L’arrivée du nouveau Vélib’ à Paris tourne au “cauchemar”

L’arrivée du nouveau Vélib’ à Paris tourne au “cauchemar”

Des stations désespérément vides, des vélos indécrochables, un service clients à la peine, sans compter les tarifs en hausse: l'arrivée du...
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Par Charlotte DURAND, Fabienne FAUR

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Des stations désespérément vides, des vélos indécrochables, un service clients à la peine, sans compter les tarifs en hausse: l'arrivée du nouveau Vélib' à Paris tourne au "cauchemar" des cyclistes et pourrait valoir de lourdes pénalités à son opérateur.

"Nous mettons la pression sur le nouveau gestionnaire pour accélérer ce service essentiel à la mobilité parisienne", a lancé mercredi matin la maire Anne Hidalgo à l'occasion de ses voeux aux élus, en durcissant le ton vis-à-vis du nouvel opérateur Smovengo.

Mais "ce n'est pas dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier que cela (un changement) peut se faire", a-t-elle ajouté en évoquant une application du code des marchés publics "plus compliquée quand il y a un changement de concessionnaire".

"Rappelons qu'il s'agit ni plus ni moins que de créer le plus grand service de vélo partagé en Europe qui va être utilisé pour les 15 ans qui viennent", a-t-elle martelé.

La veille, Christophe Najdovski, adjoint EELV aux Transports, avait indiqué à l'AFP qu'il était "clair que nous ne sommes pas du tout satisfaits de la prestation du nouveau prestataire".

Cette situation a poussé le syndicat Vélib' à décider de pénalités financières. Après avoir constaté "les engagements non tenus, nous sommes en train de travailler pour calculer les pénalités", a indiqué à l'AFP Catherine Baratti-Elbaz, présidente du syndicat d'élus Velib'.

On "parle de beaucoup d'argent, ce sont des sommes importantes", a-t-elle glissé. Selon un élu, ces pénalités pourraient aller jusqu'au million d'euros.

"L'appréciation des responsabilités devra se faire globalement et notamment en regard d'éléments contextuels très spécifiques qui relèvent uniquement des relations entre l’opérateur Smovengo et son client", a précisé de son côté Smovengo. "Les usagers du service Vélib’ Métropole sont au cœur de nos priorités et nous sommes les premiers à regretter les désagréments qu’ils rencontrent au quotidien", a assuré la société montpelliéraine.

- Vélos indécrochables -

Les nouveaux Vélib', le 1er janvier 2018 à Paris
Les nouveaux Vélib', le 1er janvier 2018 à Paris
AFP/Archives

Lancé en fanfare le 25 octobre, le nouveau Vélib' vert, ou bleu pour sa version électrique et désormais métropolitain, devait être déployé dans 600 stations au 1er janvier, soit 50% de celles délaissées par l'ancien opérateur JCDecaux, et totalement déployé fin mars dans et autour de Paris.

L'objectif avait ensuite été ramené à 300 stations mais mercredi, l'application mobile Vélib' Métropole n'en annonçait que 68.

Pour expliquer les retards au démarrage, Smovengo avait évoqué un branchement électrique plus compliqué que prévu et un délai raccourci de six semaines par une action en justice de JCDecaux.

Des cyclistes à une borne de Vélib' à Paris, le 1er janvier 2018
Des cyclistes à une borne de Vélib' à Paris, le 1er janvier 2018
AFP

Depuis, la grogne ne cesse de monter chez les usagers de ce système de vélo-partage créé en 2007 à Paris, qui faisait la fierté de la capitale avec ses 300.000 abonnés dix ans après son lancement.

Pour Paris en Selle, association de cyclistes, "le nouveau Vélib' est un cauchemar pour les usagers", un "chaos total, un accident industriel". Et d'énumérer "l'appli inutilisable, le service client injoignable, la tarification en hausse", en réclamant trois mois de gratuité.

Chaque jour sur Twitter, des clients mécontents racontent leurs déboires, "application qui bugue", "bornes en travaux", vélos indécrochables.

Une pétition a été lancée sur Change.org - signée de quelque 1.200 personnes mercredi -- pour réclamer une "compensation adéquate" et une "communication réelle et réaliste" sur les stations en état de fonctionner.

Dans une lettre ouverte au syndicat Vélib' Autolib' Métropole, le groupe écologiste au Conseil de Paris a demandé la gratuité du premier trimestre et souhaité que le syndicat "rende compte des conditions" de transmission de la délégation de service public entre les deux délégataires.

Fin décembre, face au mécontentement des abonnés devant les stations démantelées, le syndicat regroupant élus parisiens et métropolitains avait annoncé des compensations (trois heures gratuites et des ristournes de prix), jugées insuffisantes.

Face à la grogne, le syndicat Vélib' a maintenu son "objectif de déployer 1.400 stations sur Paris et une soixantaine de communes au 31 mars", une ambition affichée mercredi par Smovengo pour le "printemps 2018".

ff-cdu-cjc-chr/ct/pb

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