L’hôpital psy de Rouen: Hamon dénonce « l’incompétence » de l’État
Le fondateur du mouvement Générations, Benoît Hamon, a accusé mardi le gouvernement de "mépriser les gens qui veulent faire leur boulot...

L’hôpital psy de Rouen: Hamon dénonce « l’incompétence » de l’État

Le fondateur du mouvement Générations, Benoît Hamon, a accusé mardi le gouvernement de "mépriser les gens qui veulent faire leur boulot...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le fondateur du mouvement Générations, Benoît Hamon, a accusé mardi le gouvernement de "mépriser les gens qui veulent faire leur boulot correctement", après avoir rencontré des personnels soignants en grève de la faim pour des postes supplémentaires à l'hôpital psychiatrique de l'agglomération de Rouen.

"Je le dis très solennellement à Agnès Buzyn: si elle continue cette politique qui consiste à laisser des hommes et des femmes se faire violence contre leur propre corps, elle prendra, comme ministre de la Santé, une responsabilité historique extrêmement grave et ça ne pourra pas rester sans conséquence", a estimé Benoît Hamon.

Selon la CFDT, 350 personnes ont manifesté devant l'hôpital où une banderole géante avec le dessin d'un doigt d'honneur et la mention "Ici on crève. Leur réponse" a été déployée.

"C'est très violent ce qui se passe ici", a ajouté M. Hamon.

Selon la CFDT, sept salariés de l'hôpital du Rouvray à Sotteville-lès-Rouen sont en grève de la faim dont quatre depuis le 21 mai. Le mouvement social avait débuté le 22 mars.

"On a un président de la République qui va faire, pardon de le dire, le kéké en faisant de la com dans tous les sens. Et ici dans un hôpital psy, on n'est même pas capable d'engager un dialogue sur une demande de 52 postes quand des salariés font une grève de la faim", a poursuivi Benoît Hamon, évoquant une "incompétence absolue des services de l'Etat couverts par la ministre".

L'ancien ministre a reconnu qu'il "y a une crise de la psychiatrie depuis longtemps" en France. Mais il a néanmoins estimé qu'il y avait une "responsabilité de la ministre dans la dégradation des conditions de travail et de soins" dans cet hôpital.

Benoit Hamon au centre hospitalier du Rouvray à Sotteville-les-Rouen, le 29 mai 2018
Benoit Hamon au centre hospitalier du Rouvray à Sotteville-les-Rouen, le 29 mai 2018
AFP

"On a des hommes et des femmes qui, face à cette violence symbolique qui est celle de ne pas donner les moyens d'assurer une prise en charge correcte des patients, se font violence à eux même. C'est insupportable et indigne", a-t-il aussi dit.

Interrogée dans la soirée sur Cnews, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a assuré que l'Agence régionale de santé "travaille" au recrutement de professionnels dans l'établissement, "puisqu'elle a missionné une mission d'audit pour évaluer les besoins".

L'ARS "s'est engagée notamment à créer une unité spécialisée, en avance de phase par rapport à ce qui était prévu", a-t-elle ajouté.

"Le dialogue n'est pas rompu avec ces professionnels (...) Ce qui compte c'est qu'on leur donne un message d'espoir sur le fait que nous allons augmenter, évidemment, les ressources humaines", a poursuivi Mme Buzyn.

Mais "la difficulté, dans cet établissement, c'est le recrutement des psychiatres, nous n'en avons pas suffisamment", a-t-elle dit.

Le 24 mai la direction de l'hôpital avait estimé qu'il n'y avait "plus de suroccupation dans l'établissement à la suite d'un ensemble d'actions mises en place le 15 avril".

En 2016 l'effectif équivalent temps plein de l'hôpital se montait à 1.951 personnes.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Seance questions au gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Travail le 1er mai : une réforme quasi enterrée, que ses défenseurs cherchent à réanimer

Face au risque de censure et sous la pression des syndicats, le gouvernement a repoussé sine die la proposition de loi sénatoriale sur le travail le 1er mai, tout en ouvrant des discussions. Une décision dénoncée par Gabriel Attal chez Renaissance. Côté LR, Bruno Retailleau propose aux présidents de l’Assemblée et du Sénat de convoquer eux-mêmes la commission mixte paritaire, pour relancer le processus parlementaire. Si Gérard Larcher « était prêt à étudier » la question, l’idée serait en « stand by » face aux hésitations de Yaël Braun-Pivet.

Le

L’hôpital psy de Rouen: Hamon dénonce « l’incompétence » de l’État
3min

Politique

Au nom du « soutien au peuple Vénézuélien », Gérard Larcher reçoit au Sénat la Prix Nobel de la paix et opposante María Corina Machado

Au lendemain de sa rencontre avec Emmanuel Macron, la lauréate du Prix Nobel de la paix María Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne, est reçue mardi 14 avril par le président du Sénat Gérard Larcher. L’occasion d’échanger sur « les perspectives d’une transition pacifique et démocratique » au Venezuela plus de trois mois après la capture du président Maduro par les États-Unis.

Le

L’hôpital psy de Rouen: Hamon dénonce « l’incompétence » de l’État
3min

Politique

Après son arrivée chez Grasset, relié à Vincent Bolloré, Boualem Sansal assure ne « pas du tout » se rapprocher de l’extrême-droite 

Invité de la matinale de Public Sénat ce mardi 14 avril, Boualem Sansal est revenu sur son récent départ de Gallimard, son éditeur historique, vers Grasset, relié au milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Interrogé sur ce choix et sur d’hypothétiques liens avec l’extrême-droite, l’écrivain franco-algérien assure ne « pas du tout » se rapprocher de ce camp politique et dit « picorer » ses idées « à droite » et « à gauche ».

Le

36071660134
5min

Politique

« La République a besoin de votre voix » : au Sénat, collégiens et lycéens dissertent sur la liberté d’expression lors d’un concours d’éloquence

Plusieurs dizaines de collégiens et lycéens, principalement originaires de Seine-Saint-Denis, se sont affrontés lors de la 8ème édition du Concours d'éloquence de la jeunesse, lundi 13 avril, au Sénat. L’occasion de philosopher sur les limites de la liberté d’expression et d’ « affirmer sa place dans la société », comme les y a invités le sénateur Ahmed Laouedj.

Le