L’équipe Macron riposte sur les critiques contre son absence de programme
Vivement critiqué par ses rivaux sur son absence supposée de programme, le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron a tenté d'organiser la...

L’équipe Macron riposte sur les critiques contre son absence de programme

Vivement critiqué par ses rivaux sur son absence supposée de programme, le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron a tenté d'organiser la...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Vivement critiqué par ses rivaux sur son absence supposée de programme, le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron a tenté d'organiser la riposte en faisant monter au créneau vendredi son groupe d'experts, dont l'économiste Jean Pisani-Ferry.

Lui-même en campagne en Touraine, l'ancien ministre de l'Economie a argué que, "depuis le 8 décembre", date de son meeting Porte de Versailles à Paris, il "égrène le projet sur le travail, sur l'éducation, sur l'agriculture, sur l'Europe, sur la sécurité, sur l'écologie".

Une façon de répondre à la petite musique, reprise par la droite comme la gauche contre celui qui a le vent en poupe dans les sondages: "Macron n'a pas de programme".

"Pourquoi il ne veut pas dévoiler son programme? Est-ce qu'il y a quelque chose qui n'est pas avouable?" lâchait ainsi mardi Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS. La veille, François Fillon, candidat de la droite, avait mis en garde contre "l'aventure d'une politique sans programme depuis des mois", qualifiant même M. Macron de "gourou".

Jean Pisani-Ferry, le 25 juin 2014 à Paris
Jean Pisani-Ferry, le 25 juin 2014 à Paris
AFP/Archives

Opération déminage et communication donc vendredi au QG de campagne du candidat dans le XVe arrondissement de Paris: le camp Macron a tenté de répondre sur le fond, une douzaine d'experts présents et chargés chacun d'une thématique du programme, coordonné par M. Pisani-Ferry.

Tout en convenant que, saupoudrées d'un déplacement à l'autre, parfois noyées dans des interviews ou discours fleuves, les propositions de leur candidat n'avaient visiblement pas suffisamment imprimé, son équipe a assuré que le candidat ne dévierait pas de sa ligne sur la méthode ou le calendrier.

Le chiffrage du programme sera donc bien dévoilé le 22 février avant la présentation, le 2 mars, de l'ensemble du "plan de transformation", rebaptisé "contrat avec la Nation", selon un conseiller.

- '400 experts' mobilisés -

Points clés du programme d'Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle
Points clés du programme d'Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle
AFP

"L'objectif n'est pas d'accélérer le tempo quant à la livraison" du programme "mais de répondre à un questionnement qui semble émerger de +où est le programme+", a avancé le même conseiller en communication.

L'équipe a donc tenté de remettre en perspective l'ensemble du projet de M. Macron, qui a mobilisé "400 experts, ayant tenu près de 500 réunions thématiques" ces derniers mois.

"Dans chaque mesure, ce qui nous anime est de coupler liberté et protection", a expliqué un conseiller. "Cela induit une modification beaucoup plus profonde que des coupes sombres, des resserrements de vis", a-t-il poursuivi en revendiquant "une démarche un peu plus sophistiquée que chez certains concurrents".

M. Pisani-Ferry, qui a renforcé l'équipe il y a un mois, a insisté sur l'autre "fil rouge du programme, l'investissement", et décrit de nouveau une approche fondée sur un "travail moins cher pour l'entreprise, plus rémunérateur pour le salarié".

Il a également indiqué être "en cours de consultation avec les organisations syndicales et patronales" sur les mesures économiques et sociales dessinées, avec un "vote des lois" espéré au printemps 2018.

Cet exercice n'a pas pour autant permis de dissiper toutes les contradictions d'un candidat qui avait promis, lors de sa sortie du gouvernement fin août 2016, d'enchaîner méthodiquement "temps de la vision", "temps des propositions", puis "temps de l'incarnation", pour finalement inverser deuxième et troisième étapes.

Partager cet article

Dans la même thématique

Lebanon Israel Iran
4min

Politique

Frappes israéliennes à Beyrouth : « Les Libanais ont compris que ce n’était que le début »

L’armée israélienne a annoncé, vendredi matin, qu’elle allait mener de nouvelles frappes contre le Hezbollah sur la banlieue sud de Beyrouth. L’escalade militaire entre Israël et l’Iran s’étend désormais pleinement au Liban. Tatiana Krotoff, journaliste au service international du quotidien francophone libanais, l’Orient du Jour, fait état du choc de la population après l’ordre d’évacuation de la banlieue sud de Beyrouth par l’armée israélienne.

Le

L’équipe Macron riposte sur les critiques contre son absence de programme
3min

Politique

Municipales à Paris : « Ma liste du premier tour sera ma liste du second tour » déclare Emmanuel Grégoire

Invité de la matinale de Public Sénat, le candidat socialiste à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, a réagi aux tensions entre les partis de gauche à l’approche des municipales. Donné en tête des intentions de vote au premier tour par un sondage Ipsos-BVA, il affirme vouloir aborder le scrutin avec une alliance déjà constituée, tout en excluant toute entente avec La France insoumise pour le second tour dans la capitale.

Le

L’équipe Macron riposte sur les critiques contre son absence de programme
5min

Politique

Saint-Etienne : le stade Geoffroy-Guichard et l’AS Saint-Etienne s’invitent dans le débat des municipales

Lors du débat organisé par Public Sénat et TL7, la proposition de vendre le stade Geoffroy Guichard, propriété de la mairie, à l’ASSE a été mise sur la table par le candidat Horizons, Eric Le Jaouen. Les huit candidats sont aussi revenus sur l’affaire Perdriau, qui a vu l’ancien maire condamné à cinq ans de prison dans une affaire de chantage à la sextape.

Le