Les journées parlementaires des députés et sénateurs Renaissance se font à l’aune de « la nouvelle méthode » prônée par Emmanuel Macron. « Notre responsabilité, c’est de faire vivre ce dialogue et de réussir à aller chercher des compromis », soutient Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale. Mais le budget s’annonce difficile et « le gouvernement aura recours sans doute à plusieurs reprises au 49.3 », prédit François Patriat, patron des sénateurs macronistes.
Journées parlementaires Renaissance : « Nous avons vécu le passé simple. Nous allons connaître le futur difficile », lance François Patriat
Les journées parlementaires des députés et sénateurs Renaissance se font à l’aune de « la nouvelle méthode » prônée par Emmanuel Macron. « Notre responsabilité, c’est de faire vivre ce dialogue et de réussir à aller chercher des compromis », soutient Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale. Mais le budget s’annonce difficile et « le gouvernement aura recours sans doute à plusieurs reprises au 49.3 », prédit François Patriat, patron des sénateurs macronistes.
Il y a moins de trois mois, le ciel tombait sur la tête des députés LREM, rebaptisé Renaissance. La majorité présidentielle perdait la majorité absolue au soir du second tour des législatives, malgré les alliés du Modem et d’Horizons. Emmanuel Macron promettait une nouvelle méthode pendant la campagne. Il ne croyait pas que le résultat sorti des urnes allait lui imposer si vite de la mettre en pratique.
Après un été qui a vu les projets de loi sur le pouvoir d’achat adoptés, à coups de compromis avec l’opposition, surtout de droite, les parlementaires Renaissance se retrouvent ce mardi et mercredi pour leurs journées parlementaires de rentrée, à Louan-Villegruis-Fontaine, en Seine-et-Marne, au plein milieu de la forêt.
Les temps ont changé pour les parlementaires de la majorité. Ils se retrouvent au défi de faire vivre « la nouvelle méthode » d’Emmanuel Macron. « Nous avons vécu le passé simple. Nous allons connaître le futur difficile. Nous avions une majorité confortable, […] maintenant, dans le futur composé, nous allons devoir passer des compromis », rappelle avec ses mots François Patriat, président du groupe RDPI (Renaissance) du Sénat (voir la vidéo. Images d’Elsa Mondin-Gava et de Steven Martin/LCP-AN). Pour compliquer les choses, le patron des sénateurs macronistes reconnaît qu’il a « rarement vu, dans sa vie politique », un tel « contexte : « Guerre, crise de l’énergie, crise écologique, manque de matières premières ». Bref, « le décor est difficile ». C’est pourquoi « il faudra être à la fois lucide, courageux, ambitieux et unis ».
« Plus d’anticipation, plus de concertation, des textes plus courts »
Comme cet été, les députés macronistes devront trouver à nouveau des majorités de projet, avec « une capacité à accepter du compromis, donc à faire des bougés », explique son homologue de l’Assemblée nationale, la députée Aurore Bergé.
La majorité présidentielle aura, avec le gouvernement, pour mission de faire vivre cette « nouvelle méthode », avec « plus d’anticipation, plus de concertation, des textes plus courts, plus concentrés, avec des objets uniques, du temps pour les examiner en amont », explique à la tribune Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale. « Notre responsabilité, c’est de faire vivre ce dialogue et de réussir à aller chercher des compromis », dit la députée des Yvelines, qui insiste :
Notre défi c’est d’être de ceux-là. Ceux qui font vivre le dialogue, ceux qui font vivre la concertation.
Pour y parvenir, il faudra être « ouvert, tourné vers les autres et essayer de trouver avec l’opposition des voies de passage à l’Assemblée nationale et au Sénat », soutient le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Franck Riester, dont la formation Agir se fond dans le nouveau mouvement Renaissance.
« On trouve sa place en étant très présent politiquement et pas que techniquement »
Dans cette impérieuse nécessité à trouver des « voies de passage » avec l’opposition, quelle place reste-t-il aux parlementaires Renaissance ? Pas évident de la trouver dans ce contexte pour le moins incertain. « On trouve sa place en étant très présent politiquement et pas que techniquement », répond un ministre. Toujours selon ce membre du gouvernement, il « faudra trouver le bon équilibre entre exister, contribuer et être solidaire, solide et présent et en nombre, tout en travaillant en bonne intelligence avec le gouvernement ». Ce ministre décrit « une responsabilité mutuelle. Pour nous, d’être plus à l’écoute des députés que durant le quinquennat précédent. Pour eux, être unis et le faire de façon plus politique et idéologique ». Des députés qui pourraient parfois être un peu moins godillots, que le gouvernement écoutera, mais qui, au moment du vote, ne devront pas manquer à l’appel et à la solidarité au sein de la majorité.
Difficile équilibre. Mais le chemin de crête est praticable, selon le sénateur Xavier Iacovelli, délégué général de Territoire de progrès, aile gauche de la majorité qui se fond aussi dans Renaissance. « Qu’il y ait des débats entre nous, c’est normal. C’est le propre de la démocratie. On n’est pas des Playmobils comme certains voulaient nous présenter », soutient le sénateur des Hauts-de-Seine. Il continue : « Puis c’est le Président et la première ministre qui tranchent. […] Nous devons avoir des débats, faire en sorte d’avoir un intérêt qui est celui des Français et de la transition écologique, et je pense que nous trouverons des accords dans la majorité, et aussi ensuite avec les oppositions ». Regardez :
« La Constitution nous donne des outils pour assurer le vote du budget », rappelle Franck Riester
Les travaux pratiques reprendront début octobre, avec l’ouverture de la session. « Le premier sujet sera la question de l’emploi. C’est pour ça que j’ai voulu qu’on ouvre la session par […] la question de l’assurance chômage », soutient Aurore Bergé. Et bien sûr, arrivera très vite l’épineuse question du budget. « On abordera ensuite la séquence budgétaire avec la même détermination, c’est-à-dire faire en sorte que ces textes aboutissent », avance la présidente du groupe Renaissance, qui appelle les oppositions à « accepter le dialogue ». « Bruno Le Maire et Gabriel Attal ont annoncé le dialogue de Bercy. C’est une première. On n’a jamais vu cette méthode. C’est donner les mêmes outils et informations aux groupes majoritaires et d’opposition. J’espère qu’ils accepteront cette main tendue », lance Aurore Bergé. Mais les oppositions ont déjà prévenu qu’ils n’entendent pas voter le prochain projet de loi de finances… Il faut dire que son vote définit traditionnellement l’appartenance à la majorité.
Restera une arme au gouvernement : l’usage du 49.3, qui lui permettra de passer en force. Il ne s’en cache pas. « La Constitution nous donne des outils pour assurer le vote du budget », rappelle Franck Riester. Sous couvert d’anonymat, un membre du gouvernement se fait encore plus clair : « S’il faut recourir à une arme constitutionnelle, qu’est le 49.3, on l’utilisera ». « Le budget sera difficile. Le gouvernement aura recours sans doute à plusieurs reprises au 49.3 », prédit François Patriat. A défaut de majorité, il n’y aura de toute façon pas le choix. Le budget du pays doit être adopté. On comprend que dans ce petit jeu où la politique n’est jamais très loin, la majorité entend mettre les oppositions devant leur responsabilité, pour mieux justifier le recours au passage en force, qui n’est jamais très apprécié dans l’opinion.
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.