L’Assemblée rejette l’interdiction des pubs alimentaires peu saines visant les enfants
L'Assemblée nationale s'est refusée dimanche, au terme d'un débat animé, à inscrire dans la loi l'interdiction des publicités...

L’Assemblée rejette l’interdiction des pubs alimentaires peu saines visant les enfants

L'Assemblée nationale s'est refusée dimanche, au terme d'un débat animé, à inscrire dans la loi l'interdiction des publicités...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L'Assemblée nationale s'est refusée dimanche, au terme d'un débat animé, à inscrire dans la loi l'interdiction des publicités pour des produits alimentaires trop gras, trop sucrés ou trop salés à destination des enfants, ainsi qu'à rendre obligatoire l'étiquetage Nutri-Score.

Lors de l'examen du projet de loi agriculture et alimentation, des députés LREM, socialistes, Insoumis ou encore LR ont cherché à interdire ou limiter les messages publicitaires en faveur des "produits alimentaires et boissons trop riches en sucre, sel ou matières grasses et ayant pour cible les enfants de moins de seize ans" sur "tout support de communication radiophonique, audiovisuel et électronique".

Défendant un amendement en ce sens, Anne-Laurence Petel (LREM) a souligné qu'"en France, un enfant sur six est en surpoids", pointant le "coût pour la société" de l'obésité.

"Les industriels usent à l'envi des codes de l'enfance" pour "influencer" les enfants, a-t-elle affirmé, évoquant les "nounours" ou autres "bonbons transformés en personnages de BD".

L'ex-ministre socialiste délégué à l'Agroalimentaire Guillaume Garot a plaidé pour "poser un principe", "un jalon", tandis que Loïc Prud'homme (LFI) a évoqué un "lavage de cerveau" des jeunes et "un enjeu majeur".

"Demander aux industriels de l'agroalimentaire d'être vertueux face à nos enfants, c'est comme demander à une dinde de voter pour les fêtes de Noël, c'est pas possible!", a lancé Richard Ramos (MoDem).

A l'inverse, certains élus ont insisté sur "la responsabilisation des parents" plutôt que de légiférer (Cendra Motin, LREM), ou le risque de "mettre des secteurs en danger" avec une "dérégulation de la publicité" sans concertation européenne (Bruno Millienne, MoDem).

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a affirmé qu'il fallait un texte "qui marche sur ses deux jambes" et souligné "le rôle de régulateur du CSA" qui peut "travailler sur les contenus", "sans que nous ayons besoin d'inscrire des choses par trop contraignantes dans la loi".

L'ensemble des amendements ont été rejetés, celui porté par Guillaume Garot, objet d'un scrutin, par 49 voix contre 13.

Des amendements défendus notamment par Olivier Véran (LREM, ex-PS) et d'autres "marcheurs", ainsi que des MoDem et LFI, pour rendre obligatoire la mention du Nutri-Score (étiquetage avec un code couleur) sur tous les supports publicitaires pour les denrées alimentaires ont subi le même sort, par 45 voix contre 18.

"Quand on vous dit: +Mange ces céréales et +le Tigre est en toi+, ce qu'on oublie de vous dire (...) c'est qu'il y a aussi 50 grammes de sucres ajoutés et 30 grammes de graisse saturée", a notamment observé M. Véran, médecin, notant qu'il ne s'agit pas d'interdire mais de "donner une juste information" .

"La malbouffe en France aujourd'hui, c'est une plaie", selon Loïc Prud'homme (LFI), Jean-Luc Mélenchon exhortant à "exprimer une volonté forte du Parlement français".

Mais le ministre a notamment invoqué le "risque" européen que cela ferait peser sur l'expérimentation en cours concernant cet étiquetage, "une belle démarche" mais basée sur le volontariat.

Le rapporteur Jean-Baptiste Moreau (LREM) a aussi invoqué "l'impossibilité juridique" de rendre le Nutri-Score obligatoire, disant craindre "un sort funeste" pour l'ensemble du dispositif par "effet boomerang".

Martine Leguille-Balloy (LREM), avocate, qui a dit "travailler pour Fleury-Michon", a appelé à ne "pas agacer des gens qui peut-être demain vont mettre (la mesure) au niveau européen".

"Ca me fait peur cette inflation de dispositifs qu'on veut rendre obligatoire", a lancé globalement Nicolas Turquois (MoDem).

Partager cet article

Dans la même thématique

Rally at Place de la Republique for the release of activists from the Global Sumud Flotilla
7min

Politique

Garde à vue de Rima Hassan : comment fonctionne l’immunité parlementaire des eurodéputés ?

L’eurodéputée Rima Hassan a été placée en garde à vue jeudi. Ressortie libre dans la soirée, elle, sera jugée le 7 juillet prochain devant le tribunal correctionnel pour « apologie de terrorisme », en raison d’un post publié le 26 mars 2026 sur son compte X. La procédure a entraîné de nombreuses questions au regard de l’immunité parlementaire qui protège les députés européens.

Le

Session of questions to the government at the Senate
3min

Politique

Un nouveau projet de loi contre le séparatisme pour renforcer l’arsenal de 2021

Le gouvernement prépare un nouveau texte législatif visant à renforcer la lutte contre le séparatisme, dans la continuité de la loi adoptée en 2021. Présenté fin avril en Conseil des ministres, ce projet entend combler certaines limites identifiées par l’exécutif, notamment en matière de contrôle des structures et de protection des mineurs.

Le

Paris: Gerard Larcher elu President du Senat
9min

Politique

Sénatoriales : le groupe PS s’attend à une stabilité ou à un léger recul

Après les municipales, le PS espère conserver sa place de second groupe de la Haute assemblée, à l’issue des sénatoriales de septembre. « Je parie sur la stabilité », affirme Patrick Kanner, patron des sénateurs socialistes. Le sénateur du Nord n’exclut cependant pas le scénario du pire, qui serait « une perte sensible » de « 5 sièges ». Le groupe compte aujourd’hui 65 membres.

Le