à la hauteur de la confiance qu'on nous fait, sur le respect des délais, des budgets, etc", a-t-elle poursuivi.

"Ramener les Jeux à la maison", selon sa formule, cent ans après la dernière olympiade parisienne, aura été pendant plus de deux ans une préoccupation constante pour Mme Hidalgo, qui a vécu les échecs de son prédécesseur Bertrand Delanoë, notamment face à Londres.

L'élue socialiste est, avec Tony Estanguet, patron de la candidature, le visage d'une victoire qu'elle insiste à qualifier de "collective", avec des élus de tous bords.

"Elle a fait des milliers de kilomètres, vu tous les membres du CIO (Comité international olympique), mobilisé tous ses réseaux", raconte un membre de son entourage, sans compter l'approche directe, en espagnol, avec les pays latino-américains.

Quand l'idée d'une candidature a émergé en 2014, l'élue s'était pourtant montrée réticente en évoquant, entre autres, les "contextes budgétaires", la nécessité d'accueillir des Jeux écologiques, sobres. "Mais à partir du moment où je me suis engagée, il fallait tout faire pour gagner", dit-elle.

Trois ans plus tard, Mme Hidalgo "espère pouvoir être maire en 2024", a-t-elle récemment déclaré, et donc ouvrir les JO après une réélection aux élections municipales de 2020.

- Des Jeux "utiles" à Paris et la France -

L'affaire n'est pourtant pas gagnée d'avance.

La maire sait que passée la première euphorie, elle est attendue, avec ou sans JO, par les Parisiens sur les questions récurrentes de propreté ou d'accès au logement.

"JO et élections municipales sont déconnectés", affirme un élu en rappelant que Bertrand Delanoë, moins chanceux, a été réélu.

Certes, organiser les JO est prestigieux et peut faire oublier un temps les polémiques de la fin de l'été à Paris sur les embouteillages, les pistes cyclables qui réduisent les voies pour voitures, ou les phrases assassines d'un livre très critique sur l'élue parisienne.

Anne Hidalgo a contre-attaqué en pointant la "fachosphère, les réacs, néo-réacs, les gros machos". Elle n'a même pas ouvert le livre "Notre-Drame de Paris", d'Airy Routier et Nadia Le Brun (Albin Michel), dit-elle, "Bruno (Julliard, premier adjoint) m'en a lu des passages. On a bien ri".

Avoir les Jeux, "c'est quand même une preuve de plus que ce qu'on est en train de faire à Paris, sur les questions écologiques, économiques, sociales, de solidarité, sur l'innovation, c'est la bonne stratégie de long terme", assure-t-elle.

Désormais, il s'agit moins de "rassurer que démontrer que ces Jeux vont être extrêmement utiles à notre ville et notre pays".

Les écologistes opposés à la candidature, membres de la majorité municipale "plurielle, des gaullistes sociaux aux communistes" dont la maire de Paris est si fière, seront vigilants. Mercredi encore, dans une lettre ouverte à Tony Estanguet, les élus parisiens dénonçaient à nouveau une manifestation "par essence consommatrice de ressources, génératrice de nuisances et de pollutions".

Et avant le scrutin, Mme Hidalgo, l'une des dernières figures en pointe d'un Parti socialiste en déconfiture, va aussi devoir se colleter à la République en Marche, aux objectifs encore discrets, dans une ville qui a voté à 90% pour Emmanuel Macron.

Les sénatoriales donneront dans dix jours l'occasion d'un "remaniement" de l'exécutif parisien, avec le délicat exercice d'y faire respecter toutes les sensibilités de la majorité.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Loi Yadan contre l’antisémitisme : les sénateurs dubitatifs à l’annonce de la reprise en main du gouvernement

Après le retrait à l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, le gouvernement va reprendre la main et présentera un projet de loi sur la lutte contre l’antisémitisme devant le Sénat avant l’été. L’exécutif compte sur un accueil plus favorable à la chambre haute où la droite et le centre sont majoritaires. Mais les relations entre la majorité sénatoriale se sont tendues ces derniers temps.

Le

Paris: French Government Weekly Cabinet Meeting
3min

Politique

1er mai : boulangeries et fleuristes « indépendants » pourront faire travailler leurs salariés dès cette année, annonce Sébastien Lecornu

Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.

Le

Festival Du Livre 2025
2min

Politique

Crise chez Grasset : au Festival du livre, Emmanuel Macron affiche sa volonté de défendre le « pluralisme éditorial »

En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».

Le

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le