"Des figures qui ont compté, des figures qui comptent": alors que leur parti est fragilisé, des parlementaires PS se sont rassemblés mercredi...
Jospin, Hollande, Cazeneuve: la famille PS se réunit autour de ses grandes figures
"Des figures qui ont compté, des figures qui comptent": alors que leur parti est fragilisé, des parlementaires PS se sont rassemblés mercredi...
Par Stéphanie LEROUGE
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
"Des figures qui ont compté, des figures qui comptent": alors que leur parti est fragilisé, des parlementaires PS se sont rassemblés mercredi soir pour un "pot amical" au Sénat autour de grandes figures socialistes, dont Lionel Jospin, François Hollande, Jean-Marc Ayrault et Bernard Cazeneuve.
Environ 150 personnes - assistants parlementaires compris - se sont déplacées pour suivre les discours des organisateurs - les patrons des groupes au Sénat et à l'Assemblée nationale, Patrick Kanner et Valérie Rabault - ainsi que du premier secrétaire Olivier Faure et de M. Hollande.
Avec la venue également des anciens premiers ministres et des anciens premiers secrétaires Martine Aubry et Jean-Christophe Cambadélis, le rassemblement a été le plus large depuis longtemps, après des élections européennes de mai où le parti, allié notamment à Place publique, a dû se contenter de sauver les meubles (6,2%).
Objectif de la soirée, ont expliqué plusieurs responsables: en s'affichant rassemblés, démontrer que le PS a une histoire qui compte, face à un macronisme qui en manque selon eux. Au pouvoir au quinquennat précédent, "il y a eu des échecs, des désillusions mais il ne faut pas tout jeter et se tenir disponible", a ainsi plaidé Jean-Marc Ayrault à la sortie de la soirée.
Figure consensuelle s'il en est parmi les socialistes, Lionel Jospin, 82 ans, faisait une de ses premières apparitions devant la presse depuis son départ du Conseil constitutionnel, en mars. "Il va falloir réfléchir longuement" à la suite à gauche, a-t-il déclaré, sans davantage de commentaires. "Quand je déciderai de m'exprimer, je le ferai", a-t-il glissé dans un sourire.
Bernard Cazeneuve et Olivier Faure se retrouvent au Sénat le 17 juillet 2019
AFP
C'est aussi la présence de Bernard Cazeneuve qui a attiré l'attention. Certains ténors socialistes ont continué, mercredi soir devant la presse, à le déclarer le plus à même de faire revivre leur famille politique en vue de la présidentielle de 2022.
Valérie Rabault a ainsi souhaité, parmi ces "figures qui ont compté, qui comptent" toujours, qu'il "devienne ce qu'il est, un élément central pour le PS et la gauche". Pour Patrick Kanner, "il a une place particulière dans le coeur des Français, (...) et peut incarner avec d'autres" l'alternative.
L'ancien président de la République François Hollande "encourage" lui aussi dans le JDD M. Cazeneuve à prendre des initiatives: le Parti socialiste "a besoin d'idées, d'identité et d'incarnation. Bernard Cazeneuve doit en être un acteur important", a-t-il récemment confié à l'hebdomadaire.
Olivier Faure a aussi redit être séduit par l'hypothèse Cazeneuve, tout en faisant valoir qu'"il y a aussi la nouvelle génération".
- "Changer de génération" ? -
Mercredi, M. Cazeneuve n'a pas souhaité commenter les soutiens, assurant aux journalistes, sourire aux lèvres, qu'au pot "il n'a été en rien question de ce pour quoi vous êtes venus". Le retour en grâce de la gauche passe par de l"authenticité" et des "idées", a-t-il seulement affirmé.
L'ancien Premier ministre avait pourtant semblé au soir des Européennes vouloir prendre le leadership de la gauche en appelant sur Twitter à "reconstituer une force de gauche sociale et écologiste qui offre à la France une espérance", face au "danger d'un face-à-face entre LREM et le RN".
Bernard Cazeneuve et Martine Aubry se retrouvent au Sénat, le 17 juillet 2019
AFP
"On a besoin de changer de génération", a relativisé pour sa part Martine Aubry, interrogée mercredi sur cette réunion des anciens chefs. "Pour l'instant on doit trouver des idées, après on trouvera une incarnation, Bernard Cazeneuve ou quelqu'un d'autre", a ajouté la maire de Lille, apparue souriante et détendue, satisfaite de "se retrouver entre socialistes".
Beaucoup ont comme elle estimé qu'il était tout simplement trop tôt pour désigner un chef de file vers 2022, à l'image du député Guillaume Garot, proche de Ségolène Royal: "Il faut d'abord s'armer sur le fond, savoir sur quoi on est d'accord", a confié celui qui plaide pour "une opposition constructive" à Emmanuel Macron.
Dans son discours, François Hollande a estimé que si "le mouvement social-démocrate est la première force au sein de la gauche, alors l'alternative sera possible", et a déconseillé "les appels frénétiques au rassemblement qui ne connaîtront pas de dénouement".
Une probable allusion aux appels d'Olivier Faure, mais aussi un défi aux écologistes (13,5% aux européennes), qui entendent bien poursuivre sur la voie de l'autonomie, se projetant déjà vers 2022.
Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.
Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).
Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone pour Public Sénat et la presse régionale, les courbes se croisent : le leader de La France insoumise gagne deux points et passe devant l'ancien Premier ministre. Au centre, Édouard Philippe, pourtant fragilisé, reste de loin le mieux placé face à Gabriel Attal.
« Ces deux mandats macronistes nous lèguent 1300 milliards d’euros de dette supplémentaire », soit « plus de 400 millions d’euros par jour », a dénoncé la nouvelle présidente du groupe RN/UDR du Sénat, Edwige Diaz. Le premier ministre a pointé en retour l’effort demandé aux collectivités par le Rassemblement national. La sénatrice RN a démenti les chiffres, pourtant bien inscrits dans le contre-budget du RN.