« Jouer avec Schengen, c’est jouer avec le feu » pour l’eurodéputé Marc Tarabella
Covid-19, terrorisme, au fil des crises de plus en plus de pays européens sont tentés de fermer leurs frontières à commencer par la France. Le 29 octobre dernier, après l’attentat perpétré à Nice ; Emmanuel Macron appelait à réformer les règles de libre circulation en vigueur dans l’Union. Dans ici l’Europe, l’eurodéputé belge socialiste, Marc Tarabella le met en garde.

« Jouer avec Schengen, c’est jouer avec le feu » pour l’eurodéputé Marc Tarabella

Covid-19, terrorisme, au fil des crises de plus en plus de pays européens sont tentés de fermer leurs frontières à commencer par la France. Le 29 octobre dernier, après l’attentat perpétré à Nice ; Emmanuel Macron appelait à réformer les règles de libre circulation en vigueur dans l’Union. Dans ici l’Europe, l’eurodéputé belge socialiste, Marc Tarabella le met en garde.
Public Sénat

Par Marie Brémeau

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Quand on lui parle d’une possible réforme de l’espace Schengen, l’ancien ministre belge et eurodéputé depuis 2004 s’emporte. Pour Marc Tarabella la liberté de circulation en Europe est au fondement du pacte européen : « Schengen est un dossier fondamental de la construction européenne. Et il ne convient pas de le remettre en cause globalement car la libre circulation entre les différents pays de l’espace Schengen est une des grandes plus-values de l’UE au fil des années. »

Cet Européen convaincu se souvient d’un temps pas si lointain où se rendre en Pologne, en Grèce ou aux Pays-Bas ressemblait presque à une aventure. « On ne s’en rend pas compte, les jeunes ne s’en rendent pas compte, mais quand on est quinquagénaire comme moi et qu’on a dû patienter à des frontières à chaque fois et montrer ses papiers pour passer d’un pays à l’autre simplement pour aller en vacances ou en revenir, ben c’était quand même une époque pénible. C’est un des grands acquis qui peut être aménagé en fonction des crises que l’on vit, ça, je peux comprendre. Mais de fait, jouer avec Schengen, c’est jouer avec le feu. »

Une réforme des frontières au nom de la lutte contre le terrorisme

Emmanuel Macron, suite aux attentats perpétrés à Nice le 29 octobre dernier par un jeune tunisien rentré illégalement sur le territoire européen via l’Italie, a exprimé sa volonté de réformer en profondeur l’espace Schengen. Et ce pour lutter plus efficacement contre le terrorisme.

Mais Marc Tarabella redoute une nouvelle atteinte à la construction européenne, au risque d’un désenchantement. « Si on s’attaque à Schengen, je ne vois plus ce qu’il restera comme grande plus-value et donc il faut vraiment faire attention et être très prudent. Et là je trouve que le président Macron est assez imprudent ».

Des craintes balayées par les « macronistes », Ilana Cicurel en tête. L’eurodéputée (Renew) française se veut rassurante quant aux intentions du chef de l’Etat : « Réformer Schengen ce n’est certainement pas remettre en cause la mobilité au sein de Schengen mais c’est avoir plus de responsabilité et de solidarité. »

Dans quelques semaines, le chef de l’Etat précisera sa réforme. Emmanuel Macron fera ses propositions en la matière lors du Conseil européen du mois de décembre.

Partager cet article

Dans la même thématique

Limoges Town Hall Partially Destroyed by Fire During Violent Protests
6min

Politique

Incendie de la mairie de Limoges : qu’est-ce que « l’ultragauche », mouvance dont le suspect arrêté serait issu ?

Le parquet de Limoges a annoncé ce mardi l’interpellation d’un suspect dans le cadre de l’incendie de la mairie de Limoges samedi 17 octobre. Cet homme de 34 ans appartiendrait, d’après les autorités, à « l’ultragauche », sans que son rôle éventuel dans l’incendie n'ait été précisé. Mais quelles réalités recouvre ce vocabulaire « d’ultragauche », souvent utilisé par les renseignements et l’antiterrorisme ?

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
3min

Politique

Violences du 17 octobre : Sébastien Lecornu reconnaît les failles du renseignement et promet « un dispositif massif » samedi prochain

Devant les députés ce mercredi, le Premier ministre a reconnu un manque d'anticipation de la part des services de renseignement sur l’ampleur des manifestations du 17 octobre. Il a, en revanche, réfuté toute instrumentalisation des services à des fins politiques contre LFI, ainsi que le laisse entendre des témoignages recueillis par Mediapart.

Le