Journées parlementaires : les communistes mettent en avant leur « sérieux » pour ne pas tomber « dans le piège du buzz »

Journées parlementaires : les communistes mettent en avant leur « sérieux » pour ne pas tomber « dans le piège du buzz »

Dans la nouvelle configuration du Parlement, députés et sénateurs communistes comptent bien faire entendre leurs voix, et mieux, trouver une majorité pour voter leurs propositions, quitte à chercher des alliés de circonstances. Aux journées parlementaires des deux groupes, Fabien Roussel est revenu sur les récentes frictions avec ses partenaires de la Nupes.
Simon Barbarit

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A quelques jours de l’ouverture de la session, députés et sénateurs PCF organisent jeudi 15 et vendredi 16 septembre, leurs journées parlementaires à Moulins dans l’Allier. Et dans cette configuration politique inédite à l’Assemblée, les élus sont persuadés qu’ils ont une carte à jouer. Mais à condition « de ne pas se limiter à une fonction tribunitienne. Ne pas se laisser prendre dans le piège du buzz ». Le patron du groupe communiste de l’Assemblée, André Chassaigne a prodigué ce conseil à destination de ses alliés Insoumis avec qui il assure néanmoins « que la cohabitation ne se passe pas trop mal ».

« J’ai simplement défendu le droit au travail »

L’entente dans l’alliance de gauche n’a pourtant pas sauté aux yeux ces derniers jours. La défense « de la gauche du travail, et pas celle des allocs », prônée par Fabien Roussel a passablement irrité les cadres LFI, ainsi que Sandrine Rousseau qui estime que « le travail est une valeur de droite » et prône « le droit à la paresse ». « Certains ont voulu en faire un objet de polémique alors que j’ai simplement défendu le droit au travail. Tout comme François Ruffin écrit dans son dernier livre : que du parti des salariés, nous sommes passés à celui des assistés », répond l’intéressé.

L’ancien journaliste semble lui se complaire dans la fonction tribunitienne, oserons-nous dire dans « le piège du buzz » ? Parmi les combats que compte mener son groupe composé de 10 parlementaires d’Outre-mer, il cite logiquement la défense de ces territoires. « Le gouvernement a un comportement et un esprit colonial. On va encore dire que je force le trait mais il n’y a que comme ça qu’on est entendu. Nous devons être à l’écoute de nos collègues d’Outre-mer qui demandent plus d’autonomie, qui veulent aller vers une démarche d’autodétermination » plaide-t-il.

Face à l’augmentation sans précédent des prix de l’énergie, le député du Nord a également appelé les maires et les présidents des collectivités à ne « pas payer leur facture ». Là encore, pas vraiment en phase avec « l’image de législateur sérieux et efficace » dont s’enorgueillit André Chassaigne. « Ça, c’est un acte militant. Il appartient aux élus de s’en saisir ou pas. Nous, nous demandons à ce que les tarifs réglementés (de l’énergie) puissent être appliqués aux collectivités territoriales. C’est ce type d’amendement que nous déposerons », explique la sénatrice Cécile Cukierman.

« On voit que ce sont des sujets qui cheminent dans les consciences d’autres forces politiques »

Car dans la nouvelle configuration du Parlement, privé de majorité absolue, les communistes comptent bien faire entendre leurs voix, et mieux, trouver une majorité pour voter leurs propositions. Les regards se tournent alors vers le Sénat et la présidente du groupe communiste, Éliane Assassi. La sénatrice de Seine-Saint-Denis est à l’origine, d’une commission d’enquête sur les cabinets de conseil. Elle a donné lieu à un rapport voté à l’unanimité des groupes et à une proposition de loi pour mieux encadrer leur recours par les gouvernements. Le texte sera examiné le mois prochain. « On a ouvert la voie avec un certain nombre de sujets, comme les cabinets de conseil. Humblement, j’ai réussi à trouver avec la droite sénatoriale des points de convergence pour arriver à une proposition de loi transpartisane », rappelle l’élue.

Éliane Assassi compte réitérer l’exercice du compromis lors de l’examen du prochain budget en revenant à la charge sur la taxe sur les superprofits. « J’avais posé la question à Élisabeth Borne en juillet et elle avait été réfractaire. Et on voit que ce sont des sujets qui cheminent dans les consciences d’autres forces politiques et chez nos concitoyens. Donc, on ne lâche pas l’affaire ».

« Nous n’avons pas peur de mettre les pieds dans le plat sur certains sujets »

Suffisamment pour faire exister les communistes au sein de la Nupes ? « Mais nous n’avons pas de problème existentiel, nous avons des idées originales qui s’appuient sur notre connaissance du terrain. Nous apportons un éclairage différent que certains de nos collègues à gauche. C’est pour ça que nous n’avons pas peur de mettre les pieds dans le plat sur certains sujets », répond Fabien Roussel.

Les élus communistes estiment se distinguer « par leur colonne vertébrale en rapport avec les forces sociales ». « Nous sommes toujours en audition, avec des associations, des politiques, des syndicats… pour porter leurs voix dans l’hémicycle », insiste la cheffe des communistes du Sénat.

Réforme des retraites, assurance chômage, pouvoir d’achat… Les chevaux de bataille ne manquent pas pour les communistes en cette rentrée parlementaire. Éliane Assassi était d’ailleurs un peu déçue que le débat de la matinée sur la nouvelle configuration politique du Parlement n’aborde pas suffisamment le rôle des commissions mixte paritaire (composée de 7 sénateurs et 7 députés, les CMP tentent de s’accorder sur un texte commun entre l’Assemblée et les Sénat. Ndlr) « Comment faire pour que nos amendements soient inscrits dans le texte final ? Peut-être doit-on apprendre à s’élargir à d’autres », souligne-t-elle.

 

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