L’Assemblée nationale vote le budget Outre-mer 2020
L'Assemblée nationale a adopté mercredi soir le budget du ministère des Outre-mer pour 2020, qui s'élève à quelque de 2,5...

L’Assemblée nationale vote le budget Outre-mer 2020

L'Assemblée nationale a adopté mercredi soir le budget du ministère des Outre-mer pour 2020, qui s'élève à quelque de 2,5...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L'Assemblée nationale a adopté mercredi soir le budget du ministère des Outre-mer pour 2020, qui s'élève à quelque de 2,5 milliards d'euros, en baisse de 100 millions d'euros par rapport à 2019, notamment en raison de crédits non consommés.

"A périmètre constant", le budget de la mission Outre-mer s'élève à 2,6 milliards en autorisations d'engagement (nouvelles dépenses que le ministère peut réaliser chaque année) mais à 2,5 milliards (2,45 hors exonération de charges) seulement en crédits de paiement, en baisse de 100 millions par rapport à 2019, a expliqué la ministre des Outre-mer Annick Girardin.

Mais "les autorisations d'engagement sont maintenues à un niveau très élevé, c'est historiquement l'un des plus gros budgets Outre-mer", a-t-elle insisté.

La baisse des crédits de paiement s'explique notamment par "des crédits non consommés", pour 66 millions, a-t-elle expliqué, mettant notamment en avant un manque d'ingénierie locale pour porter les projets.

"Il n'est pas acceptable de voir la faute rejetée sur les opérateurs et les collectivités", a dit Jean-Michel Clément (Libertés et territoires). "Nous ne sommes pas des incapables", a déclaré le député PS de Martinique Serge Letchimy.

"A aucun moment je n'exonère l'Etat de sa responsabilité dans le retard qu'ont pris un certains nombre d'opérations dans les territoires", a répondu Mme Girardin, précisant avoir demandé un inventaire précis des crédits qui n'ont pas pu être consommés, et proposant un groupe de travail sur le sujet avec les parlementaires.

Plusieurs députés ont dénoncé la baisse des crédits pour le logement. "Cette année, les moyens en logement sont les plus faibles de ces dernières années", selon Nicole Sanquer (Polynésie, UDI-Agir).

"215 millions d'euros en autorisation d'engagement, la somme n'est pas à la hauteur des besoins des Outre-mer, mais je reste malheureusement persuadée qu'on ne sera pas capable en 2020 de consommer la totalité des crédits", a regretté Mme Girardin.

Après une succession d'amendements de tous les partis demandant d'augmenter les crédits pour améliorer l'aide à la mobilité entre les Outre-mer et l'Hexagone, la ministre a annoncé un groupe de travail pour revoir les conditions d'éligibilité aux aides à l'achat de billets d'avions, trop restrictives actuellement.

"Il faut arrêter de reporter à demain, à quoi ça sert d'être ministre des Outre-mer si vous ne vous mettez pas à la place des Ultramarins", s'est emportée un peu plus tard Nadia Ramassamy (La Réunion, LR), l'accusant de "ne pas être née en Outre-mer".

"Vous n'entendez pas la souffrance du peuple, c'est une cure d'austérité", a affirmé Jean-Luc Ratenon (La Réunion, LFI).

Un amendement pour augmenter d'un million d'euros l'aide au retour des défunts pour les familles défavorisées a été adopté.

Un autre a augmenté de 100.000 euros les crédits pour permettre l'insertion économique des départements d'outre-mer dans leur bassin maritime.

Partager cet article

Dans la même thématique

L’Assemblée nationale vote le budget Outre-mer 2020
7min

Politique

Présidentielle 2027 : pourquoi l’élection française inquiète déjà les Européens

À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).

Le

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le