L’Arcep vigilante sur le déploiement de la 4G
Sébastien Soriano, directeur de l’autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep, a été auditionné ce mercredi matin par la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du sénat. Interrogé sur le déploiement de la 4G sur l’ensemble du territoire, il prévoit des retards, mais demande aux opérateurs plus d’efforts.

L’Arcep vigilante sur le déploiement de la 4G

Sébastien Soriano, directeur de l’autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep, a été auditionné ce mercredi matin par la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du sénat. Interrogé sur le déploiement de la 4G sur l’ensemble du territoire, il prévoit des retards, mais demande aux opérateurs plus d’efforts.
Public Sénat

Par Cécile Sixou

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Les opérateurs doivent être au RDV ». Interrogé par les sénateurs de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, Sébastien Soriano, président de l’ARCEP, appellent SFR, Free, Orange et Bouygues à redoubler d’efforts pour déployer la 4G et la fibre optique en France, malgré la crise du coronavirus. « Évidemment on ne pourra pas faire ce qui a été prévu initialement, il y a des contraintes au niveau de chaque maillon tel qu’il était prévu initialement mais les engagements existent juridiquement ». Les opérateurs ont signé en 2018 dans un « New Deal mobile » qui prévoit le déploiement de la 4G partout sur le territoire. D’ici 2022, ils doivent construire 5 000 sites 4G, mais aussi équiper en 4G tous les sites existants qui fonctionnent aujourd’hui en 2G ou 3G.

 

« Soutenir les PME à bras le corps »

 

Des engagements que les opérateurs sont en mesure de tenir pour le président de l’Arcep. Peu impactés économiquement par la crise, ils sont dans une situation « plutôt confortable »  par rapport au reste des entreprises . « L’argent rentre » grâce aux abonnements, mais surtout leurs coûts commerciaux ont été réduits avec la crise « en cette période, les utilisateurs ne changent pas d’opérateur ». Ce n’est donc pas eux qui pourraient provoquer des retards mais leurs sous-traitants beaucoup plus impactés par la crise. Pour Sébastien Soriano, il est impératif de venir en aide économiquement à ce tissu de PME grâce à des avances de trésoreries ou la création d’un fond d’aide, il lance un appel aux opérateurs pour les soutenir « à bras le corps ». «Il est vital qu’on évite d’avoir une reprise lente de déploiement de réseaux qui serait dû au fait qu’on a laissé se démanteler ce tissu de PME qu’on a patiemment construit ».


« Pas de chèque en blanc pour les opérateurs »

 

Il y aura tout de même des retards. Sébastien Soriano en a conscience. « Nous serons à l’écoute des opérateurs pour apprécier d’éventuelles difficultés ». Mais le gendarme des télécoms prévient, il sera très exigeant. « Nous vérifierons que les retards sont proportionnés et justifiés, nous n’accepterons pas n’importe quel retard et n’importe quel motif au prétexte de la crise, je ne vais pas faire un chèque en blanc aux opérateurs ». Quant à donner un calendrier précis, il est encore trop tôt : « on ne sait pas encore à quelle vitesse le tissu de terrain pourra se remettre en branle pour déployer les réseaux mobiles ou fixes, je ne suis pas en mesure aujourd’hui d’apprécier finement quelle sera la durée de ce décalage et nous ne savons pas encore quelles vont être les conditions précises du déconfinement, si il y aura d’éventuelles rechutes, des mesures de reconfinement donc, pour moi ça me paraît prématuré».

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le