Justice: Belloubet défend une réforme « globale et concrète », pas le « grand soir »
La garde des Sceaux Nicole Belloubet a défendu lundi devant l'Assemblée nationale une réforme de la justice "globale et concrète"...

Justice: Belloubet défend une réforme « globale et concrète », pas le « grand soir »

La garde des Sceaux Nicole Belloubet a défendu lundi devant l'Assemblée nationale une réforme de la justice "globale et concrète"...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La garde des Sceaux Nicole Belloubet a défendu lundi devant l'Assemblée nationale une réforme de la justice "globale et concrète", "s'adaptant aux besoins du justiciable" et ne cédant pas "au fantasme du grand soir".

"La justice est un mot magnifique, un idéal que chacun porte en soi, (...) c'est aussi une institution", a lancé la ministre à l'ouverture des débats sur son projet de loi.

Pour elle, la justice doit s'adapter aux mutations profondes de la société et notamment s'approprier les nouveaux outils numériques. "C'est le défi qu'il nous faut relever" pour être "à la hauteur de l'attente des justiciables", a-t-elle dit.

Mais la justice doit en même temps "incarner une stabilité, celle de nos valeurs et celle de l’État", a-t-elle ajouté.

Pour cela, elle doit bénéficier "des moyens nécessaires, pour rattraper un retard évident" et "se réformer".

"Mon ambition est simple", a-t-elle souligné. "Je souhaite que les Français se sentent protégés, écoutés, pris en considération par l'ensemble de notre système judiciaire".

La ministre a expliqué avoir pour cela construit une réforme "globale et concrète" en s'appuyant "sur des propositions de terrain" et pas sur des "considérations exclusivement idéologiques".

Rappelant la hausse de 24% du budget de la justice (+1,6 milliard sur le quinquennat), Mme Belloubet a répondu aux critiques du Sénat ou de l'opposition sur le retard budgétaire de la France par rapport à ses voisins: "On peut toujours proposer des chiffres encore plus élevés (...) mais il faut être réaliste (...) dans un contexte budgétaire contraint".

Passant en revue les grands axes de sa réforme, la garde des Sceaux a insisté sur la nécessité de "simplifier les procédures" civiles, en prenant l'exemple du divorce, et de "recentrer le juge" sur son cœur de métier.

Au pénal, "je n'ai pas voulu céder au fantasme du grand soir", a-t-elle lancé, expliquant avoir travaillé de concert avec le ministère de l'Intérieur et les personnels de justice pour "atteindre plus d'efficacité (...) sans sacrifier la garantie des droits".

"Le projet de loi que je vous soumets est à la fois ambitieux (...) car il est systémique" et "modeste (...) car des chantiers devront encore être ouverts" comme celui "de l'aide juridictionnelle", a expliqué la ministre, avant de conclure sur l'idée que la justice "doit être un objet de débat et non de combat".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le