L’Assemblée approuve largement les recettes du premier budget Macron et se plonge dans la Sécu
L'Assemblée nationale a largement approuvé mardi le volet "recettes" du premier budget du quinquennat Macron, avant le démarrage des débats sur...

L’Assemblée approuve largement les recettes du premier budget Macron et se plonge dans la Sécu

L'Assemblée nationale a largement approuvé mardi le volet "recettes" du premier budget du quinquennat Macron, avant le démarrage des débats sur...
Public Sénat

Par Isabelle CORTES et Charlotte HILL

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L'Assemblée nationale a largement approuvé mardi le volet "recettes" du premier budget du quinquennat Macron, avant le démarrage des débats sur le financement de la Sécu, la majorité restant confrontée à l'accusation d'offrir des "cadeaux aux riches".

Pour cette première lecture, 365 députés ont voté pour, 172 contre et 24 se sont abstenus sur ce texte porteur de mesures emblématiques, comme la transformation de l'ISF en impôt sur la seule fortune immobilière (IFI) ou la fin progressive de la taxe d'habitation pour 80% des ménages.

En Marche et MoDem ont voté pour, les socialistes, communistes et Insoumis contre, comme LR pour des raisons différentes. Les Constructifs se sont majoritairement abstenus sur un texte avec "des qualités inédites" mais "entaché d’erreurs, voire de fautes" selon le patron de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, certains ont voté contre, d'autres pour.

Lors des débats passionnés toute la semaine dernière, les ministres des Finances Bruno Le Maire et des Comptes Publics Gérald Darmanin (issus de LR) ont défendu un budget de "transformation" mais aussi la volonté d'ancrer la France sous les 3% de déficit pour retrouver de "la crédibilité" en Europe.

Comptes de la Sécurité sociale
Evolution du déficit cumulé du régime général et des branches de la Sécurité sociale depuis 2012 et prévisions du gouvernement pour 2017 et 2018
AFP

L'exécutif prévoit ainsi un déficit de 2,6% en 2018 et un quasi-retour à l'équilibre en 2022, selon la loi de programmation jusque 2022, également approuvée mardi.

Avec l'instauration d'un prélèvement forfaitaire unique de 30% sur les revenus du capital, la mue de l'ISF, défendue comme une incitation aux investissements dans l'économie productive, a cristallisé le plus d'oppositions.

Olivier Faure (PS) a dénoncé "un chèque en blanc sans obligation imposée aux grands gagnants de ce loto fiscal". Pour Eric Coquerel (LFI), "ce budget est le plus inégalitaire de la Ve République", avec "un bouclier du capital". "Comment ce budget permettra-t-il à ceux qui peinent à boucler les fins de mois de vivre mieux ?", a renchéri Jean-Paul Dufrègne (PCF).

Dans la majorité, le Modem avait plaidé, vainement, pour un autre périmètre de l'IFI afin de s'assurer que les investissements soient bien favorisés. Mais le groupe a voté "sans trembler ce budget", y compris le "pari" de cette réforme, selon Jean-Noël Barrot.

Si Les Républicains ont salué la suppression de l'ISF, réclamée de longue date, ils ont déploré l'IFI mais surtout un budget "insuffisamment courageux et excessivement injuste" pour les "propriétaires, retraités, classes moyennes" ou automobilistes.

- 'Deuxième lame' -

Sitôt après le vote, l'Assemblée a plongé dans le budget de la Sécurité sociale, qui doit ramener, au prix d'économies dans la santé, le déficit de la Sécu à 2,2 milliards d'euros l'année prochaine, niveau inédit depuis 17 ans.

Le texte, défendu par la ministre de la Santé et médecin Agnès Buzyn mais aussi Gérald Darmanin, mêle "responsabilité", "solidarité" et "pouvoir d'achat", martèle la majorité.

"+Libérer-Protéger+", le tube au hit-parade de la macronie !", a raillé sur Twitter l'Insoumis Adrien Quatennens.

La gauche dénonce "une deuxième lame" aux dépens des moins aisés, comme avec la hausse du forfait hospitalier, et une "injustice", notamment pour les retraités, avec la hausse de la CSG de 1,7 point devant compenser la suppression des cotisations chômage et maladie pour les salariés du privé.

"Nous sommes inquiets", a clamé le socialiste Boris Vallaud dans une anaphore déclinant une série de mesures, ironique sur "une conception très élastique de +la cordée+, avec ceux qui grimpent et ceux qui restent en bas".

"La litanie lugubre des orateurs de la gauche est sans rapport avec la réalité", a fustigé Aurélien Taché (LREM), vantant une loi "protectrice". Adrien Taquet, critique de "polémiques stériles", a insisté notamment sur "la redistribution de pouvoir d'achat".

LR, dont les motions de rejet et renvoi ont été rejetées mais soutenues par tout ou partie de la gauche, a fustigé un manque de réformes structurelles, les mesures touchant aux familles ou la hausse de CSG pour les retraités.

"Il n'est pas prévu de toucher aux seuils" d'application de cette hausse (1.394 euros net pour une personne de plus de 65 ans), selon le chef de file LREM Richard Ferrand, assurant que "la suppression de la taxe d'habitation va, pour beaucoup, compenser l'augmentation de CSG".

Satisfait globalement du PLFSS, le MoDem souhaite néanmoins des évolutions sur ces seuils et sur les compensations. "Pour 40% des agriculteurs, la hausse de CSG ne serait pas compensée?", a ainsi lancé Nathalie Elimas. Ces centristes, "inquiets", veulent aussi défendre la politique familiale, a réaffirmé Sarah El Haïry.

Vaccins, tabac ou sodas augurent d'autres échanges vifs jusqu'à vendredi, voire lundi, pour boucler quelque 1.200 amendements.

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