La baisse du nombre d’élus locaux accueillie avec scepticisme
Le président LR du Sénat Gérard Larcher a qualifié mardi de "surprise du chef" l'annonce par Emmanuel Macron de sa volonté de...

La baisse du nombre d’élus locaux accueillie avec scepticisme

Le président LR du Sénat Gérard Larcher a qualifié mardi de "surprise du chef" l'annonce par Emmanuel Macron de sa volonté de...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le président LR du Sénat Gérard Larcher a qualifié mardi de "surprise du chef" l'annonce par Emmanuel Macron de sa volonté de réduire le nombre d'élus locaux, qui provoque également le scepticisme dans les rangs du PS et du PCF.

"Ca, c'était plutôt la surprise du chef, si je peux me permettre", a commenté Gérard Larcher sur BFMTV et RMC. Le chef de l'Etat a affirmé lundi, devant la Conférence nationale des territoires réunie au Sénat, qu'il fallait "engager une réduction du nombre des élus locaux", après avoir annoncé la réduction du nombre de parlementaires.

"Dans une commune de 150 ou 200 habitants, avoir 11 conseillers municipaux, qui mettent la main au quotidien de la commune, (...) est-ce que vous ne pensez pas que c'est plutôt une espèce de filet qui tient la République ?", a interrogé M. Larcher.

"Alors je pense que le président de la République réfléchissait aux conseillers départementaux, aux conseillers régionaux, à l'importance de certains collèges d'élus dans les métropoles... Mais comment fait-on le lien entre commune et métropole ?", a-t-il poursuivi.

Mardi matin, le ministre de la Cohésion des Territoires Jacques Mézard a estimé que la réduction du nombre d'élus devrait "dans un premier temps" viser les conseils municipaux.

"Tous ces sujets ne sont pas des sujets médiocres, ils méritent d'être analysés, mais ça ne peut pas se faire uniquement sur un coup de menton ou sur un discours à l'occasion d'une conférence", a affirmé M. Larcher.

"C'est une grave erreur d'analyse", a dénoncé de son côté le numéro deux de l'Association des Maires de France (AMF), André Laignel. "Je rappelle que 90% d'entre eux n'ont aucune indemnité", a dénoncé le maire d’Issoudun.

"On se trompe complètement de cible, ça ne fera bien entendu aucune économie, c'est purement démagogique", a-t-il poursuivi.

Le député PS Luc Carvounas a de son côté reproché à M. Macron de "faire du bashing sur les élus de la République". "Nous sommes à peu près 500.000 élus locaux, au moins la moitié n'ont aucune indemnité. Parce que ça fait bien, parce qu'on est dans une période de telle défiance, qu'un président de la République vienne à dire moins de parlementaires, moins d'élus locaux, est-ce la réponse qu'on attend ?"

"Les élus locaux qui dans leur immense majorité sont des élus bénévoles (...) qui consacrent du temps à l'action publique et à l'intérêt général sont, je crois, un maillage démocratique extrêmement utile au pays", a pour sa part jugé le secrétaire national du PCF Pierre Laurent.

"Je pense dans un premier temps que ça devrait viser les conseils municipaux, parce que changer le nombre des élus départementaux ou régionaux, ça nécessite de rechanger le système, ce qui n'est pas extrêmement facile", a déclaré Jacques Mézard sur LCI.

"Dans un conseil municipal, lorsqu'il y a 35, 39, 43 élus locaux, il est bien évident que l'on peut réduire le nombre, je ne pense pas que ça posera de problèmes considérables", a-t-il ajouté.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris Gabriel Attal Meeting
8min

Politique

« Un an pour convaincre » : pour son premier grand meeting, Gabriel Attal mise sur « l’espoir » et joue sa différence avec Edouard Philippe

Devant 5.000 personnes réunies à Paris, Gabriel Attal a réussi sa première grande démonstration de force. Le candidat à la présidentielle entend dessiner un projet loin du « pessimisme » ambiant avec « quatre chantiers capitaux » : l’école, avec « moins de 20 élèves par classe » en primaire, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle, et « deux dettes à résorber », celle des finances publiques et du réchauffement climatique. Mais il n’oublie pas de se démarquer de son principal concurrent, un certain Edouard Philippe…

Le

France Vivendi Bollore
5min

Politique

Tribune anti-Bolloré :  Maxime Saada, patron de Canal + nie toute « liste noire »

Même si le président du directoire de Canal+ réfute toute « liste noir », il affirme que le groupe tiendra désormais compte de « la considération portée à Canal+ » dans ses choix de financement. Des propos qui ravivent les tensions avec une partie du monde du cinéma, mobilisée contre l’influence de Vincent Bolloré.

Le

Cour d appel et d ‘assises de Lyon
6min

Politique

Le procès « French Bukkake » aux assises : « Le but est de reconnaître toute la dimension criminelle de l’industrie pornographique », se félicite Laurence Rossignol

Le premier grand procès de l’industrie pornographique se tiendra finalement devant les assises et non devant une cour criminelle départementale. Une victoire pour la cinquantaine de victimes de la plateforme French Bukkake. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a retenu le caractère sexiste et raciste des viols, tout comme l’avait relevé le rapport de la mission d’information du Sénat sur les dérives de l’industrie pornographique remis en 2022.

Le