L’Italie dans le sillon de l’Europe en marche.
À la suite du sommet de l’OTAN à Bruxelles, du G7 en Sicile et de sa rencontre avec Vladimir Poutine à Versailles, Emmanuel Macron a affirmé ses attentes quant au projet européen sans rien céder sur le fond à ses homologues étrangers. Si le président français reste optimiste au sujet de l’Union, certaines discordes demeurent et les enjeux restent considérables. Accord de Paris, Brexit, lutte contre le terrorisme, zone euro et intensification des relations internationales sont autant de débats qui ont rythmé cette première semaine diplomatique chargée. Alors, Emmanuel Macron aura-t-il su remettre l’Europe en marche ? Sandro Gozi, secrétaire d’État italien chargé des Affaires européennes, revient sur les moments phares de cette dernière semaine sur le plateau d’Europe Hebdo.

L’Italie dans le sillon de l’Europe en marche.

À la suite du sommet de l’OTAN à Bruxelles, du G7 en Sicile et de sa rencontre avec Vladimir Poutine à Versailles, Emmanuel Macron a affirmé ses attentes quant au projet européen sans rien céder sur le fond à ses homologues étrangers. Si le président français reste optimiste au sujet de l’Union, certaines discordes demeurent et les enjeux restent considérables. Accord de Paris, Brexit, lutte contre le terrorisme, zone euro et intensification des relations internationales sont autant de débats qui ont rythmé cette première semaine diplomatique chargée. Alors, Emmanuel Macron aura-t-il su remettre l’Europe en marche ? Sandro Gozi, secrétaire d’État italien chargé des Affaires européennes, revient sur les moments phares de cette dernière semaine sur le plateau d’Europe Hebdo.
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La semaine dernière, Emmanuel Macron recevait Vladimir Poutine au Grand Trianon de Versailles pour sa première visite dans l’hexagone depuis l’élection du nouveau président français. L’occasion de renouer le dialogue entre la Russie et l’Union européenne par des mises à l’épreuve et des crises majeures : guerre en Syrie, probable sortie britannique de l’Union, immigration ou encore crises économiques. Mais si l’Europe ne pouvait faire l’économie d’un dialogue avec Moscou, cette rencontre témoigne-t-elle pour autant d’un nouveau partenariat ? Pour Sandro Gozi, l’entente et l’intransigeance ne sont pas incompatibles :

« Il est nécessaire d’[allier] une forme de fermeté envers la Russie sur le traité de Minsk avec un véritable dialogue actif. Comme l’a dit le président Emmanuel Macron, il faut « un dialogue exigeant ». Cela est fondamental car la Russie est un acteur incontournable sur la scène internationale, notamment en Syrie, au Moyen-Orient, en Libye et en Méditerranée […] Nous avons beaucoup apprécié qu’Emmanuel Macron ait discuté avec Vladimir Poutine des droits fondamentaux, des droits de la communauté LGBT par exemple. C’est la bonne façon d’avoir une diplomatie cohérente et réaliste avec un interlocuteur comme Moscou ».

Emmanuel Macron aura donc réussi, semble-t-il, à réaffirmer ses ambitions pour l’Europe et à dépasser la méfiance mutuelle dans un nouveau rapport de force avec le chef du kremlin.

Mais si cette première visite est « réussie », comme le soutient Sandro Gozi, la question des sanctions contre la Russie, invoquées après l’annexion de la Crimée, les conflits en Ukraine et la destruction du vol MH 17 de Malaysian airlines par un missile russe, reste entière. Alors, faut-il resserrer les liens avec  Moscou ou sévir pour réaffirmer les valeurs européennes ? C’est l’éternel dilemme que rencontrent les pays de l’Union qui peinent à se mettre d’accord. Pourtant, le 23 juin prochain, les chefs d’États européens devront convenir de la reconduite ou de l’abandon des mesures économiques restrictives à l’égard de la Russie. Quoi qu’il en soit, pour Sandro Gozi, les sanctions éventuelles envers la Russie ne doivent en aucun cas entacher les relations internationales.

Malgré l’optimisme affiché du secrétaire d’État italien quant à l’avenir de l’Europe, les défis à entreprendre ne manquent pas. En plus des coups conjugués de Poutine et de Washington, l’Europe doit s’attendre à une éventuelle sortie de la Grande-Bretagne. À l’heure où la chancelière allemande appelle les Européens « à prendre leur destin en main», doit-on appréhender un délitement de l’Union européenne ? Sandro Gozi préfère plaider en faveur d’une refondation pour sauver l’Europe. De ce point de vue là, soutient-il, « la chancelière a arrêté de reporter les véritables questions politiques […]. L’Allemagne commence à prendre conscience que l’on ne peut plus reporter les décisions fondamentales ». C’est dans cette perspective que Sandro Gozi s’inscrit dans le projet d’Emmanuel Macron de réformer la zone euro en améliorant notamment ses compétences budgétaires. Bien qu’il soit favorable à une révision des traités, cette dernière prend du temps et « Il y a des choses que nous pouvons faire tout de suite ». Sandro Gozi prévoit d’ailleurs qu’une fois passées les élections allemandes le 24 septembre prochain, une fenêtre d’opportunités s’ouvre. Ses espoirs pour l’avenir de l’Europe portent principalement sur une « Europe de la défense, une Europe sociale, une Europe qui lutte contre le terrorisme et une Europe qui multiplie les opportunités pour la jeunesse ».

Néanmoins, Sandro Gozi salue le brio avec lequel Emmanuel Macron a relevé ce marathon diplomatique. Pour lui, c’est « un excellent début ».

« Emmanuel Macron a joué un rôle très constructif notamment vis-à-vis de Donald Trump, au sujet du changement climatique mais aussi sur les questions migratoires. Je crois aussi que la façon avec laquelle il a mené ces dialogues exigeants avec Poutine  va tout à fait dans la bonne direction. Vu de Rome, nous sommes tout à fait satisfaits des débuts d’Emmanuel », se confie-t-il.

 

Retrouvez l'interview de Sandro Gozi en intégralité dans l'émission Europe Hebdo sur Public Sénat le vendredi 2 juin à 11h30 et le lundi 5 juin à 12h30.

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