L'affaire Benalla a vu resurgir l'idée d'une refonte de la préfecture de police (PP) de Paris, institution parfois qualifiée d'"exception" voire...
L’affaire Benalla fait resurgir l’idée d’une refonte de la préfecture de police de Paris
L'affaire Benalla a vu resurgir l'idée d'une refonte de la préfecture de police (PP) de Paris, institution parfois qualifiée d'"exception" voire...
Par Katell PRIGENT
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
L'affaire Benalla a vu resurgir l'idée d'une refonte de la préfecture de police (PP) de Paris, institution parfois qualifiée d'"exception" voire de "forteresse imprenable", un projet régulièrement évoqué par la classe politique mais jamais mis en oeuvre.
Lors des auditions devant les commissions d'enquête parlementaires mises en place après la révélation de cette retentissante affaire, le fonctionnement de la PP, dirigée par Michel Delpuech, a été sévèrement mis en cause et certains se sont interrogés, à l'instar de la députée LREM Alice Thourot, sur l'opportunité de "repenser" son organisation.
"Le problème de la préfecture de police est historique", a expliqué à la presse Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du Syndicat majoritaire des cadres de la Sécurité Intérieure (SCSI) à l'issue d'un entretien mardi avec le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, pour "rassurer" les policiers après l'affaire Benalla.
Parallèlement à la police nationale, la PP a depuis toujours sa propre police judiciaire, sa brigade d'intervention, sa direction de l'ordre public, son infirmerie psychiatrique ou encore son service de renseignement.
"C'est une organisation assez lourde, en tuyaux d'orgue: des services qui sont les uns à côté des autres avec un poids hiérarchique très important de certains directeurs de la préfecture de police", selon M. Bailleul.
Créée en 1800, la PP -- 43.800 personnes dont 27.500 policiers et 8.400 sapeurs-pompiers -- se qualifie elle-même d'"administration unique en France".
"Comment se fait-il que partout en France, il y ait des directions zonales de la Police aux frontières (PAF) qui traitent majoritairement des migrants et que la seule exception en France, c'est la PP ? Il n'y a pas de direction zonale de la Police de l'air et des frontières, c'est la direction de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP) qui s'en occupe. Pourquoi cette spécificité, pourquoi cette exception ?", a interrogé Jean-Marc Bailleul.
- "Un Etat dans l'Etat" -
Le syndicaliste n'est ni le premier, ni le seul à s'interroger sur la "spécificité" de la PP.
En 2011, dans un livre-programme ("11 propositions chocs pour rétablir la sécurité"), le socialiste Jean-Jacques Urvoas, avant de devenir Garde des Sceaux, proposait même "l'abolition" de cette "hérésie juridique".
Selon le secrétaire général du Syndicat majoritaire des cadres de la Sécurité Intérieure (SCSI) Jean-Marc Bailleul, le problème de la préfecture de police de Paris est "historique"
AFP/Archives
En février 2017, le sénateur Philippe Dominati (LR) préconisait dans un rapport intitulé "La préfecture de police de Paris: qui trop embrasse mal étreint ?", de transférer certaines compétences du préfet de police notamment en matière de police judiciaire et de renseignement afin de "recentrer la préfecture de police sur son cœur de métier".
"Bizarrement à chaque fois qu'ils arrivent au pouvoir, ils ne réforment jamais", souligne Jean-Marc Bailleul pour qui "il peut y avoir une spécificité préfecture de police mais il faut clarifier les rôles de chacun".
"La PP, Etat dans l'Etat, a été créée par Bonaparte qui face au tout puissant ministre de la police nationale Fouchet voulait un contre-pouvoir", rappelle à l'AFP l'historien Jean-Marc Berlière. "Depuis, jamais les pouvoirs successifs ne réussiront ou désireront y mettre fin", ajoute-t-il.
"Aucun ministre de l'Intérieur n'a réussi à ce que la PP ne soit pas cet Etat dans l'Etat", selon l'historien. "C'est tellement vrai que devenir préfet de police de Paris est le bâton de maréchal dans la police".
Galaxie des personnes présumées impliquées dans l'affaire Benalla, du nom de l'ex-collaborateur de l'Elysée qui a frappé un manifestant lors du 1er mai
AFP
Il cite notamment en exemple Michel Gaudin qui, après avoir été directeur général de la police nationale, a pris le poste de préfet de police de Paris (2007-2012). "J'ai eu des coups de fils d'Anglais qui ne comprenaient pas en quoi il était plus prestigieux de devenir préfet d'une zone plutôt que de diriger la police nationale", s'amuse-t-il.
Fondre la préfecture de police dans la police nationale semble compliqué: "Cela peut être pratique pour le pouvoir d'avoir une préfecture et un préfet qui peut servir de fusible supplémentaire", glisse une source policière.
"Cela fait trente ans que je travaille dans la police et cela fait trente ans que j'entends parler de la réforme de la préfecture de police. C'est une forteresse imprenable", résume un fonctionnaire.
Ces huit dernières années, les prix des logements dans l’UE ont enregistré une hausse de 48 % en moyenne, tandis que les loyers ont augmenté de 18 %. Un ménage sur 10 est forcé de consacrer 40 % de ses revenus à son habitation, un niveau considéré comme critique. Des chiffres qui font trembler les murs de la maison européenne. Face à cette crise, dont les causes sont multiples, l'Europe a choisi de réagir. Si le logement relève essentiellement de la compétence des États, la Commission et le Parlement s’emparent désormais du sujet. Quelles mesures sont envisagées à l'échelle du continent ? Éléments de réponse dans Ici l'Europe, avec les eurodéputés Dirk Gotink (Pays-Bas, PPE), Dario Nardella (Italie, S&D) et Nicolae Stefanuta (Roumanie, Verts).
Que votre bureau de vote ferme ses portes à 18 heures ou 20 heures, vous ne pourrez connaître le nom de votre maire qu’à partir de 20 heures. Retour sur l’article L52-2 du code électoral visant à protéger les électeurs de toute influence extérieure sur leur vote.
Entre les records de longévité de certains élus, des duels au sein d'une même famille et une "septangulaire" historique dans l'Hérault, le premier tour des municipales 2026 a offert son lot de situations marquantes, et parfois décalées.
Faut-il se méfier des sondages pour les municipales ? Durant la campagne, la question s’est posée après la publication de deux sondages Odoxa et Ifop sur Nantes, totalement contradictoires. « C’est probablement la méthodologie qui a été choisie qui explique les écarts importants », explique Gaël Sliman, président et cofondateur d’Odoxa. « Les enquêtes par téléphone ne sont pas les plus efficaces ou faciles, et beaucoup sont réalisées par téléphone » dans les villes moyennes, ajoute Jean-Daniel Levy, directeur délégué de Harris Interactive. Plongée dans la fabrique des sondages.