Ce sont ses "amis" de l'ombre, mais ils prennent malgré eux la lumière: Frédéric Chatillon, Philippe Péninque ou Axel Loustau... plusieurs...
L’entourage sulfureux de Marine Le Pen, dans la lumière malgré lui
Ce sont ses "amis" de l'ombre, mais ils prennent malgré eux la lumière: Frédéric Chatillon, Philippe Péninque ou Axel Loustau... plusieurs...
Par Guillaume DAUDIN
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Ce sont ses "amis" de l'ombre, mais ils prennent malgré eux la lumière: Frédéric Chatillon, Philippe Péninque ou Axel Loustau... plusieurs proches de Marine Le Pen, souvent au coeur de sa campagne 2017, sont visés par la justice financière ou par de nouveaux soupçons d'antisémitisme.
Patron du Gud, le syndicat étudiant d'extrême droite, au début des années 1990, Frédéric Chatillon, ami de 20 ans de Marine Le Pen qui joue volontiers au "bad boy", s'est reconverti dans les affaires en fondant une nébuleuse d'entreprises avec pour vaisseau-amiral Riwal.
M. Chatillon, cette société, le FN et deux de ses principaux dirigeants sont renvoyés en correctionnelle pour le financement des campagnes 2012. Il vient d'être mis en examen dans l'enquête sur les municipales, européennes et départementales 2014-2015.
Cet inconditionnel de Marine Le Pen est plutôt discret dans les évènements frontistes, mais prolixe sur Twitter et Facebook, où il pose en photo en 2012 avec "une petite bière à la santé" de l'ambassadeur américain Christopher Stevens... tué cinq jours plus tôt dans une attaque en Libye.
En septembre 2009, M. Chatillon avait accompagné au tribunal correctionnel Dieudonné et l'historien révisionniste Robert Faurisson, qui nie l'existence des chambres à gaz nazies. Il racontait la même année dans un documentaire ses visites passées "galvanisantes" à Leon Degrelle, responsable collaborationniste belge pendant la Seconde guerre mondiale.
Axel Lousteau, élu régional FN francilien, trésorier de Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen, le 13 mars 2017 à Paris
AFP/Archives
Dans un livre sorti mercredi, "Marine est au courant de tout" (Flammarion), relayé par un Envoyé Spécial, jeudi sur France 2, des témoignages, dont celui de l'eurodéputé ex-FN Aymeric Chauprade, accusent M. Chatillon d'antisémitisme, voire de vouer une admiration pour le nazisme. L'homme d'affaires et ses amis parlent "tout le temps" des juifs, certifie l'un des témoins, anonyme.
- Mme Le Pen 'ne lâche pas ses amis' -
"L'omniprésent monsieur Chatillon", comme l'appelle un proche de Marine Le Pen, serait salarié de la campagne présidentielle, d'après un haut dirigeant de celle-ci, ou a minima titulaire d'un rôle-clé dans la logistique de la campagne. Il n'est "même plus planqué" se désole un frontiste.
Outre M. Chatillon, son ami Axel Loustau, autre ancien du Gud, est élu régional FN francilien, trésorier de Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen, et membre du triumvirat chargé des finances de la présidentielle 2017.
"Mon général, c'est un très grand honneur", dit-il, filmé en 1992, à Léon Degrelle, lorsqu'il le rencontre en compagnie de M. Chatillon.
Les deux multiplient les blagues à double-sens sur leurs réseaux sociaux. "J'ai l'impression que ce n'est pas la semaine des dauphins", a ainsi réagi sur Facebook mercredi Frédéric Chatillon, après la sortie du livre, une référence systématique à ces cétacés qu'il présente comme un témoignage de sa bienveillance, mais interprétée par certains comme un clin d'oeil déguisé à Adolf Hitler, "Tonton Dolfi".
Un troisième homme, Philippe Péninque, conseiller de l'ombre de Marine Le Pen, est décrit dans le livre comme le "parrain de la bande".
Marine Le Pen lors d'un déplacement à Nice le 13 février 2017
AFP/Archives
"Je suis schizo, je marche à côté de moi", ironisait en 2014 cet avocat provocateur, ambivalent, devant l'AFP. Dans le livre, il qualifie de "punks" l'essayiste Alain Soral et le polémiste Dieudonné, plusieurs fois condamnés pour des propos antisémites.
Et il n'y a pas que les "gudards". Autre membre de l'équipe de campagne, l'ex-dirigeant identitaire niçois Philippe Vardon, désormais conseiller régional FN en Paca, a été accusé vendredi par Christian Estrosi, le patron LR de la région, d'être "héritier de Goebbels", le chef de la propagande nazie. M. Vardon a annoncé une plainte.
Marine Le Pen, elle, "ne lâche pas ses amis", comme le résume un historique. Chatillon, c'est un "copain. Ce n'est pas un conseiller politique, c'est un très bon professionnel", assurait-elle en 2014 à l'AFP.
Mais preuve que sa personnalité dérange, la nièce de Marine Le Pen, la députée Marion Maréchal-Le Pen, ou sa soeur, Yann Le Pen, chargée des grandes manifestations au FN, l'évitent au possible.
Quant à Louis Aliot, vice-président du FN et compagnon de la candidate FN à la présidentielle, il s'inquiète parfois de la place des "gudards" ou des Identitaires dans le parti.
Au soir de l’acte IV des lycéens, le ministre Edouard Geffray a annoncé un « plan d’urgence » pour remplacer les enseignants absents en réaffectant 3 000 titulaires « dans les heures ou les jours qui viennent ». Les sénateurs interrogent la faisabilité de cette mesure.
Alors qu’Edouard Philippe met sur la table la création d’une allocation familiale unique de 350 euros, Gabriel Attal se penche sur les familles monoparentales, quand Bruno Retailleau propose un revenu familial de 240 euros par mois dès le premier enfant, et Marine Le Pen la préférence nationale pour les familles françaises candidate à un HLM. L’écologiste Marine Tondelier propose elle un congé d’allaitement choisi et indemnisé. Revue de détails.
Alors que quelque 140 000 électeurs sont invités à exprimer leur préférence pour le premier tour de la primaire organisée à gauche, les opérations de vote sont perturbées depuis l’ouverture du scrutin ce vendredi matin. Les organisateurs font état d’une cyberattaque visant à saturer la plateforme de connexion. Les trois partis à l’origine de cette primaire, dont le Parti socialiste et Place publique, ont saisi la justice.
Dans le contre-budget du RN présenté cette semaine par Marine Le Pen et Jordan Bardella, figure une mesure passée relativement inaperçue. Elle vise à taxer l’embauche d’un étranger extra-communautaire de 1 000 euros par an. La mesure a suscité un fort rejet de la part des syndicats patronaux qui rappellent au RN le principe de réalité du marché du travail.