Karachi: Balladur demande à la justice de constater la prescription
Le volet ministériel de l'affaire Karachi est loin d'avoir trouvé son épilogue: Edouard Balladur va à nouveau demander à la Cour...

Karachi: Balladur demande à la justice de constater la prescription

Le volet ministériel de l'affaire Karachi est loin d'avoir trouvé son épilogue: Edouard Balladur va à nouveau demander à la Cour...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le volet ministériel de l'affaire Karachi est loin d'avoir trouvé son épilogue: Edouard Balladur va à nouveau demander à la Cour de justice de la République de se prononcer sur la prescription des faits dans ce dossier aux multiples ramifications, a appris vendredi l'AFP auprès de son avocat.

En septembre 2016, la Cour de justice de la République (CJR), seule instance habilitée à juger des délits commis par des membres du gouvernement dans l'exercice de leurs fonctions, avait estimé que les faits visant l'ex-Premier ministre n'étaient pas prescrits. Ce dernier s'était pourvu en cassation.

Vendredi, l'assemblée plénière de la Cour de cassation a jugé son pourvoi irrecevable car, à l'époque de l'arrêt de la CJR, Edouard Balladur "n'était pas mis en examen" et n'avait donc pas qualité à agir.

"Notre client n'étant pas poursuivi à cette date, nous n'avions pas pu participer aux débats et la décision de la CJR ne lui est donc pas opposable", a relevé son avocat François Sureau. "Le chemin est désormais libre pour déposer une nouvelle demande à la Cour de justice de la République visant à faire juger que les faits reprochés tombent sous le coup de la prescription", a-t-il ajouté.

Édouard Balladur, 88 ans, a été mis en examen en mai par la CJR, soupçonné d'avoir financé une partie de sa campagne présidentielle de 1995 grâce à des rétrocommissions -illégales- sur des contrats d'armement.

Pour le camp de l'ex-Premier ministre et de son ancien ministre de la Défense François Léotard, également mis en examen, la prescription court à partir de la date à laquelle le Conseil constitutionnel a validé les comptes de campagne d'Edouard Balladur, soit le 12 octobre 1995.

La CJR avait, elle, estimé dans son arrêt de septembre 2016 que la prescription a commencé à courir plus de dix ans plus tard, le 21 septembre 2006, lorsque "le rapport +Nautilus+ est parvenu à la connaissance du procureur de la République".

Dans ce rapport, un ex-membre des services de renseignement estimait que l'attentat de Karachi du 8 mai 2002 (15 morts, dont 11 ouvriers français de la Direction des constructions navales) avait été décidé en rétorsion à la décision de Jacques Chirac de cesser le versement de commissions à des responsables pakistanais sur des contrats d'armement. Cette note évoquait des rétrocommissions pour financer la campagne de l'ancien Premier ministre.

Cette nouvelle offensive d'Edouard Balladur risque de retarder encore la procédure ouverte à la CJR il y a plus de trois ans. "Nous sommes sur des arguties procédurales qui ont comme unique but d'empêcher la justice de passer", a déploré Marie Dosé, avocate de deux veuves et de cinq familles de blessés.

Dans le volet non ministériel, la Cour de cassation a confirmé cet été le renvoi devant le tribunal correctionnel de six personnes, dont Thierry Gaubert alors membre du cabinet de Nicolas Sarkozy, et Nicolas Bazire, ex-directeur de campagne d'Édouard Balladur, aujourd'hui dirigeant du groupe de luxe LVMH.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le

Nationwide protests over cost of living – Dijon
6min

Politique

Mouvement lycéen : Un « semi mea culpa » du gouvernement sur la gestion de la crise

Interviewé ce mercredi sur la chaîne YouTube Hugo Décrypte, Emmanuel Macron s’est dit « dans le soutien et la compassion » des élèves blessés lors des manifestations et blocus. De son côté, ce jeudi, Edouard Geffray, ministre de l’Education, reconnaît que le gouvernement aurait « dû être plus rapide » dans sa gestion de la crise. A l’approche de la rentrée scolaire, la communication du gouvernement semble vouloir donner des signes d’apaisement.

Le

FRA – ASSEMBLEE – 4 COLONNES
8min

Politique

Après la proposition de primaire de Gabriel Attal, rejetée par le camp Philippe et Retailleau, le blocage perdure

En proposant une « grande primaire des démocrates », Gabriel Attal ne fait qu’un « exercice de communication » pour avoir un « prétexte » pour se maintenir, dénonce-t-on dans l’équipe de campagne d’Edouard Philippe. « Ce ne sont pas les ego qui doivent parler mais bien le sens de la responsabilité », soutient la députée Prisca Thévenot, proche du candidat Renaissance.

Le