En prenant la parole ce dimanche soir, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, peut afficher une certaine satisfaction. Il a salué les « conquêtes » de la gauche, « à Nîmes, Pau », où l’ex-premier ministre François Bayrou est battu, « Saint-Etienne, Amiens, Agen, Aubervilliers, parmi tant d’autres ». Le PS, avec les Ecologistes, garde ses trois grandes métropoles, « à Paris », où Emmanuel Grégoire écrase Rachida Dati, « Lyon et Marseille ». Les socialistes conservent aussi « Nantes, Montpellier, Lille, Rennes, Rouen, Le Mans, Blois, Quimper, Blois ». « Plus que jamais, les socialistes sont la principale force territoriale de la gauche et dès demain, ils se remettront au travail, au service de leurs concitoyens », se réjouit Olivier Faure.
Mais il n’a pas dit un mot sur ce qui gâche un peu la soirée des socialistes : l’échec de plusieurs listes d’union entre PS et LFI, qui ont marqué l’entre-deux-tours et fait polémique. Car à Limoges et Toulouse, là où le PS s’était rangé derrière les insoumis arrivés en tête, les candidats ont perdu. A Clermont Ferrand, bastion PS depuis l’après-guerre, le maire socialiste, qui avait fait une fusion « technique » avec LFI, perd également.
Olivier Faure veut rassembler « ceux qui ont une claire conscience des enjeux et qui ne se résolvent pas à suivre aveuglément le bruit et la fureur »
Mais Olivier Faure, a sûrement une autre élection en tête, en l’occurrence la présidentielle 2027, préfère parler d’enjeux nationaux. Pointant une « inversion des valeurs », avec notamment le « soutien de l’extrême droite à Paris », il estime que « la droite a perdu sa boussole. Pas nous ». « Face au délitement du clan macroniste, face à la fusion idéologique en cours de la droite et de l’extrême droite, il n’y a que la gauche pour éviter à la France cette régression réactionnaire et ultralibérale », lance Olivier Faure, avant de cette fois parler des insoumis. Mais sans les citer et pour dire tout le mal qu’il pense de leur leader et de sa stratégie.
« Encore faut-il que la gauche puisse se rassembler sur des principes clairs. La provocation outrancière, la conflictualisation à tort et de travers, les dérapages antisémites, sont une voie sans issue », avance le numéro 1 du PS, avant d’ajouter : « Les gauches irréconciliables conduisent de la même façon à une impasse », pointant ici les plus anti-LFI des socialistes, à l’image de François Hollande. « Je crois à la possibilité de se rassembler avec ceux qui ont une claire conscience des enjeux et qui ne se résolvent pas à suivre aveuglément le bruit et la fureur », avance Olivier Faure, qui vise ici directement Jean-Luc Mélenchon, avec qui les tensions sont à leur comble depuis plusieurs semaines. Elles sont parties pour durer.