Justice : le Sénat refuse le nouvel échelonnement des peines par palier de Belloubet
La majorité sénatoriale de droite ne souhaite pas échelonner les peines par paliers, comme le propose la ministre de la Justice, et plutôt laisser « plus de liberté aux magistrats ». « Reconnaissons que les peines de moins d’un mois ne servent à rien » répond au contraire Nicole Belloubet.

Justice : le Sénat refuse le nouvel échelonnement des peines par palier de Belloubet

La majorité sénatoriale de droite ne souhaite pas échelonner les peines par paliers, comme le propose la ministre de la Justice, et plutôt laisser « plus de liberté aux magistrats ». « Reconnaissons que les peines de moins d’un mois ne servent à rien » répond au contraire Nicole Belloubet.
Public Sénat

Par F.V.

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les sénateurs ont repris l’examen du projet de loi de réforme de la justice, entamé la semaine dernière. Alors que le gouvernement compte par son projet de loi redéfinir l’échelonnement des peines « par palier », la majorité sénatoriale LR-UDI s’y est opposée.

« Toute infraction mérite une peine » pour la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, qui souhaite « redonner du sens à la peine ». Le gouvernement prévoit l’interdiction de prononcer des peines d’emprisonnement ferme d’une durée inférieure ou égale à un mois, l’obligation d’aménagement des peines comprises entre un et six mois, et pour les peines comprises entre six mois et un an, la possibilité d’aménagement par le tribunal.

Peine alternative par « la détention domiciliaire sous surveillance électronique »

La ministre de la Justice fait le constat d’une « perte d’efficacité, (…) il y a trop de courtes peines d’emprisonnement, avec plus de 90.000 peines de moins de 6 ans d’emprisonnement ferme chaque année (…) dans des établissements surpeuplés ». « L’utilité de ces courtes peines de prison est interrogée car nous savons qu’elles favorisent la récidive » ajoute-t-elle.

Elle entend aussi développer les peines alternatives comme « la détention domiciliaire sous surveillance électronique », soit le bracelet électronique. Il convient aussi d’« éviter les sorties sèches », source aussi de « récidive ».

La commission des lois n’a pas retenu cet échelonnement des peines. « La commission propose un dispositif unique, laissant plus de liberté aux magistrats des tribunaux. Les peines de prison d’une durée inférieure à un an devraient par principe être aménagées par la juridiction de jugement, en prenant en compte la personnalité du condamné et sa situation matérielle, familiale et sociale. Aucun seuil intermédiaire (…) ne serait retenu » explique le sénateur LR François-Noël Buffet, co-rapporteur du texte (voir la première vidéo). « Surtout, il n’y aurait plus de saisine automatique du juge d’application des peines. Seule la juridiction de jugement déciderait en opportunité de recourir ou non à cette procédure » ajoute le sénateur. Pour François-Noël Buffet, il faut « prononcer des peines plus adaptées, sans considération d’effets automatiques ».

« Cessons l’hypocrisie »

« Cessons l’hypocrisie de prononcer des peines d’emprisonnement de moins d’un mois et ne pas les exécuter » a répondu la ministre de la Justice (voir la vidéo). « Reconnaissons que les peines de moins d’un mois ne servent à rien. (…) Il faut trouver d’autres peines qui, elles, auront une exécution et une utilité ».

Belloubet : "Reconnaissons que les peines de moins d’un mois ne servent à rien"
00:45

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le