L’ex-ministre Bruno Le Roux entendu sur les emplois de ses filles
Une semaine après la polémique qui a l'a forcé à démissionner en pleine affaire Fillon, l'ex-ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a été entendu...

L’ex-ministre Bruno Le Roux entendu sur les emplois de ses filles

Une semaine après la polémique qui a l'a forcé à démissionner en pleine affaire Fillon, l'ex-ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a été entendu...
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Par Nathalie ALONSO et Pauline TALAGRAND

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Une semaine après la polémique qui a l'a forcé à démissionner en pleine affaire Fillon, l'ex-ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a été entendu mardi dans l'enquête sur les emplois de ses filles comme collaboratrices parlementaires.

M. Le Roux, qui avait dû quitter le gouvernement moins de 24 heures après ces révélations embarrassantes pour la gauche à moins d'un mois de la présidentielle, a été entendu en audition libre par les enquêteurs de l'Office anticorruption (Oclciff) de la police judiciaire à Nanterre, ont indiqué mercredi des sources proches du dossier.

Son ex-épouse et ses deux filles ont aussi été entendues mardi en audition libre, selon une de ces sources.

La justice enquête sur l'emploi, lorsqu'il était député de Seine-Saint-Denis, de ses deux filles comme collaboratrices parlementaires entre 2009 et 2016.

Bruno Le Roux à l'Assemblée nationale le 7 février 2017 à Paris
Bruno Le Roux à l'Assemblée nationale le 7 février 2017 à Paris
AFP/Archives

Selon l'émission "Quotidien" sur TMC, qui a révélé l'affaire le 20 mars, ses deux filles ont cumulé respectivement 14 et 10 CDD pendant cette période où elles étaient lycéennes puis étudiantes, pour un montant total de 55.000 euros.

Certains de ces contrats ont pu avoir lieu en même temps que des stages en entreprise ou sur le temps universitaire, à l'été 2013 pour l'une des filles, 20 jours en mai 2015 pour l'autre, selon l'émission de Yann Barthès.

Dans la foulée de l'émission, le Parquet national financier(PNF) avait ouvert une enquête préliminaire.

Affirmant son "honnêteté" en annonçant sa démission le 21 mars, Bruno Le Roux avait déclaré que ces contrats "ponctuels et officiels (...) correspondaient tous bien sûr à des travaux effectivement réalisés".

- En même temps que Penelope -

Vieux routier du PS, M. Le Roux, 51 ans, ne sera resté que 106 jours à l'Intérieur, un ministère sensible en première ligne face à la menace jihadiste, et qui a la main sur l'organisation de la présidentielle.

Auparavant, il avait dû gérer les divisions socialistes, comme président du groupe PS à l'Assemblée nationale.

Penelope Fillon à son retour à son domicile à l'issue de son audition au pôle financier le 28 mars 2017 à Paris
Penelope Fillon à son retour à son domicile à l'issue de son audition au pôle financier le 28 mars 2017 à Paris
AFP

L'audition de M. Le Roux a été menée à l'abri des regards au moment où Penelope Fillon, l'épouse du candidat de la droite à la présidentielle François Fillon, était entendue par les juges d'instruction dans l'enquête sur ses emplois comme collaboratrice parlementaire de son mari et de l'ex-suppléant de ce dernier Marc Joulaud, qui ont déjà été mis en examen.

Interrogée plusieurs heures dans le bureau des juges, elle a été à son tour mise en examen mardi soir pour "complicité et recel de détournement de fonds publics", "complicité et recel d'abus de biens sociaux" et "recel d'escroquerie aggravée".

Avec l'affaire Le Roux, la "République exemplaire" vantée par François Hollande a subi un nouvel accroc, avec un cinquième ministre pris dans le tourbillon des affaires après Jérôme Cahuzac, Yamina Benguigui, Thomas Thévenoud et Kader Arif.

Le camp Fillon, confronté à l'enquête sur son champion, s'est bien gardé d'accabler l'ex-ministre de l'Intérieur. Bruno Retailleau, coordinateur de la campagne de François Fillon, avait parlé d'une pratique "très répandue" au sujet de l'emploi de ses filles.

Cette campagne est plus que jamais minée par les affaires judiciaires.

La candidate du Front national Marine Le Pen est elle aussi visée par des enquêtes également pour des soupçons d'emplois fictifs - mais au Parlement européen - et d'éventuelles fraudes sur le financement de campagnes électorales de son parti.

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