L’armée pour sécuriser les JO 2024 ? Gérald Darmanin ne l’écarte pas totalement, en dernier ressort

L’armée pour sécuriser les JO 2024 ? Gérald Darmanin ne l’écarte pas totalement, en dernier ressort

Devant le Sénat, Gérald Darmanin a fait comprendre que l’Etat prendra le relais, si nécessaire, pour assurer le bon niveau de sécurité pour les JO de Paris. « Si à la fin des fins, il manque un certain nombre de personnes, nous regarderons ce que nous pourrons faire », assure le ministre, qui n’écarte pas le recours à « d’autres personnes dans l’Etat », si le nombre d’agents de sécurité privée est insuffisant et si la mairie de Paris n’arrive pas à embaucher les agents prévus pour la police municipale.
François Vignal

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ne seront pas seulement une grande fête du sport entre les nations. C’est aussi un défi en termes de sécurité. Rien que pour la cérémonie d’ouverture prévue le long de la Seine – soit en dehors d’un stade, une première – ce sont 600.000 personnes qui sont attendues.

Le projet de loi sur les JO, examiné depuis mardi au Sénat, porte ainsi plusieurs dispositions en matière de sécurité, à commencer par l’autorisation de la vidéoprotection « augmentée », par l’analyse en temps réel des images par l’intelligence artificielle. La majorité sénatoriale a voté hier cette nouveauté technologique de taille, qui fait peur à certains. Dénoncée avec force par la gauche, elle alerte sur un nouveau « big brother ».

« Quand est-ce que le scénario du recours à l’armée sera officiellement annoncé ? »

Les seuls algorithmes ne pourront pas suffire à assurer la sécurité des Jeux olympiques. Il faut des personnes. Beaucoup. Au point que certains se demandent si le pays disposera de suffisamment de forces de l’ordre et d’agents de sécurité le jour J. Une idée commence à faire son chemin : il faudra recourir à l’armée.

Le sénateur PS de Paris, David Assouline, a déposé en ce sens un amendement au projet de loi, avant de le retirer. Au micro du Sénat, il a défendu une mesure à titre « exceptionnel » et « par efficacité », pour « palier, si nécessaire », le manque de forces de l’ordre. Laurent Lafon, président centriste de la commission de la Culture et de l’Education, y voit « une hypothèse crédible et réaliste, du fait de la difficulté de trouver les 22.000 personnes nécessaires pour la sécurité privée ». « Quand est-ce que le scénario du recours à l’armée sera officiellement annoncé, et qu’on pourra dire les choses de manière claire, plutôt que les sous-entendre ? » demande le sénateur du Val-de-Marne.

« Problème » de l’hébergement

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a pris longuement le temps de leur répondre. S’il est encore un peu trop tôt pour le dire, on comprend qu’il n’écarte pas ce recours à l’armée, en dernier ressort. « L’Etat est là pour remplacer un certain nombre de défaillances de sécurité, si le Cojo (Comité d’organisation des Jeux olympiques) ou des collectivités n’étaient pas au rendez-vous de leurs engagements », soutient le ministre de l’Intérieur.

Avant d’en arriver là, « se pose la question […] de notre capacité en matière de sécurité », déjà renforcée par la loi Lopmi, « et celle de la sécurité privée. Il nous faut 22.000 agents de sécurité privée pour faire les JO, qui sont par ailleurs sursollicités par de nombreux les événements », souligne le ministre, qui cite la Coupe du monde de Rugby à venir, la venue du Pape à Marseille, le 80e anniversaire du débarquement de Normandie et de Provence. Ou encore le 14 juillet, à Paris.

Attendre le mois prochain pour y voir plus clair

Autre difficulté : « Il faut résoudre la question de l’hébergement ». « Il faudra héberger à Paris et dans sa proche banlieue 35 à 40.000 policiers et gendarmes et quelques milliers d’agents de sécurité privée qui ne seraient pas Parisiens », a-t-il souligné, un « problème très important sur lequel nous travaillons »

Lire aussi » Vidéosurveillance, tests antidopage, délit d’intrusion dans un stade : les principales dispositions de la loi sur les JO 2024

Quant à savoir si le Cojo arrivera à embaucher les agents de sécurité nécessaires, on en saura plus « au début du mois prochain, nous connaîtrons un peu plus les lots fructueux, et infructueux », suite aux appels d’offres, soit d’ici « février ou mars ». Pour l’heure, « on a 11.000 à 12.000 agents qui répondent aux critères, on a bien avancé », sur les 22.000 recherchés.

« Ça dépendra aussi de la ville de Paris »

Autre élément de l’équation : « Ça dépendra aussi de la ville de Paris. (… ) Est-ce que Paris aura ses 2.000 agents de police municipale en juillet prochain ? Nous n’en sommes pas certains, et c’est bien logique », a-t-il avancé.

C’est pourquoi, si les planètes ne s’alignent pas, Gérald Darmanin fait comprendre que l’Etat prendra le relais, tout en prenant garde de ne pas utiliser pour l’heure le mot « armée ». « Il n’y a pas qu’un problème de défaillance potentielle de l’Etat. Peut-être devrons-nous faire appel à d’autres personnes dans l’Etat, par défaillance d’autres collectivités. Et si à la fin des fins des fins, il manque un certain nombre de personnes, nous regarderons ce que nous pourrons faire. Mais nous pensons qu’un grand pays comme la France est capable de répondre à cet enjeu de sécurité privé », affirme le ministre de l’Intérieur, qui assure ne pas être « défaitiste ». En sport, comme en politique, on ne s’avoue pas vaincu avant d’avoir joué le match.

Dans la même thématique

France Macron
10min

Politique

Européennes : comment l’accord entre l’UDI et Renaissance se « deale » au plus haut niveau

Ce sera officiel lors d’un conseil national de l’UDI, le 23 mars, mais le principe a été acté au plus au niveau. Le parti centriste va faire liste commune avec Renaissance pour les élections européennes. Emmanuel Macron a reçu en début d’année le sénateur Hervé Marseille, patron de l’UDI, pour conclure l’accord. Reste à définir les places sur la liste. Pour l’UDI, le nom de l’ex-sénatrice Valérie Létard est cité…

Le