L’Assemblée lève l’immunité de Thierry Solère (LREM), soupçonné de fraude fiscale
Le bureau de l'Assemblée nationale a décidé mercredi "à l'unanimité", après une demande de la justice, de lever l'immunité...

L’Assemblée lève l’immunité de Thierry Solère (LREM), soupçonné de fraude fiscale

Le bureau de l'Assemblée nationale a décidé mercredi "à l'unanimité", après une demande de la justice, de lever l'immunité...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le bureau de l'Assemblée nationale a décidé mercredi "à l'unanimité", après une demande de la justice, de lever l'immunité parlementaire de Thierry Solère, député LREM soupçonné de fraude fiscale, ont indiqué à l'AFP des députés membres du bureau.

La présidence de l'Assemblée nationale précise dans un communiqué que le bureau s'est prononcé sur requête du procureur général de Versailles lui demandant "d'autoriser le placement en garde à vue de M. Thierry Solère (...) dans le cadre d'une enquête préliminaire le concernant".

Ex-LR et ex-Constructif devenu Marcheur, l'élu des Hauts-de-Seine fait en effet l'objet depuis 2016 d'investigations menées par l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, après une plainte déposée par Bercy pour fraude fiscale.

Les enquêteurs le soupçonnent également de trafic d'influence, corruption, abus de biens sociaux, financement illicite de dépenses électorales et manquement aux obligations déclaratives auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Le bureau de l'Assemblée, plus haute instance collégiale de la chambre basse, a été unanime dans sa décision, qui était "conforme à la demande de l'intéressé", ont souligné plusieurs de ses membres.

Ancien questeur de l'Assemblée (chargé de sa gestion), M. Solère avait en effet envoyé, en parallèle de la demande du parquet, un courrier à François de Rugy, président de l'Assemblée, pour lui demander sa levée d'immunité.

Comme d'habitude, le bureau ne s'est pas prononcé sur le fond du dossier, mais sur le caractère sérieux, loyal et sincère de la demande de la justice.

Les faits dont est soupçonné M. Solère remontent à 2010-2013, alors qu'il était conseiller régional LR d'Ile-de-France et lieutenant de Bruno Le Maire. L'élu travaillait en parallèle comme conseiller stratégique dans le privé, notamment chez Chimirec, une entreprise spécialisée dans la collecte et le traitement des déchets industriels. Un poste qui lui rapportait "12.000 euros par mois", avait souligné le site Mediapart en septembre 2016.

A l'été 2017, Le Canard enchaîné avait indiqué que Thierry Solère avait "omis de régler une partie de ses impôts sur le revenu de 2010 à 2013, ainsi que la taxe foncière de la dernière année". Un "oubli" qui lui avait valu "une saisie-arrêt sur salaire", selon l'hebdomadaire.

L'élu, qui présidait la commission d'organisation de la primaire à droite en vue de la présidentielle, avait expliqué avoir "fait l'objet d'un contrôle classique", après son élection comme député en 2012", mais n'avoir "commis aucun délit fiscal", ajoutant que la HATVP lui avait "donné quitus de (sa) déclaration en date du 2 juin 2015".

Selon Le Monde, qui a récemment fait état d'un "document synthétisant la position du parquet" dans cette affaire, Thierry Solère est aussi soupçonné, entre autres, d'"enrichissement occulte" et "de s'être servi de son influence en tant qu'élu local et national pour aider ses sociétés clientes à obtenir des contrats publics ou un agrément des pouvoirs publics", notamment "LNA, un prestataire informatique, Aliapur, une société de recyclage de pneus, ou encore Chimirec".

Contactés mercredi par l'AFP, ni M. Solère, ni son avocat Pierre-Olivier Sur n'ont souhaité communiquer.

Ce dossier a eu en juin un effet collatéral de taille: soupçonné d'avoir transmis à M. Solère des éléments sur cette enquête, l'ex-garde des Sceaux socialiste Jean-Jacques Urvoas a été mis en examen par la Cour de justice de la République pour "violation du secret professionnel". Des soupçons que ce dernier a contestés "avec détermination".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: David Lisnard Cloture Congres des Maires 2025
11min

Politique

« Le congrès des maires de France ne peut pas devenir un temps de la présidentielle » : avec David Lisnard contesté, il se passe quelque chose… à l’AMF

Alors que se tient le congrès de l’Association des maires de France fin novembre, la candidature du président sortant, David Lisnard, est mise à mal. La gauche et le centre l’accusent d’un « mélange des genres », pour celui qui brigue aussi l’Elysée. Et les maires de gauche ne devraient pas se priver de voter pour le centriste Philippe Laurent, qui « pense que l’AMF est en danger ». S’il est réélu, l’entourage de David Lisnard assure qu’il se « mettra en retrait » de l’AMF et « il y aura une direction collégiale temporaire ».

Le

Orleans: Closing Ceremony of the Rassemblement National Rally’s Campaign Kickoff Event presidential
9min

Politique

Présidentielle 2027 : le débat sur l’inéligibilité de Marine Le Pen relancé

La semaine dernière, Didier Guérin, président de chambre honoraire à la Cour de cassation, a relancé le débat sur la légalité de la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle. Dans les colonnes du Monde, ce haut magistrat a affirmé que la députée RN était actuellement inéligible tant que la Cour de cassation n’a pas rendu sa décision dans l’affaire des assistants parlementaires des députés européens de son parti. Les avocats de Marine Le Pen ont saisi le Conseil supérieur de la magistrature au sujet de Didier Guérin. Explications

Le

FRA – SENAT – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT 2
5min

Politique

« Le racisme ne naît pas de nulle part » : Les écologistes ont déposé une proposition de loi visant à interdire la théorie du grand remplacement

Au Sénat comme à l’Assemblée, les écologistes ont déposé une proposition de loi visant à « renforcer la lutte contre les discours incitant à la haine et aux actes racistes et xénophobes » via l’interdiction de la théorie du grand remplacement. Si, pour certains, cette proposition est « redondante » par rapport aux outils juridiques déjà existants, elle semble utile pour « faciliter les condamnations ».

Le

BLOCAGE LYCEE SAINT SERNIN
4min

Politique

Mouvement lycéen : où en est-on des blocus ?

Sur les 3700 lycées, 41 étaient bloqués ce lundi matin, jour de rentrée des vacances de la Toussaint, selon le ministère de l’Education nationale. Les organisations lycéennes et étudiantes appellent à reprendre les blocages malgré les annonces du gouvernement, la semaine dernière. Le Premier ministre se dit prêt à recevoir à nouveau les lycéens.

Le