Karima Delli : l’avortement dans les droits européens est un « paravent » à l’élection de l’anti IVG Roberta Metsola 
Emmanuel Macron a présenté mercredi au Parlement européen la feuille de route pour la présidence française du Conseil de l’Union européenne pour les six mois à venir. Des échanges avec les parlementaires européens qui ont duré trois heures, mais l’eurodéputée verte Karima Delli regrette un rendez-vous manqué.

Karima Delli : l’avortement dans les droits européens est un « paravent » à l’élection de l’anti IVG Roberta Metsola 

Emmanuel Macron a présenté mercredi au Parlement européen la feuille de route pour la présidence française du Conseil de l’Union européenne pour les six mois à venir. Des échanges avec les parlementaires européens qui ont duré trois heures, mais l’eurodéputée verte Karima Delli regrette un rendez-vous manqué.
Public Sénat

Par Marie Brémeau

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Etat de droit, défense de l’avortement, ou encore prévention des conflits aux frontières de l’Union, pour le président Emmanuel Macron le rendez-vous devant les députés européens le mercredi 19 janvier dernier devait sonner le coup d’envoi d’une présidence française de l’Union, ambitieuse. Mais pour Karima Delli, le président a loupé l’exercice. Si en 2008, le discours de Nicolas Sarkozy avait avoue-t-elle « marqué les esprits », elle n’a pas « vibré » en entendant Emmanuel Macron : « Le premier discours dans l’hémicycle est un discours où on doit absolument annoncer des choses fortes mais aussi des choses nouvelles. »

La présidente de la commission transports qui espérait une feuille de route très concrète déclare n’avoir « rien appris de nouveau, à part des mesures gadgets ». A commencer par le droit à l’avortement et la protection de l’environnement qu’Emmanuel Macron souhaite voir inscrits dans la charte des droits fondamentaux : « Ça fait plus de dix ans que je suis au Parlement européen nous savons que pour changer la charte des droits fondamentaux il faut l’unanimité des pays, et ça va prendre des années et des années ! » tant les divergences sont profondes au sein des 27, notamment entre Paris et les pays de l’Est comme la Pologne ou la Hongrie. Une promesse en forme de « paravent » attaque même la députée après l’élection de la nouvelle présidente du Parlement européen la maltaise Roberta Metsola, aux positions anti IVG revendiquées.

Taxe carbone et protection des travailleurs des plateformes au programme

Un constat jugé sévère pour celui qui prépare depuis des mois cette séquence européenne. Le secrétaire d’Etat chargé des affaires européennes défend lui des objectifs ambitieux pour l’Europe, portés par la France : « J’attends des avancées concrètes sur l’ambition climatique, la taxe carbone aux frontières. Je crois que ça réunit beaucoup de sensibilités politiques et que ce serait possible d’avoir un accord politique pour ce semestre. »

L’autre dossier que Clément Beaune souhaite voir aboutir dans les mois à venir concerne les droits des travailleurs des plateformes numériques comme Uber ou Deliveroo. « On partage cette ambition de leur donner un socle de droits sociaux. C’est très important après la crise. Ce sont tous ceux qui livrent, qui travaillent à vélo dans nos centres-villes. Et c’est l’Europe qui peut leur apporter cette protection, avec des règles à son échelle. » Un sommet social se tiendra d’ailleurs à Bruxelles le 23 mars prochain.

Revoir l’émission dans son intégralité en replay : www.publicsenat.fr/emission/ici-l-europe

Partager cet article

Dans la même thématique

Karima Delli : l’avortement dans les droits européens est un « paravent » à l’élection de l’anti IVG Roberta Metsola 
7min

Politique

Présidentielle 2027 : pourquoi l’élection française inquiète déjà les Européens

À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).

Le

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le