L’investiture du président de la République française : comment ça marche ?
Ce dimanche, Emmanuel Macron sera investi le huitième président de la République française, succédant à François Hollande au palais de l’Elysée. Voici le mode d’emploi d’une cérémonie très codifiée.

L’investiture du président de la République française : comment ça marche ?

Ce dimanche, Emmanuel Macron sera investi le huitième président de la République française, succédant à François Hollande au palais de l’Elysée. Voici le mode d’emploi d’une cérémonie très codifiée.
Public Sénat

Par Pierre de Boissieu

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le terme d'« investiture » désigne non seulement la passation des pouvoirs entre le président sortant et le président élu, mais aussi les honneurs militaires. Cette cérémonie doit se tenir au plus tard le jour de l'expiration officielle du mandat du président sortant ou, s'il y a une vacance à la suite d'une démission ou d'un décès, quelques jours après que les résultats de l'élection présidentielle ont été rendus officiels par le Conseil constitutionnel.

Si la constitution de la Ve République ne mentionne aucune règle particulière pour cette journée, elle un déroulé immuable.

La passation des pouvoirs

Le président de la République élu se rend au palais de l'Elysée, généralement en voiture et entre par le porche dans la Cour d'honneur où est déployé un tapis rouge de soixante mètres de long. En 1974, Valéry Giscard d’Estaing a cependant fait exception à la règle en arrivant à pied.

Ensuite, le nouveau président passe en revue un détachement de la Garde républicaine, avant d'être accueilli sur le perron par son prédécesseur. Les deux hommes ont un entretien dans l'un des salons de l'Elysée, entre autre la communication des codes d'accès de la frappe nucléaire, prérogative exclusive du président de la République. Le nouveau chef de l'État raccompagne ensuite le président sortant jusqu'à la Cour d'honneur où il quitte définitivement l'Élysée, avec les honneurs de la Garde républicaine.

L’investiture elle-même

Le Président élu revient ensuite dans le salon qui va accueillir la cérémonie d'investiture à proprement parler, qui, sous la Cinquième République, se tient dans la salle des fêtes du palais de l'Élysée. Il est accompagné par le Premier ministre et les présidents en exercice des du Sénat et de l’Assemblée nationale, tandis que l'orchestre de chambre de la Garde républicaine joue une marche solennelle choisie par le nouvel élu.

L'investiture officielle n'a lieu que lorsque le président du Conseil constitutionnel proclame les résultats officiels de l'élection présidentielle. C'est cette intervention qui opère le transfert de pouvoirs et marque l'heure précise du début du nouveau mandat. Le nouveau chef de l'Etat signe ensuite le procès-verbal d'investiture et le grand chancelier de la Légion d'honneur effectue la remise des insignes, épinglant à la boutonnière du Président la rosette de la grand'croix et lui présente le grand collier de Grand maître de l'ordre de la Légion d'honneur et prononçant la formule rituelle : « Monsieur le président de la République, nous vous reconnaissons comme grand maître de l'ordre national de la Légion d'honneur ».

« Le président de la République est en effet reconnu comme grand maître de l'Ordre lors de la cérémonie de son investiture après que, le cas échéant, les insignes de grand'croix lui ont été remis par le grand chancelier nommé par décret présidentiel (...) pour une période de six ans renouvelable » peut-on en effet lire sur le site de l’Elysée.

Le président de la République prononce ensuite son allocution d'investiture, avant d’être présenté, par le chef du protocole, aux représentants des corps constitués, au doyen du corps diplomatique et aux invités personnels.

Les honneurs militaires

Une fois la cérémonie terminée, le Président se rend sur la terrasse du parc de l'Élysée, en compagnie du Premier ministre et des présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, pour recevoir les honneurs militaires rendus par la Garde républicaine et rendre lui-même hommage au drapeau français pendant que La Marseillaise est jouée. Le nouveau président passe ensuite en revue les troupes stationnées au palais.

Simultanément, vingt-et-un coups de canon sont tirés sur la place des Invalides par la batterie d'honneur de l'artillerie pour saluer l'investiture du nouveau président. Cette tradition remonte aux cent un coups qui étaient tirés sous l'Ancien Régime lors de l'inhumation du roi défunt et l'avènement de son successeur.

Partager cet article

Dans la même thématique

L’investiture du président de la République française : comment ça marche ?
4min

Politique

Nouvelle-Calédonie : devant le Sénat, la ministre des Outre-mer détaille les avancées de l’accord Élysée-Oudinot 

Cet accord, soutenu par les principales formations politiques néo-calédoniennes, à l’exception du FLNKS, prévoit l'adoption d'un projet de loi constitutionnelle au printemps et le déploiement d’un plan de relance de 2,2 milliards d’euros sur quatre ans. Naïma Moutchou, la ministre des Outre-mer, était auditionnée au Sénat ce 22 janvier.

Le

L’investiture du président de la République française : comment ça marche ?
4min

Politique

Fin de vie : le Sénat vote un texte vidé de sa substance, la gauche dénonce un « sabotage » de la droite

Dans la nuit, le Sénat a adopté la proposition de loi relative à l’aide à mourir mais en supprimant les deux articles phares, le principe de l’assistance à mourir et ses modalités, rendant le texte inopérant. La majorité sénatoriale s’est divisée sur la version rédigée par la commission des affaires sociales qui préconisait une version de compromis. Le patron de LR, Bruno Retailleau avait indiqué qu’il rejetterait le texte quelle que soit sa rédaction.

Le

L’investiture du président de la République française : comment ça marche ?
3min

Politique

Fin de vie : le Sénat vote le principe « du droit opposable au soulagement » 

Le Sénat a voté en faveur « d’un droit opposable au soulagement » lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Après avoir rejeté l’article qui fixait les conditions, le Sénat est donc également revenu sur le principe de « l’assistance médicale à mourir », défendue par la commission des affaires sociales ». 

Le