Douze ans après l'abandon du projet de fondation de François Pinault, l'art contemporain retrouve le chemin de l'Ile Seguin avec la création...
L’art contemporain retrouve le chemin de l’Ile Seguin
Douze ans après l'abandon du projet de fondation de François Pinault, l'art contemporain retrouve le chemin de l'Ile Seguin avec la création...
Par Antoine FROIDEFOND
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Douze ans après l'abandon du projet de fondation de François Pinault, l'art contemporain retrouve le chemin de l'Ile Seguin avec la création annoncée pour 2021 d'un nouveau pôle culturel privé, non loin du complexe "La Seine musicale" qui doit ouvrir ses portes en avril.
Ce "grand pôle culturel et artistique" est financé par le groupe immobilier Emerige et son associé AOG. Situé sur la pointe amont de l'île où ont été implantées pendant 60 ans les usines Renault, il comprendra un centre d’art pluridisciplinaire de 5.600 m2, un multiplex de huit salles de cinéma desservies par une galerie donnant sur la Seine et un hôtel "tourné vers la création contemporaine".
Ce n'est pas la première fois qu'un pôle culturel est envisagé sur cette partie de l'île située aux portes de Paris. Parmi les multiples aménagements du site proposés depuis le renoncement de François Pinault en mai 2005, et vite abandonnés, l'architecte Jean Nouvel avait prévu en 2010 l'implantation sur cette parcelle d'un ensemble regroupant un "portail de l'art" dédié aux galeristes, artistes et collectionneurs, un lieu d'exposition de la collection Renault et un équipement voué aux arts numériques, baptisé "Le Cube".
Cette fois-ci, trois équipes d'architectes ont été retenues pour réaliser le nouvel équipement par le maire (LR) de Boulogne-Billancourt, Pierre-Christophe Baguet, également président de Grand Paris Seine Ouest, et Laurent Dumas, président du groupe Emerige.
RCR Arquitectes, créateurs du Musée Soulages à Rodez, et l'agence française Calq sont chargés de concevoir le centre d’art et le multiplex. L'agence autrichienne Baumschlager Eberle, qui a déjà construit l'immeuble "Le Trapèze" à Boulogne-Billancourt, se chargera de l'hôtel dont chacune des 220 chambres abritera une oeuvre d’art réalisée par un artiste de la "scène française émergente".
Une déclinaison de la charte "1 immeuble, 1 oeuvre" signée fin 2015 avec le ministère de la Culture par des poids-lourds de l'immobilier dont Emerige.
- Budget inconnu -
Enfin, le paysagiste Michel Desvigne, déjà engagé dans le projet Nouvel, est chargé des 2.000 m2 de terrasse à 18 mètres de hauteur et des espaces extérieurs dont 700 m2 de toiture végétalisée.
Le budget global de l'opération n'a pas été communiqué.
Le maire LR de Boulogne-Billancourt, Pierre-Christophe Baguet le 26 novembre 2016
AFP/Archives
Le centre d'art accueillera dans un premier temps la collection personnelle de Laurent Dumas, ainsi que la collection d'art Renault. Des collaborations sont envisagées avec la Fondation Giacometti et la Fondation Gandur pour l’Art. La programmation culturelle a été confiée à Jérôme Sans, ancien directeur de l'Ullens Center for Contemporary Art à Pékin et directeur artistique de "Rives de Saône " à Lyon.
A l'autre pointe de l'île Seguin, la toute nouvelle "Seine musicale" comprend un auditorium classique de 1.150 places et une grande salle de spectacle de 4.000 places (6.000 en "assis-debout").
L'ensemble, qui doit ouvrir en avril, se présente sous la forme d'un énorme "œuf" de verre gainé de croisillons de bois, alimenté par une gigantesque voile de panneaux solaires pivotante. Il est l’œuvre de l'architecte japonais Shigeru Ban (prix Pritzker 2014 et auteur du Centre Pompidou-Metz).
La Cité musicale sur l'île Seguin à Boulogne Billancourt, ici le 21 septembre 2016, conçue par Shigeru Ban et Jean de Gastines, comprendra une salle de concerts, un auditorium, une école de musique et des boutiques
AFP/Archives
C'est à un autre architecte japonais prestigieux, Tadao Ando (prix Pritzker 1995) , que le milliardaire François Pinault avait confié en 2000 son ambitieux projet avorté de Fondation culturelle (150 millions d'euros).
Le musée, où devait être présentée sa collection d'art contemporain, l'une des plus importantes d'Europe, affichait quelque 33.000 m2, dont près de 16.000 m2 de surface d'exposition, et les partenaires publics s'étaient engagés à bâtir jusqu'à 150.000 m2 de programmes sur l'île en complément.
Mais, exaspéré par les lenteurs administratives, l'homme d'affaires avait baissé les bras et préféré se consacrer au Palazzo Grassi à Venise.
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