L’allongement du délai d’IVG à l’agenda du Sénat : Robin Réda dénonce « une grossière manœuvre politique »
Le gouvernement a fait volte-face, en choisissant d’inscrire à l’agenda du Palais du Luxembourg la proposition de loi visant à faire passer le délai légal d’IVG de 14 à 16 semaines. Pour le député LR Robin Réda, Emmanuel Macron cherche à fracturer la droite avant la présidentielle autour d’un sujet « qui touche à l’intime ».

L’allongement du délai d’IVG à l’agenda du Sénat : Robin Réda dénonce « une grossière manœuvre politique »

Le gouvernement a fait volte-face, en choisissant d’inscrire à l’agenda du Palais du Luxembourg la proposition de loi visant à faire passer le délai légal d’IVG de 14 à 16 semaines. Pour le député LR Robin Réda, Emmanuel Macron cherche à fracturer la droite avant la présidentielle autour d’un sujet « qui touche à l’intime ».
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

La proposition de loi visant à allonger le délai légal de l’IVG a finalement été inscrite à l’agenda du Sénat par le gouvernement. Un revirement inattendu de la part de l’exécutif, qui se disait plutôt défavorable à ce texte, issu des travées de l’Assemblée nationale où il a été adopté le 30 novembre. Certains commentateurs y voient un coup politique de la part d’Emmanuel Macron qui, à la veille de l’élection présidentielle, enverrait un signal à l’électorat de gauche, tout en cornérisant la droite sénatoriale, opposée à la mesure. « C’est pire qu’un coup politique, c’est une grossière manœuvre politique », a commenté le député LR Robin Reda, qui était invité vendredi de « Parlement Hebdo » sur Public Sénat et LCP « Nous sommes dans une période hautement sensible, un débat électoral national approche, et en dernière vitesse, à la fin de la session parlementaire, on ouvre un débat qui touche à l’intime, à l’éthique, qui touche la société », fustige cet élu.

« À titre intime, je ne suis pas opposé à ce qu’on réfléchisse à cet allongement »

L’arrivée de ce texte à la Chambre Haute pourrait aussi être une conséquence de la désignation de Valérie Pécresse comme candidate des Républicains pour la présidentielle. Les réticences de la droite sur ce sujet risquent de mettre en avant le conservatisme de la famille politique de Valérie Pécresse, pourtant réputée plus libérale que ses quatre concurrents à l’investiture, et qui, au lendemain de sa désignation, a enregistré un très fort bond dans un sondage réalisé par Elabe (20 % des intentions de vote, contre 23% pour Emmanuel Macron). « Valérie Pécresse et la droite républicaine sont très à l’aise sur la loi Veil, qui, rappelons-le, a été votée par la droite et des hommes », balaye Robin Reda. « À titre intime, je ne suis pas opposé à ce qu’on réfléchisse à cet allongement », ajoute-t-il. La proposition de loi vise à faire passer la durée légale pour pouvoir procéder à une interruption volontaire de grossesse de 12 à 14 semaines.

Mais selon notre invité, cette proposition d’allongement masque « deux échecs criants » : « l’échec de la prévention santé auprès des lycéens - l’éducation sexuelle n’est pas bien développée dans nos établissements scolaires -, et, par ailleurs, l’échec du gouvernement sur la désertification médicale. »

Vers une pause des réformes sociétales ?

Interrogé sur les réformes de société que la présidente de l’Île-de-France pourrait porter si elle venait à accéder à l’investiture suprême, Robin Reda se montre plus évasif. Sans évoquer explicitement une pause dans les réformes sociétales, il tient à faire valoir d’autres priorités. « On a un enjeu : réparer les fractures de la société française. Il faut relever le pays économiquement et sur le plan sécuritaire. La priorité c’est protéger les Français », martèle le député de l’Essonne.

Par ailleurs, il estime que l’administration et les services publics ne parviennent pas toujours à suivre le rythme des transformations. « On a eu des réformes sociétales importantes ces dernières années : le mariage pour tous, entré dans les mœurs et que la droite républicaine ne remettra pas en cause, la PMA pour toutes… », énumère-t-il. « On voit que cette dernière a du mal à entrer en vigueur, parce qu’il n’y a pas assez de centres et de donneurs », pointe-t-il. « La France n’a pas les moyens d’appliquer les réformes sociétales pour lesquelles le législateur a fait une avancée. Elles sont quasiment inapplicables par manque de donneurs pour la PMA, de centres pour la PMA, de centres pour l’IVG, de gynécologues dans les départements sous-dotés en médecins », énumère Robin Réda. Et de conclure : « Réparons la France sur le plan de la santé publique. »

Partager cet article

Dans la même thématique

French Prime Minister Sébastien Lecornu Chairs Crisis Cell in Marseille Over Heatwave
6min

Politique

« La chaleur monte encore d’un cran » : la canicule inquiète l’exécutif, entre feux de forêt record et passages aux urgences en hausse

Pour la première fois, le gouvernement a déployé ce vendredi le plan Orsec de lutte contre les catastrophes et accidents pour faire face aux chaleurs extrêmes dans les départements en vigilance rouge canicule. Les températures vont encore grimper ce week-end, renforçant les inquiétudes sur les fronts de l’hôpital et des feux de forêt.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
9min

Politique

Présidentielle 2027 : le PS enterre la primaire ouverte et fragilise Olivier Faure

Après avoir été mis en minorité par les députés socialistes sur la stratégie à adopter lors de la motion de censure déposée par les Écologistes en pleine canicule, Olivier Faure a essuyé un deuxième revers, cette fois devant les militants de son propre parti. En rejetant sa proposition de primaire ouverte, le PS fragilise son premier secrétaire et ouvre une nouvelle phase de la course à la présidentielle. Au centre de toutes les interrogations désormais, la place que choisira d’occuper Raphaël Glucksmann.

Le

Paris: Debat reforme des retraites au Senat
5min

Politique

Sénatoriales : Guillaume Gontard va quitter la présidence du groupe écologiste, après six années passées à sa tête

Après le prochain renouvellement sénatorial du 27 septembre prochain, Guillaume Gontard quittera la présidence du groupe écologiste qu'il occupe depuis 6 ans. L'élu de l'Isère n'est pas renouvelable, mais a décidé de passer la main à la rentrée prochaine. Il se dit fier du travail accompli et « d'avoir pu instaurer une parole écologiste qui compte » au sein de la Haute Assemblée.

Le