Travel to Marseille by Eric Dupond-Moretti Minister of Justice for the installation ceremony of the new public prosecutor of the Marseille judicial court
Visit to a courtroom of the new judicial court of Aix en Provence on Monday November 20, 2023. Visite d'une salle d'audience du nouveau tribunal judiciaire d'Aix en Provence le lundi 20 novembre 2023//MAGONIPHILIPPE_MAGONI0359/Credit:PHILIPPE MAGONI/SIPA/2311210932

Poursuivi pour prise illégale d’intérêts, Éric Dupond-Moretti relaxé par la Cour de Justice de la République

Éric Dupond-Moretti vient d’être relaxé. La Cour de Justice de la République n’a pas suivi l’accusation qui avait requis un an de prison avec sursis pour « prise illégale d’intérêt. Une condamnation aurait sonné le départ du garde des Sceaux du gouvernement.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Après 10 jours de procès, Éric Dupond-Moretti peut souffler. La décision de la Cour de justice de la République est tombée ce mercredi. Les magistrats n’ont pas suivi les réquisitions du parquet, et ont prononcé la relaxe d’Éric Dupond-Moretti. L’accusation avait pourtant requis un an de prison avec sursis, disant sa « conviction » qu’Éric Dupond-Moretti s’était bien rendu coupable de prise illégale d’intérêts en ouvrant, en tant que ministre, des enquêtes administratives visant quatre magistrats avec qui il avait eu maille à partir lorsqu’il était avocat.

« A défaut de caractérisation de l’élément intentionnel de prise illégale d’intérêt, monsieur Dupond-Moretti doit être relaxé », a indiqué le président de la Cour de justice de la République.

Éric Dupond-Moretti avait fait l’objet d’une série de plaintes déposées par plusieurs syndicats et l’association anticorruption Anticor qui lui reprochaient d’avoir usé de sa fonction pour régler ses comptes avec certains magistrats. Dans une première affaire, le ministre était ciblé pour avoir diligenté une enquête administrative contre trois membres du Parquet national financier (PNF), dont l’ancienne procureure nationale financière, Eliane Houlette, contre lesquels il avait porté plainte pour « atteinte à la vie privée », peu de temps avant d’être nommé au gouvernement. Il avait ensuite retiré sa plainte. Les magistrats avaient fait éplucher les factures téléphoniques de celui qui était encore avocat, à la recherche d’une éventuelle « taupe » ayant tenu informés Nicolas Sarkozy et son conseil Thierry Herzog de leur mise sur écoute dans l’affaire Bettencourt.

Un second dossier concernait les poursuites administratives engagées contre le juge anticorruption Edouard Levrault. Une fois nommé à la Chancellerie, Éric Dupond-Moretti avait diligenté une enquête administrative à l’encontre de ce magistrat. Les deux hommes s’étaient opposés par le passé dans l’affaire Rybolovlev, dans laquelle Éric Dupond-Moretti représentait l’ex-responsable de la police judiciaire de Monaco.

Éric Dupond-Moretti a toujours clamé son innocence. « Mon crime (…) est d’avoir exercé mes fonctions exactement comme l’auraient fait tous mes prédécesseurs dans des circonstances analogues. J’ai suivi les recommandations de mon administration », s’était-il défendu lors d’une audition devant le Sénat en juillet 2021.

La Cour de justice de la République est la seule institution habilitée à juger les membres du gouvernement pour des délits ou crimes commis dans l’exercice de leur fonction. Elle est composée de 15 juges, dont 12 sont des parlementaires (6 députés et 6 sénateurs).

Le ministre sauve donc sa tête. Élisabeth Borne avait écarté en octobre la possibilité qu’Éric Dupond-Moretti reste au gouvernement en cas de condamnation, évoquant une « règle claire » déjà « appliquée », en référence au ministre Alain Griset qui avait démissionné en 2021 après sa condamnation.

Menaces de plainte en diffamation de la part de Marine Le Pen

Mardi soir à la veille de la décision de la Cour de justice de la République, le garde des Sceaux avait fait parler de lui aux questions d’actualité au gouvernement de l’Assemblée nationale en s’en prenant aux députés RN. Il les a appelés à « chasser de vos rangs les gudards, les identitaires, les nazillons, les racistes, les antisémites qui sont en réalité planqués dans vos officines économiques ». Marine Le Pen a indiqué à la sortie de l’hémicycle son intention de porter plainte devant la CJR « pour que le ministre s’explique de ses injures et accessoirement de ses diffamations ».

Éric Dupond-Moretti s’était ensuite présenté devant les sénateurs de la commission des lois pour présenter le budget « historique » de son ministère pour 2024 avec plus de 10 milliards de crédits.

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Le Pen ok
7min

Politique

« Il n’était pas fiable » : le départ du conseiller de Jordan Bardella, François Durvye, de la campagne de Marine Le Pen, rappelle les divergences qui traversent le RN

Le divorce entre François Durvye, conseiller éco de tendance libérale, et Marine Le Pen, en plein débat au Medef, montre que le RN connaît encore des différences de lignes internes sur l’économie. Dans l’entourage de Marine Le Pen, on assure que « Jordan Bardella n’a rien à voir là-dedans. C’est l’ego contrarié d’un haut fonctionnaire. Point ».

Le

Capture d’écran du documentaire « 39-45, les cheminots dans la résistance » de Emmanuel Roblin
3min

Politique

Les « docus de l’été » : Les cheminots français sous le nazisme, de résistants individuels à la paralysie du réseau

Instrument essentiel de la logistique en temps de guerre, les cheminots français ont très tôt mesuré l’utilité du réseau de chemins de fer pour l’ennemi. Dès 1942, et avant toute autre forme de résistance, ils ont agi pour faire dérailler la machine nazie. "39-45, les cheminots dans la résistance", un documentaire de Emmanuel Roblin à voir cet été sur Public Sénat.

Le

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef
7min

Politique

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef

Le premier débat de la présidentielle s’est joué ce 27 août à Paris face aux tribunes de Roland-Garros, entre sept candidats déclarés, sur des thématiques économiques chères à l’organisation patronale. Les dirigeants ou cadres que nous avons rencontrés ressortent mitigés de cet échange. Les deux anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal et Édouard Philippe, ont sans surprise pris l’ascendant face à ce parterre.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : Premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
9min

Politique

Dette, retraites, fiscalité… que retenir du premier débat des candidats à l’élection présidentielle ?

Ce jeudi, sept candidats à la présidentielle ont tenu le premier débat de la campagne, aux journées d’été du Medef. Pendant plus de deux heures, Bruno Retailleau (les Républicains), Edouard Philippe (Horizons), Raphaël Glucksmann (Place publique), Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise), Marine Le Pen (Rassemblement national), Gabriel Attal (Renaissance) et Marine Tondelier (les Ecologistes) ont échangé sur le sujet de la dette publique, des retraites ou encore du coût du travail.

Le