Devenus des références politiques, Jaurès et Clemenceau, la première des victimes et le héros national de la Grande Guerre, ont été honorés...
L’Assemblée honore Clemenceau et Jaurès, avant une polémique sur Pétain
Devenus des références politiques, Jaurès et Clemenceau, la première des victimes et le héros national de la Grande Guerre, ont été honorés...
Par Pierre ROCHICCIOLI
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Devenus des références politiques, Jaurès et Clemenceau, la première des victimes et le héros national de la Grande Guerre, ont été honorés mercredi à l'Assemblée avant, ironie de l'histoire, qu'éclate une polémique sur un hommage à Pétain.
"Il aura fallu cent ans pour que la Représentation nationale s'acquitte d'une dette envers l'Histoire, cent ans pour qu'on appose enfin deux plaques dans l'hémicycle, là où siégeaient Jean Jaurès et Georges Clemenceau", a lancé le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, ex-socialiste devenu "marcheur".
Face à lui, dans l'hémicycle, plusieurs ministres et anciens ministres, des centaines de députés de toutes tendances politiques, à l'exception du Rassemblement national, ont applaudi debout pendant de longues minutes l'hommage rendu aux deux figures politiques, en présence de leurs familles.
Quelques heures plus tard, c'est une autre figure de la Grande Guerre, Philippe Pétain, qui a fait irruption dans l'actualité. Emmanuel Macron a justifié la célébration de "ce grand soldat" samedi aux Invalides avec sept autres maréchaux, malgré "des choix funestes" pendant la Seconde Guerre mondiale.
"Ça tombe plutôt mal. Encore un mauvais pas du président de la République", a déploré le communiste André Chassaigne. Durant les questions au gouvernement, la socialiste Valérie Rabault a "regretté" cette conjonction.
Si l'artisan de la Collaboration avec le régime nazi suscite majoritairement le rejet, Jaurès et Clemenceau sont plébiscités par la classe politique. De Jean-Luc Mélenchon à Nicolas Sarkozy en passant par Emmanuel Macron, chacun trouve dans leurs destins politiques hors norme, matière à inspiration ou justification de ses choix politiques.
Adversaires politiques, le socialiste Jaurès, humaniste œuvrant pour l'émancipation de la classe ouvrière, et le radical Clemenceau, incarnation de l'ordre et de la fermeté, ont marqué la vie du Palais Bourbon par leurs duels oratoires.
Tous deux Républicains et ardents défenseurs des libertés, ils ont su taire leurs différences dans leurs combats pour l'innocence du capitaine Dreyfus, la critique du colonialisme, le développement de la protection sociale ou la séparation de l'Église et de l'État.
Jean Jaurès fut assassiné à Paris par un nationaliste trois jours avant le déclenchement de la guerre de 14-18 qu'il avait voulu à tout prix éviter. Chef de guerre victorieux, Clemenceau est sorti du conflit avec le rang de héros national.
- "De la vitamine" -
"Pour un certain nombre d'entre nous, Jaurès, c'est une vitamine. Quand ça va pas fort, quelques pages de Jaurès", a confié à l'AFP le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, qui avait recherché sa place dans l'hémicycle dès son arrivée en juin 2017.
Dévoilement d'une plaque commémorative apposée sur le fauteuil qu'occupait Jean Jaurès à l'Assemblée Nationale, par le président de cette assemblée Richard Ferrand, en présence de membres de la famille Jaurès. Photo prise à Paris le 7 novembre 2018.
AFP
"Ce sont deux grands héros de la République qui ont été souvent opposés mais qui avaient le même amour de la France", a jugé le président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius.
L'ancien président de l'Assemblée, Louis Mermaz, a insisté sur leur capacité "à se retrouver sur les grandes causes nationales et internationales".
Après le général de Gaulle, Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand et François Hollande, Emmanuel Macron a lui aussi emprunté les mots du "Père la victoire" pour notamment justifier sa détermination. "Dans ces moments marqués par l'angoisse, la peur, les changements profonds, il faut savoir tenir", a-t-il encore repris cette semaine. Il faut tenir jusqu'au dernier "quart d'heure", avait-il déjà affirmé à propos de la lutte contre l'Etat islamique en Syrie.
Avant lui, le socialiste Manuel Valls avait fait du "Tigre" Clemenceau sa référence suprême. "Il y a plusieurs hommes en lui, le médecin des pauvres, l'élu de la Commune de Paris, l'homme de formules assassines et le ministre de l'Intérieur créateur des brigades du Tigre", avait-il expliqué, oubliant son rôle plus contesté de briseur de grèves.
Les zélateurs de Jaurès, fondateur du journal "L'Humanité", ne sont pas moins nombreux à gauche comme à droite. Le président Nicolas Sarkozy a été jusqu'à le citer vingt-sept fois dans un discours de soixante-deux minutes en 2007. Aux Européennes de 2009, Louis Alliot (RN) a lui assorti une affiche d'un "Jaurès aurait voté FN", présentant son parti comme le seul à défendre "les valeurs de justice sociale et d'humanisme".
REPORTAGE - Ce samedi 13 juin aux Docks d’Aubervilliers, Raphaël Glucksmann a tenu un grand rassemblement aux allures de meeting présidentiel, en présence de nombreuses personnalités politiques. Même s’il refuse toujours d’officialiser sa candidature pour 2027, l’eurodéputé, co-fondateur de Place publique, affiche ses ambitions : rassembler la gauche sociale-démocrate et écologiste, dépasser Jean-Luc Mélenchon dans les sondages et convaincre le Parti socialiste de se rallier à lui.
Avec plus de 10 millions de visiteurs par an, Montmartre est devenu l’un des sites les plus visités de France. Une surfréquentation qui ne va pas sans poser de problèmes pour les quelques 27 000 habitants qui résident à l’année dans ce quartier de la capitale. Anne Renaudie, habitante de Montmartre, raconte les difficultés de cette cohabitation dans l’émission Dialogue Citoyen présentée par Quentin Calmet.
L’état-major du Rassemblement national se réunit ce vendredi 12 juillet dans l’Essonne pour un deuxième séminaire de travail à huis clos. L’occasion d’échanger sur le sujet épineux de la réforme des retraites qui a fait apparaître des divisions entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, tenant d’une ligne plus libérale.
Dans la foulée du choc de l’affaire Lyhanna, Le président des Républicains, Bruno Retailleau a relancé le débat sur la castration chimique des criminels sexuels les plus dangereux. Une vieille antienne de la droite dont l’efficacité est contestée par les experts psychiatres.