La commission de la culture du Sénat critique le budget de la jeunesse et de la vie associative
« La jeunesse et la vie associative doivent redevenir une priorité du gouvernement ! » C’est en ces termes que la commission de la culture, de l’éducation et de la communication a émis un avis défavorable à l’adoption du budget pour la jeunesse et la vie associative. Le projet de loi finance doit être examiné cet après-midi au Sénat.

La commission de la culture du Sénat critique le budget de la jeunesse et de la vie associative

« La jeunesse et la vie associative doivent redevenir une priorité du gouvernement ! » C’est en ces termes que la commission de la culture, de l’éducation et de la communication a émis un avis défavorable à l’adoption du budget pour la jeunesse et la vie associative. Le projet de loi finance doit être examiné cet après-midi au Sénat.
Public Sénat

Par Rafael Benabdelmoumene

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Malgré une augmentation de près de 40 millions d’euros du budget cette année, la commission rend un avis sévère sur la répartition des moyens alloués à la jeunesse et à la vie associative. Au cœur des critiques, une augmentation des budgets en trompe-l’œil, gonflée par le doublement des moyens alloués au Service National Universel (SNU) et par des mesures ponctuelles liées au plan de relance.

 

Un SNU qui interroge

Le Service National Universel cher à Emmanuel Macron ne représente pas moins de 10 % du budget du programme 163 « jeunesse et vie associative ». A lui seuil, le SNU concentre ainsi 82 % des sommes supplémentaires affectées au budget de cette année. Une somme inappropriée compte tenu des incertitudes d’un « dispositif expérimental susceptible de ne pas pouvoir être déployé en 2021 », pointe du doigt Jacques-Bernard Magner, rapporteur de cet avis.

Mais la commission n’est pas la seule à voir d’un mauvais œil le doublement des crédits alloués au SNU. De nombreux groupes d’opposition mettent au vote des amendements visant à ponctionner des crédits du SNU pour les redistribuer vers des secteurs clés de la jeunesse, des sports et de la vie associative. C’est le cas des sénateurs du groupe écologiste – solidarité et territoire qui proposent carrément de retirer l’ensemble des crédits alloués au Service National Universel pour les rediriger… vers l’apprentissage de la mobilité à vélo.

 

Des moyens insuffisants

 

Deuxième critique, l’insuffisance des moyens alloués aux associations. Dans un secteur durement frappé par la crise, elles ne demeurent pas moins des « acteurs essentiels de la solidarité et du vivre-ensemble et contribuent fortement à la résilience des territoires » pour Laurent Lafon, président de la commission. Les sénateurs de la commission et l’opposition critiquent donc la faiblesse des moyens alloués et leur caractère d’exception. En effet, l’augmentation des crédits est prévue au titre du plan de relance, or la commission rappelle dans son communiqué que la vie associative « nécessite non pas des mesures conjoncturelles mais bien un investissement continu ».

Une critique relevée par beaucoup d’amendements qui sont discutés cet après-midi en séance. Les sénateurs communistes et socialistes comptent notamment renforcer le FDVA, le fonds pour le développement de la vie associative, en augmentant les crédits à hauteur de plusieurs dizaines de millions d’euros. Des amendements qui ont tous reçu un avis défavorable du gouvernement.

Partager cet article

Dans la même thématique

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : suivez le premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : une multitude de candidats mais combien seront-ils réellement sur la ligne de départ ?

À huit mois de l’élection présidentielle, la course à l’Élysée donne l’impression d’une compétition sans limite. Une trentaine de personnalités, déclarées, pressenties ou envisagées, ambitionnent déjà de se présenter. Mais entre les primaires, le financement des campagnes et surtout les 500 parrainages d’élus nécessaires, la liste devrait rapidement se réduire.

Le

Photo illustration collage affiches election presidentielle de 2027
5min

Politique

Présidentielle : et si les électeurs français étaient moins indécis qu’on ne le pense ?

Une étude de Terra Nova en partenariat avec Cluster 17 sortie ce mercredi étudie la structure de l’électorat français à quelques mois de la présidentielle. Elle décrit des électeurs répartis en cinq blocs politiques. Si la porosité entre eux est possible, elle est plus probable entre blocs voisins. Si aucune majorité ne se dégage des estimations du premier tour, au second, le modèle prédit une victoire de Marine Le Pen dans tous les cas.

Le

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
11min

Politique

« La disparition de François Patriat nous ressoude encore plus » : confiant sur son maintien lors des sénatoriales, le groupe RDPI face à l’après Macron

Avec le décès de François Patriat, qui dirigeait le groupe macroniste depuis sa création en 2017, le RDPI, dont plus de la moitié des membres est renouvelable, aborde les sénatoriales dans des conditions très spéciales. Mais la disparition du fidèle d’Emmanuel Macron vient aujourd’hui resserrer les liens. Des questions se poseront plutôt après la présidentielle, où la « recomposition au centre » pourrait concerner le groupe, qui va avant se trouver un nouveau président. Plusieurs noms circulent.

Le