« L’Europe a le devoir d’accueillir des réfugiés afghans »
Le retour des talibans au pouvoir en Afghanistan fait craindre un exode massif de réfugiés afghans, fuyant un régime totalitaire. L’ONU s’attend à un demi-million de réfugiés afghans supplémentaires en 2021. Pour l’eurodéputé espagnol (les Verts), Ernest Urtasun, il est de la responsabilité de l’Union européenne d’accueillir les afghans.

« L’Europe a le devoir d’accueillir des réfugiés afghans »

Le retour des talibans au pouvoir en Afghanistan fait craindre un exode massif de réfugiés afghans, fuyant un régime totalitaire. L’ONU s’attend à un demi-million de réfugiés afghans supplémentaires en 2021. Pour l’eurodéputé espagnol (les Verts), Ernest Urtasun, il est de la responsabilité de l’Union européenne d’accueillir les afghans.
Marie Bremeau

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Son pays l’Espagne avait organisé en urgence dès le 21 août un camp pour accueillir des réfugiés afghans, sur la base militaire de Torrejon de Ardoz, au nord-est de Madrid. Une initiative applaudie par le député européen espagnol Ernest Urtasun. « On soutient la ligne politique que le gouvernement espagnol est en train de mener, c’est-à-dire d’essayer d’assumer nos responsabilités. Il y aura un exode afghan massif, après 20 ans d’intervention militaire, avec la participation des Européens. Ce serait honteux que l’Europe n’assume pas sa part de responsabilité, qu’elle finance seulement les pays voisins limitrophes pour qu’ils accueillent les afghans et qu’il n’y ait pas une vraie politique d’accueil, que d’une certaine façon nous devons aux afghans et aux Afghanes. »

Une politique migratoire européenne de plus en plus dictée par l’extrême droite

Mais cette position est loin de faire l’unanimité parmi les Etats membres. En dehors des pays de Visegrad (Hongrie, Pologne, Slovaquie, République tchèque), d’autres Etats européens adoptent une ligne dure sur les questions migratoires, y compris sur l’accueil des réfugiés.

On sent partout en Europe, une exaspération face à cette immigration massive, Nicolas Bay Eurodéputé RN.

C’est le cas notamment du Danemark, de la Slovénie ou encore de la Grèce. Un peu partout au sein de l’Union, on assiste à la montée des partis d’extrême droite qui semblent dicter la conduite à tenir sur la politique d’asile. Pour Nicolas Bay, député européen Identité et Démocratie, la donne est en train de changer.  « On sent partout en Europe, une exaspération face à cette immigration massive. Et les pays du groupe de Visegrad montrent la voie sur la nécessité de préserver notre identité c’est-à-dire de ne pas accueillir une immigration massive. »

« Ne pas se rajouter le fardeau afghan »

Et sur la gestion de la crise afghane, pour ce proche de Marine Le Pen, pas question d’ouvrir nos frontières aux réfugiés. « S’il faut organiser des corridors humanitaires pour protéger les réfugiés, il faut le faire dans les pays limitrophes, dans les pays qui partagent le même espace culturel et civilisationnel. Et c’est à eux de prendre leurs responsabilités et c’est à nous de faire pression par exemple sur le Pakistan pour qu’ils accueillent ces réfugiés afghans. Ce n’est certainement pas à nous de les accueillir. On a une immigration massive légale et clandestine en Europe, on n’est pas capable de protéger nos frontières extérieures, il ne faut évidemment pas y ajouter le fardeau afghan. »

Des propos que condamne fermement Ernest Urtasun, qui rappelle que tous les pays de l’UE sont signataires de la Convention de Genève, relative au statut des réfugiés, qui « oblige [les Etats membres] à traiter les dossiers des personnes qui demande l’asile et, si elles sont persécutées, à les accueillir ».

100 millions d’euros d’aide humanitaire supplémentaires

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a également elle-même, plusieurs fois exhorté les pays européens à accueillir une partie des réfugiés afghans, les assurant du soutien financier de l’Europe. Face à l’urgence de la situation en Afghanistan et pour éviter un « désastre humanitaire », Ursula von der Leyen a annoncé lors de son discours de rentrée sur l’état de l’Union 100 millions d’euros d’aide humanitaire supplémentaires.

Revoir l’émission en intégralité

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le