Un candidat "bunkérisé", conseillé par une communicante "dépassée". La communication de François Fillon, conduite par Anne Méaux, est très...
La com’ de Fillon et Anne Méaux dans le viseur de la droite
Un candidat "bunkérisé", conseillé par une communicante "dépassée". La communication de François Fillon, conduite par Anne Méaux, est très...
Par Déborah CLAUDE
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Un candidat "bunkérisé", conseillé par une communicante "dépassée". La communication de François Fillon, conduite par Anne Méaux, est très critiquée dans les rangs de la droite, même si des professionnels de la com' nuancent ce tableau.
Mme Méaux, "femme d'affaires française", comme dit sa notice Wikipédia, à la tête d'Image 7, société de communication créée à la fin des années 80, fait partie des communicants incontournables sur la place de Paris, à l'instar de Stéphane Fouks ou Anne Hommel.
Dans la journée de mercredi, un conseiller se lamentait -"encore une connerie d'Anne Méaux, ils ont relancé le plan B !"- après la "séquence" annulation de dernière minute de la visite au Salon de l'Agriculture et dramatisation de la déclaration à la presse du candidat.
Une déclaration où François Fillon dévoile lui-même qu'il est convoqué chez les juges en vue d'une mise en examen le 15 mars et qu'il sera candidat "jusqu'au bout".
"Il a fait monter la sauce et a remis l'affaire dans le débat public", déplore un député LR, qui refuse néanmoins de "taper sur le conseiller com' car c'est trop facile". Un autre voit lui aussi une "dramatisation excessive".
Alors dans les rangs de LR, les conseillers déconfits s'en prennent à Anne Méaux, accusée d'être "dépassée" et de faire une com' "old school". "A part un passage chez Madelin, ça fait trente ans qu'elle n'a pas touché à la politique", grince l'un. Plus récemment, elle a conseillé Eric Woerth dans l'affaire Bettencourt.
"Elle est dans la com' du rapport de force tout le temps", critique un autre conseiller expérimenté, et qui plus est, elle "fonctionne en circuit clos". "Elle est sur-estimée", assène un ancien ministre de Jacques Chirac.
Anne Méaux, qui a également piloté l'interview de Penelope dans le JDD dimanche, "est courageuse et ne gagne pas un rond dans cette histoire", nuance un proche, pour qui "c'est dans son tempérament d'aller jusqu'au bout".
- Animal politique au tempérament bagarreur -
De fait, celle qui est surnommée "la papesse de la com'" n'est pas une novice. Elle a fait ses armes notamment comme conseillère chez Giscard puis à l'UDF et connaît parfaitement le milieu politique.
Cette femme blonde de 62 ans, énergique, directe, parfois brutale, au tempérament bagarreur, a conseillé le PDG de la Société Générale Daniel Bouton en pleine affaire Kerviel ou encore le patron du géant indien de l'acier, Lakshmi Mittal. Sa société compte de nombreux clients du CAC 40 comme Sanofi.
Réunion publique de François Fillon à Aubervilliers, le 4 mars 2017
AFP/Archives
Pour le communicant Christophe Reille -habitué des affaires judiciaires- la communication "amplifiée" de cette semaine signifie que son équipe, et notamment ses avocats, mise sur le fait que François Fillon soit non pas mis en examen mais mis sous le simple statut de "témoin assisté" le 15 mars.
"Sans déclaration de sa part, l'info de la mise en examen aurait fuité et aurait pris de l'ampleur", explique-t-il. "S'il n'est que témoin assisté, ce sera +royal au bar+" et il pourra retourner la situation à son avantage, explique-t-il. Et si, à l'inverse, il est bel et bien mis en examen, "ce ne sera pas spectaculaire car l'information aura déjà été digérée depuis 15 jours...".
Un autre communicant influent, qui "connaît Anne depuis longtemps" et la qualifie d'"animal politique", juge lui que "le souci, ce n'est pas la communication" mais les "problèmes structurels" avec un candidat "pas soutenu par un rassemblement homogène". "La com est le reflet de ces problèmes structurels", explique-t-il.
"Peut-être que l'imprudence d'Anne Méaux a été de s'afficher avec le candidat lors de la victoire de la primaire et aujourd'hui on lui fait payer le prix de l'échec de Fillon", ajoute-t-il.
S'est-elle brûlé les ailes ? "En tout cas, elle a pris de gros risques et pourrait, oui, y laisser des plumes", concède un proche.
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