L’affaire Benalla agite l’Assemblée nationale, débats interrompus temporairement
L'affaire Alexandre Benalla, un collaborateur de l’Élysée montré frappant un manifestant dans une vidéo tournée le 1er mai,...

L’affaire Benalla agite l’Assemblée nationale, débats interrompus temporairement

L'affaire Alexandre Benalla, un collaborateur de l’Élysée montré frappant un manifestant dans une vidéo tournée le 1er mai,...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L'affaire Alexandre Benalla, un collaborateur de l’Élysée montré frappant un manifestant dans une vidéo tournée le 1er mai, agitait jeudi l'Assemblée nationale, faisant déraper l'examen du projet de révision constitutionnelle.

Après une première interpellation de la ministre de la Justice Nicole Belloubet en matinée, des députés de plusieurs bords sont montés au créneau à la reprise des débats dans l'après-midi, enchaînant les "rappels au règlement" pendant plus de deux heures.

"Qu'est-ce qui a justifié que sa hiérarchie, au premier rang le président de la République, a décidé de cacher cette affaire à la justice ?", a demandé le patron des LR Christian Jacob. "Ou alors un procureur a été informé, mais on ne le sait pas", a-t-il ajouté, plaidant qu'"il faut absolument que la lumière soit faite" et qu'"il faudra (..) que le président de la République s'explique".

Pour Éric Coquerel (LFI), "au moins deux personnes connaissaient l'affaire, le directeur de cabinet de M. Macron et M. Macron", et s'ils n'ont pas dénoncé les faits à la justice, cela "paraît une infraction à la loi des plus hautes autorités de l’État". "Ne laissez pas cette affaire pourrir", a lancé Jean-Luc Mélenchon.

Plus tard, le leader Insoumis a affirmé avoir reconnu aux côtés de M. Benalla, sur la vidéo, "l'homme qui (lui) a donné l'ordre de (se) retirer" d'une "marche blanche" fin mars contre l'antisémitisme. "Est-ce qu'à côté des services de sécurité de l’État, qui n'ont jamais été défaillants, un groupe privé s'est auto-attribué le rôle de protection du chef de l’État et d'infiltration des manifestations?", a-t-il interrogé.

Avce l'affaire Benalla, "on est dans un véritable scandale d’État", a dénoncé Sébastien Jumel (PCF).

Parmi d'autres socialistes, Luc Carvounas a affirmé: "Nos compatriotes veulent des réponses", jugeant que "les réponses apportées par l’Élysée se contredisent". "Le ministre de l'Intérieur doit venir devant la représentation nationale", a-t-il réclamé après d'autres.

Coprésident des UDI-Agir-Indépendants, Jean-Christophe Lagarde a jugé que M. Benalla "n'a rien à faire à l’Élysée" et qu'"un véritable Parlement a la possibilité de convoquer un ministre", mais "tant que nous n'aurons pas de Parlement qui équilibre les pouvoirs de l'exécutif, ce genre de choses peut se produire".

La ministre a répondu qu'elle ne "souhait(ait) absolument pas commenter davantage une affaire dont le parquet s'est saisi", "s'il en était autrement, vous me le reprocheriez".

"La République exemplaire en prend un coup" et "la sérénité ne peut être au rendez-vous" pour les débats constitutionnels, a glissé Patrick Hetzel (LR).

Après une longue suspension de séance, le président de l'Assemblée François de Rugy (LREM) a souhaité "que le gouvernement puisse (...) s'exprimer".

Alors que Guillaume Garot (PS) suggérait de ne pas reprendre les débats avant d'avoir entendu un autre représentant du gouvernement que Mme Belloubet, le patron des députés LREM Richard Ferrand a déclaré n'avoir "pas l'impression qu'à ce stade il soit raisonnable de penser (...) qu'il y aurait une volonté d'étouffer quoi que ce soit".

Pour l'opposition, "il s'agit de se saisir d'une situation pour lui donner une dimension plus politique", a-t-il estimé, sous des protestations.

Partager cet article

Dans la même thématique

L’affaire Benalla agite l’Assemblée nationale, débats interrompus temporairement
4min

Politique

Canicule : Patrick Kanner réclame un « plan Marshall » et annonce une mission flash du Sénat

Alors que le gouvernement réunit jeudi une cellule interministérielle de crise à Marseille face à un nouvel épisode de fortes chaleurs, le président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner, appelle à une réponse politique de plus grande ampleur. Invité au micro de Public Sénat, il salue l’organisation prochaine d’un débat parlementaire tout en annonçant le lancement d’une mission flash sénatoriale dès le mois de juillet afin d’évaluer la préparation de l’État face aux conséquences du changement climatique.

Le

L’affaire Benalla agite l’Assemblée nationale, débats interrompus temporairement
3min

Politique

Violences sexuelles sur les enfants : le gouvernement propose la perpétuité en cas de viols en série et réduit les délais d’enquête 

Après plusieurs faits divers ayant mis en lumière de graves erreurs dans le traitement des plaintes de mineurs agressés sexuellement, le gouvernement a modifié sa copie pour y inclure de nouvelles mesures. Notamment, la perpétuité pour des viols en série, la réduction des délais d’enquête ou supprimer certaines remises en liberté automatique.

Le

Voters Cast Ballots at Kaméré Polling Station During New Caledonia Provincial Elections
5min

Politique

Présidentielle 2027 : pourquoi les dates du scrutin font déjà polémique ?

À près d’un an du scrutin, ce n’est ni un programme ni un candidat qui fait débat, mais… le calendrier. Le Conseil des ministres a arrêté les dates de l’élection présidentielle de 2027, le premier tour se tiendra le dimanche 18 avril et le second le dimanche 2 mai. Un choix conforme aux exigences constitutionnelles, mais qui soulève déjà de nombreuses interrogations.

Le