Le premier gouvernement du quinquennat Macron est dévoilé mercredi après-midi après un report de 24 heures, une équipe que le nouveau président...
Jour J pour un gouvernement de rupture, le premier du quinquennat
Le premier gouvernement du quinquennat Macron est dévoilé mercredi après-midi après un report de 24 heures, une équipe que le nouveau président...
Par Laurence BENHAMOU
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Le premier gouvernement du quinquennat Macron est dévoilé mercredi après-midi après un report de 24 heures, une équipe que le nouveau président veut d’une probité irréprochable, paritaire, ouverte à la société civile et surtout "et de droite et de gauche", une rupture dans la vie politique.
Signe de la primauté donnée à l'éthique, l'annonce de cette équipe d'une quinzaine de ministres a été retardée de 24 heures, afin de vérifier la situation fiscale de chacun et l'absence de conflits d'intérêt.
L'équipe sera dévoilée à 15H00 à l'Elysée. La rencontre entre M. Macron et le président du Conseil européen Donald Tusk, initialement prévue à la mi-journée, est décalée dans la soirée "pour des raisons d'agenda", a indiqué la présidence.
Egalement reporté d'un jour, le Conseil des ministres se tiendra jeudi.
Le contrôle des ministres est réalisé sous la houlette de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), créée après l'affaire Cahuzac, sous le quinquennat de François Hollande.
Cette nouvelle surveillance avait entraîné en septembre 2014 la démission du secrétaire d'Etat Thomas Thévenoud quelques jours après son arrivée au gouvernement, pour cause d'arriérés fiscaux.
Pour éviter toute mauvaise surprise, la présidence Macron demande une vérification avant nomination et exige des déclarations d'intérêt remontant plus loin que les cinq ans prévus par la loi.
L'écologiste Nicolas Hulot à Paris, le 23 mars 2017
AFP
L'Elysée veut aussi réaliser une rupture politique : un gouvernement qui rassemble des responsables venus de la droite et de la gauche, pivot de la doctrine politique d'Emmanuel Macron.
Première étape, lundi Emmanuel Macron a nommé un Premier ministre venu du parti Les Républicains, Edouard Philippe, ce qui a eu pour effet immédiat de semer la zizanie à droite sur le soutien ou non à ce gouvernement inclassable.
Objectif en vue des législatives des 11 et 18 juin : obtenir au Parlement "une large majorité présidentielle, base de l'action du futur gouvernement" et "marginaliser les oppositions des anciens partis de gouvernement en dessinant un arc de soutien allant des "progressistes" de l'ancien PS au centre droite", considère le politologue Olivier Ihl.
Nathalie Kosciusko-Morizet arrive pour la cérémonie d'investiture d'Emmanuel Macron le 14 mai 2017 à l'Élysée
AFP
Depuis lundi, 120 élus de la droite et du centre ont signé un appel à "répondre à la main tendue" par le nouveau président. "Une gifle" pour les candidats LR, selon le député Eric Ciotti.
Parmi eux, des figures de la droite modérée comme Thierry Solère, Benoist Apparu ou Nathalie Kosciusko-Morizet, le centriste Jean-Louis Borloo, ainsi qu'un grand nombre d'élus qui avaient parrainé NKM pour la primaire de la droite fin 2016.
- 'Il faut choisir' -
En riposte, sous l'égide de François Baroin, Les Républicains ont lancé un contre-appel des 577 candidats de la droite et du centre aux législatives à défendre leurs "convictions" et à gagner ces élections pour imposer une cohabitation.
"Il faut choisir: c'est soit le gouvernement, soit LR", a tranché Laurent Wauquiez, vice-président de LR.
Des socialistes ralliés dès la première heure à M. Macron pourraient entrer au gouvernement, comme le maire de Lyon Gérard Collomb. Le nom de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense de François Hollande, circule également.
François Bayrou, chef de file du MoDem, dont l'appui a été précieux pour l'élection de M. Macron, est également sur les rangs.
Marielle de Sarnez et François Bayrou du MoDem à Paris, le 14 mai 2017
POOL/AFP
M. Macron a par ailleurs promis une ouverture aux représentants de la société civile. Il chercherait à convaincre Nicolas Hulot, figure respectée de l'écologie, d'accepter un "ministère de la Transition écologique". Mais "le risque, c'est que ce soit un trophée". "En matière d'écologie, il y a les discours et les actes", a averti l'écologiste Cécile Duflot.
Et les femmes? S'il a promis la parité, Emmanuel Macron a mené campagne avec un premier cercle très masculin. Il pourrait choisir de propulser de jeunes espoirs issus du monde de l'entreprise, comme Astrid Panosyan, passée par la direction d'un groupe immobilier.
Le chef de l'Etat a entamé son quinquennat en se rendant lundi à Berlin pour rencontrer la chancelière Angela Merkel, qui s'est montrée ouverte à son idée de changement des traités européens pour réformer l'Europe.
Dans un proche avenir, l'agenda présidentiel prévoit une visite de M. Macron auprès des troupes françaises au Mali, probablement vendredi, un déjeuner le 25 mai avec le président américain Donald Trump en marge du sommet de l'Otan à Bruxelles, avant le sommet du G7 en Sicile les 26 et 27.
Les sénateurs ont rendu public, ce mercredi, leurs propositions pour harmoniser les tarifs et conditions d’achats des billets sur le réseau de trains, alors que les opérateurs sont toujours plus nombreux avec l’ouverture à la concurrence. Des propositions que les rapporteurs ont bon espoir de voir reprises par les députés dans le projet de loi-cadre.
Dans un rapport publié ce jeudi 25 juin, Amnesty International dresse un panorama inédit des mouvements dits « anti-genre », de leurs financements, de leurs réseaux et de leurs stratégies d’influence. L’ONG décrit un mouvement transnational structuré qui cible « les droits des femmes et des personnes LGBTI+ », et dont la France constitue désormais l’un des principaux points d’ancrage en Europe.
Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a présenté mercredi en Conseil des ministres son projet de loi visant à augmenter l’offre de logements. Une de ses mesures qui consiste à remettre sur le marché des passoires thermiques, semble aller à rebours de l’actualité. « Il vaut mieux être chez soi sous un toit ou dans la rue ? », a répondu le ministre.
Fidèle soutien du chef de l’Etat, le sénateur François Patriat quittera le Sénat en septembre, après 37 années de vie parlementaire, dont 18 comme sénateur. Au micro de Public Sénat, il revient sur une décision « difficile ». « La maison va me manquer », a-t-il expliqué.