La baisse des aides au logement divise la classe politique
La baisse des aides au logement annoncée par le gouvernement a continué lundi à susciter de vives réactions, ses opposants ...

La baisse des aides au logement divise la classe politique

La baisse des aides au logement annoncée par le gouvernement a continué lundi à susciter de vives réactions, ses opposants ...
Public Sénat

Par Sami ACEF

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La baisse des aides au logement annoncée par le gouvernement a continué lundi à susciter de vives réactions, ses opposants fustigeant une mesure "inique" contre les plus pauvres, d'autres défendant une décision d'"urgence" face aux difficultés budgétaires.

"Cinq euros pour des budgets importants, c'est de l'argent de poche, mais pour des publics qui gagnent moins de 1.000 euros par mois (...) ça représente par exemple le pain pendant une semaine", a fustigé sur RTL le patron socialiste du groupe Nouvelle gauche à l'Assemblée, Olivier Faure, dénonçant une mesure "inique" et accusant le gouvernement de faire "les poches de ceux qui ne peuvent pas se défendre".

A partir d'octobre, les aides au logement, dont les APL, seront revues à la baisse de 5 euros par mois et par ménage, ce qui représentera pour l'Etat une économie mensuelle de 97,5 millions sur les trois derniers mois de l'année.

Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a assuré sur RMC qu'il ne voulait pas "minorer" l'effort demandé aux bénéficiaires mais que l'exécutif "répond(ait) à une urgence", invoquant les "150 millions d'euros" manquants pour boucler le budget 2017.

"Ce gouvernement a décidé que, dès 2018, ce sont 2 milliards de moins que paieront les grandes fortunes, puisque désormais elle paieront l'ISF sur les seules fortunes immobilières. Il y a quelque chose de choquant", a dénoncé M. Faure.

- 'Remettre à plat' tout le dispositif -

"Cette mesure est aussi injuste que dramatique car les 2,8 millions de foyers qui touchent l’APL sont principalement des étudiants et des familles modestes", a déploré de son côté le député PCF du Nord Alain Bruneel.

"Quand vous commencez par faire des économies au coup par coup, vous fâchez tout le monde et après, c'est très compliqué de faire les choses", a fait valoir l'ancien ministre de la Défense Hervé Morin, aujourd'hui président LC (Les centristes, ex-Nouveau centre) de Normandie.

"Quand vous avez pendant des mois expliqué aux Français que c'était terminé la demi-mesure, le quart de décision, mais qu'au contraire, on allait avoir des politiques de rupture, en réalité, on a le sentiment que la gangue technocratique a déjà repris le dessus", a-t-il développé, déplorant un second coup de "rabot" après les efforts demandés aux armées.

"Les solutions qui sont portées par Emmanuel Macron sont strictement les mêmes que celles qui étaient portées par Monsieur Hollande (...) on respecte les exigences de l'UE en baissant les APL, en baissant l'ISF", a quant à lui critiqué le sénateur-maire FN de Fréjus David Rachline.

Les aides au logement, "c'est trois fois le budget du ministère de la Justice", a au contraire souligné Thierry Solère, député LR "Constructif", plaidant pour des économies nécessaires face aux "2.200 milliards" de dettes et qualifiant les montants alloués (environ 225 euros par foyer) d'"au fond assez faibles individuellement".

Au-delà des baisses en fin d'année, c'est l'organisation de ces allocations qui pourrait être revue. "On veut avant la fin de l'année remettre les choses à plat sur la politique du logement parce qu'elle n'est pas efficace", a annoncé M. Castaner.

"Il faut remettre à plat tout ce dispositif d'aide pour qu'il soit efficace", a-t-il ajouté, assurant que "toutes les études montrent que notre système d'APL et souvent d'aide fiscale au logement font monter le prix des loyers".

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