L’Assemblée nationale autorise la privatisation de la Française des Jeux 
L'Assemblée nationale a autorisé jeudi la privatisation de la Française des Jeux (FDJ) dans le cadre du projet de loi Pacte,...

L’Assemblée nationale autorise la privatisation de la Française des Jeux 

L'Assemblée nationale a autorisé jeudi la privatisation de la Française des Jeux (FDJ) dans le cadre du projet de loi Pacte,...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L'Assemblée nationale a autorisé jeudi la privatisation de la Française des Jeux (FDJ) dans le cadre du projet de loi Pacte, malgré de vives critiques de l'opposition dénonçant la logique économique de l'opération et les risques accrus d'addiction aux jeux.

En première lecture, les députés ont voté, par 48 voix contre 12, l'article du projet de loi qui permet le transfert au privé de la majorité du capital de la FDJ, actuellement détenu à 72% par l'Etat, celui-ci devant conserver "au minimum" 20% des parts, selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

La FDJ détient en France le monopole des jeux de tirage et de grattage. Le texte maintient ce monopole mais pour une durée limitée à 25 ans. Il pose aussi le principe d'une refonte de la régulation des jeux d'argent et de hasard par ordonnances, celle-ci devant précéder la privatisation.

L'Assemblée avait auparavant donné son feu vert à l'Etat pour procéder à la vente de tout ou partie des actifs qu'il détient dans Aéroports de Paris (ADP). Ces cessions, auxquelles doit s'ajouter celle d'actifs d'Engie (ex-GDF), doivent servir à alimenter un fonds de 10 milliards d'euros pour l'innovation de rupture.

Comme pour ADP, les groupes d'opposition ont vivement dénoncé cette privatisation. A l'exception de l'UDI-Agir "plutôt favorable" selon Laure de La Raudière, tous ont défendu en vain des amendements pour supprimer l'article.

Pour le groupe LR, Daniel Fasquelle a notamment dénoncé une "opération court-termiste" et Fabien Di Filippo une "aberration économique".

A gauche, l'Insoumis Alexis Corbière s'est dit "radicalement opposé" à cette privatisation qui est "une mauvaise opération" financière, invoquant notamment "les désastres" de l'addiction aux jeux, Régis Juanico (app. PS) appelant aussi à une régulation "puissante".

Les communistes ont exposé des arguments similaires, dénonçant "une erreur qui aura de graves conséquences en terme de santé publique". "M. le ministre, vous jouez avec le jeu, vous jouez avec le feu", a lancé Pierre Dharréville.

M. Le Maire a assuré en retour que le gouvernement entendait "réguler davantage" le jeu, mais a tenu à "déconnecter complètement" cet aspect de la privatisation. Il a observé que les jeux avaient "explosé", alors que l'entreprise était publique, avec une hausse de "64% de chiffre d'affaire en dix ans".

Le fichier des interdits de jeux sera "amélioré", a-t-il insisté, le texte prévoyant en outre que les buralistes pourront demander leur carte d'identité aux mineurs.

Il y aura une autorité de régulation "parfaitement indépendante", mais au moins dans un premier temps, les casinos resteront sous l'autorité du ministère de l'Intérieur, a précisé le ministre, alors que des élus plaidaient pour inscrire dans la loi une autorité unique.

La FDJ, dont la privatisation n'est pas attendue avant 2019, a enregistré 15,1 milliards d’euros de mises en 2017. L'Etat empoche chaque année plus de trois milliards d'euros prélevés sur les mises des 26 millions de joueurs, une manne qui sera maintenue.

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le