L’appel de Grigny : Les maires demandent des mesures concrètes
À l’issue des premiers états généraux de la politique de la ville, ce lundi à Grigny, les maires de villes en charge de quartiers prioritaires et des acteurs de la société civile dressent une liste de « mesures préalables d’urgence. » Excédés par la suppression de crédits à la politique de la ville, au gel des contrats aidés et à la baisse des APL, les maires tirent la sonnette d’alarme. 

L’appel de Grigny : Les maires demandent des mesures concrètes

À l’issue des premiers états généraux de la politique de la ville, ce lundi à Grigny, les maires de villes en charge de quartiers prioritaires et des acteurs de la société civile dressent une liste de « mesures préalables d’urgence. » Excédés par la suppression de crédits à la politique de la ville, au gel des contrats aidés et à la baisse des APL, les maires tirent la sonnette d’alarme. 
Public Sénat

Par Helena Berkaoui

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Le « maintien des emplois aidés », un « fonds d’urgence immédiat doté de 100 millions d’euros » et « la désignation  d’un  ministre de la Ville » figurent parmi les principales mesures réclamées par les élus et les acteurs sociaux réunis à Grigny, ce lundi. Anne Hidalgo, Valérie Pécresse et Jean-Louis Borloo sont venus soutenir les premiers états généraux de la politique de la ville lancés par les associations « Villes de France », « Bleu, Blanc, Zèbre » et « Ville & Banlieue. » Cette manifestation intervient après l’annonce de la suppression de 46,5 millions d’euros alloués à la politique de la ville, le gel des contrats aidés et la baisse des aides personnalisées au logement (APL) de 1,7 milliard.

« On est à deux doigts d'une explosion sociale majeure dans notre pays » alerte le président de l'association Bleu, Blanc, Zèbre, Jean-Philippe Acensi. La situation des mères isolées, l’échec scolaire, la pauvreté (trois fois plus élevée que la moyenne nationale) et le chômage pandémiques sont autant de problématiques que les élus souhaitent mettre en lumière. Les acteurs locaux ont rappelé les maux qui touchent les territoires prioritaires et dénoncé les mesures budgétaires annoncées par le gouvernement. Ils demandent la mise en place d’un plan national de solidarité, établi dans un délai de 3 mois et 10 mesures préalables d’urgence concrètes avant le budget 2018 :

  1. La suspension immédiate de la réduction des contrats aidés, leur maintien et leur renouvellement.
  2. Le rétablissement immédiat des financements de la politique de la ville, réduits arbitrairement et unilatéralement en cours d’année pendant l’été.
  3. Un fonds d’urgence immédiat doté de 100 millions d’euros pour 100 quartiers parmi ceux connaissant les plus grandes difficultés, tout en préservant les 150 millions de la dotation à la politique de la ville (DPV).
  4. Le doublement du budget de la politique de la ville (à 1 milliard d’euros) pour relancer ce droit à l’expérimentation qu’est la politique de la ville, simplifier le soutien à la vie associative (via les dispositifs des collectivités, de l’État et de l’Europe), flécher de manière accentuée les crédits ministériels au sein des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).
  5. Le fléchage, de manière transparente, des moyens de la formation professionnelle (2 milliards d’euros sur les 15 annoncés) pour les rendre utile à la nation et aux QPV. L’objectif est d’axer l’action sur la remobilisation professionnelle, de flécher a) sur les publics les plus éloignés de l’emploi – là où la formation initiale est défaillante, là où le besoin de sécurisation professionnelle est le plus important – b) sur des secteurs qui peuvent être mobilisés comme les métiers du numérique, du sport et de l’aide à la personne, c’est-à-dire des métiers en développement et en devenir
  6. Le rétablissement et le renforcement, dans les territoires les plus fragiles, des effectifs de police et de moyens de justice qui ont été petit à petit retirés.
  7. Un signal politique fort : la désignation d’un Ministre de la Ville ayant rang de Ministre d’État et le poids institutionnel et politique pour notamment : Contraindre l’ensemble des ministères à apporter leurs contributions spécifiques aux quartiers prioritaires. Être en capacité pour mobiliser l’ensemble des forces vives de la nation, régions, départements, agglomérations, communes, chambres consulaires, les partenaires sociaux et les associations.
  8.  La désignation, enfin, d’un Président de l’ANRU qui rendra à l’Agence sa vocation initiale, instance souple en dialogue direct avec les élus et en soutien des projets : suppression des règles précédemment instaurées, complexes et bureaucratisées, imposées à l’Agence. L’Agence doit être  capable de mobiliser et débloquer dès maintenant l’ensemble des financements prévus initialement et obtenir une sanctuarisation de ceux de l’État.
  9.  Le lancement, avec l’aide du Parlement et de l’État, des territoires d’expérimentations de projets et de reconquête républicaine, avec un effort adapté concentré et évalué notamment de l’Éducation nationale, de la Police, de l’emploi, de la culture et du sport.
  10. La création d’une plateforme nationale qualifiée de recensement des solutions et initiatives issues des quartiers, d’un réseau accélérateur de ces solutions avec les régions, d’un fonds de développement et d’essaimage des solutions accélérées de 100 millions d’euros.

 

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