L’ex-directeur de campagne de Juppé raconte sa primaire
L'ancien directeur de campagne d'Alain Juppé, Gilles Boyer, revient sur la campagne de la primaire expliquant avoir "sous-estimé...

L’ex-directeur de campagne de Juppé raconte sa primaire

L'ancien directeur de campagne d'Alain Juppé, Gilles Boyer, revient sur la campagne de la primaire expliquant avoir "sous-estimé...
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L'ancien directeur de campagne d'Alain Juppé, Gilles Boyer, revient sur la campagne de la primaire expliquant avoir "sous-estimé notamment les débats télévisées" ou "la puissance mobilisatrice de l'électorat catholique" dans un ouvrage à paraître la semaine prochaine.

"J'ai sous-estimé le caractère décisif des débats télévisés au cours desquels, précisément du fait de la volatilité (de l’électorat de la primaire, ndlr), beaucoup s'est joué", écrit-il dans "Rase Campagne" (Ed. JC Lattès).

Proche d'Alain Juppé depuis une quinzaine d'années, Gilles Boyer est son conseiller, coutumier de saillies très drôles sur le réseau Twitter. Il cultive l'autodérision, y compris dans son livre: "tout le monde pense avoir du sens politique, même moi c'est pour vous dire".

"J'ai sous-estimé la viralité des rumeurs sur Alain Juppé, et la crédulité de ceux qui les lisaient", écrit-il aussi, en référence aux rumeurs notamment relayées par la "fachosphère" et présentant Juppé comme "un agent dormant de l'islamisme radical".

"J'ai sous-estimé la puissance mobilisatrice de l'électorat catholique, qui s'est forgé une unité à l'occasion du débat sur le mariage pour tous, dont les motivations sont d'autant plus fortes qu'elle sont intimes, et qui avait fait de François Fillon son candidat", a-t-il dit.

A contrario, il a "surestimé Nicolas Sarkozy" et "a accordé trop d'importance aux sondages". Il raconte comment quelqu'un de confiance lui a dit à un moment: "+Gilles, on a un problème. On est trop haut, trop tôt+" dans les sondages. Le maire de Bordeaux a été le favori pendant plus de deux ans et s'est fait doublé les trois dernières semaines.

Il raconte également comment Alain Juppé l'a prévenu après coup par sms de sa candidature à la primaire envoyé sur son blog fin août 2014: "Vous verrez, j'ai fait un petit blog. Je pars au Canada, bonne semaine!".

Actuellement trésorier de la campagne de Fillon, Gilles Boyer envisage désormais de "voler de ses propres ailes", c'est-à-dire en se présentant aux législatives comme il le précise à l'hebdomadaire Le Point.

Dans cet entretien, il revient aussi sur le soutien de Bayrou à Juppé, un "soutien lourd de conséquences" et "subi". "Il aurait pu être très bénéfique dans une présidentielle mais -et on s'en est rendu compte à la fin- les électeurs de droite n'ont pas pardonné le choix de Bayrou en 2012".

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